Mardi, Septembre 26, 2017

« Makala », Grand prix de la semaine de la critique à Cannes (France)

Le Grand Prix de la Semaine de la Critique du Festival de Cannes a été décerné jeudi soir à "Makala" du Français Emmanuel Gras, un documentaire lumineux et pudique qui suit un travailleur congolais parti vendre du charbon en ville.

"Il y a quelque chose de beau dans l'effort", avait affirmé à l'AFP le réalisateur qui filme un Sisyphe africain et met des images sur l'expression "gagner sa vie à la sueur de son front".

"Je voulais montrer un homme en action, pas quelqu'un dans une situation de pauvreté, mais quelqu'un qui vit sa vie", expliquait-il.

Egalement chef opérateur, le jeune réalisateur a découvert la région du Katanga lors d'un tournage et avait gardé en tête les images de gens marchant au bord des routes, souvent chargées.

Son film, le deuxième après "Bovines" en 2011, suit Kabwita, un jeune Congolais qui, pour faire vivre sa famille, vend du charbon ("makala" en swahili). On le voit peiner sous le poids d'une cargaison trop lourde sur un vélo à l'équilibre précaire, arrivant en ville, négociant à bout de fatigue et lors d'une veillée de prières, au milieu de transes et de chants.

D'abord gêné par le fait d'être un occidental filmant un Congolais, le jeune réalisateur s'est mis en retrait et a opté pour un récit sec, sans voix off, ni commentaire.

Il s'est dans le même temps concentré sur les sensations, d'épuisement, de chaleur, de grouillement... qu'il fait passer grâce à une lumière superbe et un travail sur le son.

Présidé par le réalisateur brésilien Kleber Mendonça Filho, le jury a également récompensé le film "Gabriel e a montanha" de Fellipe Gamarano Barbosa.

Le film raconte les derniers jours de Gabriel Buchmann, un étudiant de 28 ans, ami du réalisateur, qui était parti faire le tour du monde mais a disparu juste avant de terminer son périple. Son corps a été retrouvé plus tard au sud du Malawi.

Le prix de la Société des auteurs et compositeurs dramatiques (SACD), a été décerné au film français "Ava" de Léa Mysius, un récit initiatique sur l'adolescence.

Le film raconte comment Ava, 13 ans, apprend qu'elle perd progressivement la vue au cours d'un été. Une révélation qui va modifier son rapport aux autres et à son corps.

La 56e Semaine de la Critique, sélection parallèle du festival de Cannes dénicheuse de talents qui ne retient que des premiers et deuxièmes films, a présenté sept films en compétition et trois autres en séance spéciale, ainsi que dix courts métrages.

Avec AFP

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