Mardi, Septembre 26, 2017

RDC : Casting raté à la tête du CNSA

Le choix de Joseph Olenghankoy pour présider cette structure fait l’unanimité… contre lui.

Le pouvoir congolais pensait pouvoir envoyer un message fort à la communauté internationale en désignant le président du Conseil national de suivi de l’accord (CNSA), poste stratégique pour la mise en œuvre de l’accord de la Saint-Sylvestre et, surtout, une désignation réclamée à cor et à cri par plusieurs instances internationales susceptibles de venir financièrement en aide à un pays au bord de la faillite.

Le week-end dernier, les présidents du Sénat et de la Chambre ont annoncé de concert le nom de l’heureux élu : Joseph Olenghankoy, patron d’une formation politique (Fonus) qui compte un élu et transfuge de l’opposition, au même titre que l’actuel Premier ministre Bruno Tshibala.

 

Dédoublement de partis

Selon le texte de l’accord de la Saint-Sylvestre, conclu sous l’égide des évêques congolais et signé par la majorité (et ses alliés) et le Rassemblement de l’opposition, le poste du président du CNSA doit revenir à ce dernier, une plateforme politique présidée jusqu’au 1er février dernier, date de son décès, par Etienne Tshisekedi et, aujourd’hui, entre les mains de son fils Félix et de Pierre Lumbi, président du G7. Pour faire “passer la pilule”, Olenghankoy se présentait comme le patron de l’authentique Rassemblement de l’opposition… un peu facile !

Pour asseoir cette structure à la tête du CNSA, Kinshasa avait tout prévu, accordant trois postes de vice-présidents qui revenaient à la majorité présidentielle, à l’UNC de Kamerhe et au MLC de Bemba. Mais l’annonce de cette décision était encore dans toutes les oreilles, que Kamerhe annonçait qu’il ne voulait pas de ce poste. Le clergé lui emboîtait le pas ce lundi en critiquant ouvertement ce scénario présidentiel « qui créé plus de frustration encore« , selon l’abbé Nshole, porte-parole des évêques congolais, avant que le Front pour e respect de la Constitution, plateforme constitué autour du MLC, rejette, lui aussi, ce stratagème grossier.

“Personne ne veut d’Olenghankoy, explique un membre de l’opposition. La ficelle est grossière et cela ne peut marcher. Le pouvoir et surtout les présidents des deux assemblées se sont ridiculisés avec ce choix qui démontre une fois de plus la volonté de la majorité présidentielle de s’asseoir sur tous les accords ou de les manipuler à des fins personnelles.

Ce rejet d’Olenghankoy est un coup dur pour Kinshasa qui a besoin de répondre aux préalables posés par les institutions internationales pour obtenir de nouvelles lignes de crédit vitales pour sa survie. Le FMI ou l’UE a fait de la mise en place du CNSA une condition sine qua non pour envisager toute aide financière. La publication par la commission électorale nationale indépendante d’un calendrier crédible pour la tenue des prochains scrutins est une autre condition. L’opposition a posé le 31 juillet comme date butoir pour la publication de ce calendrier. Une date qui risque fort de ne pas être tenue. L’apaisement n’est pas de mise à Kinshasa où la devise ne cesse de se déprécier alors que l’activité économique est au plus bas.

Hubert Leclercq

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