Samedi, Novembre 18, 2017

RDC : ces écrivains francophones qui se battent pour les livres

L’écrivain-poète congolais Harris Kasongo (photo), initiateur d’un mouvement littéraire « Les révoltés de la plume », a lancé samedi 11 novembre, dans la commune de Kisenso, périphérie de Kinshasa, la campagne de sensibilisation de la jeunesse sur l'importance et l'apport des écrivains dans le développement d'un pays.

Campagne qu'il compte mener dans toute la capitale et dans tout le pays pour susciter l'intérêt des écrits et de la pensée dans le chef de la population qui considère l'écrivain congolais ou africain comme un mythe.

 

Agé de 30 ans, ce jeune poète veut avec le concours de ses collègues, révolutionner les choses.

Pour son ami l'écrivain Didier Mumengi, le livre est facteur de développement.

"Le métier de l'écrit vit un paradoxe ahurissant. Nous envoyons nos enfants à l'école  pour ouvrir les livres, mais nous n'accompagnons la passion qui doit être permanente chez nos enfants, celle de lire, pour améliorer ses connaissances, pour accroître son intelligence, pour diffuser dans la société la passion de la réflexion parce que le sous-développement c'est la sous réflexion, pour que nous sortions de cet état de mal développement, il faut que nous lisions, que nous lisions à satiété, mais pas seulement s'arrêter à lire mais écrire aussi parce que ces deux métiers sont mitoyens."

Harris Kasongo n’en est pas à sa première réalisation. Malgré les difficultés, il a remporté quelques prix dans sa carrière dont le premier remonte à 2006 où il a obtenu le premier prix du Cercle des poètes retrouvés en Vendômois.

La condition d'écrivain en République Démocratique du Congo (RDC) n'offre guère de perspective. Le plus grand pays francophone par sa population souffre de l'absence d'une industrie du livre. Résultat: l'écriture se tarit et la lecture se perd. Un groupe d'écrivains et poètes congolais part en campagne pour promouvoir la littérature auprès de leurs compatriotes.

La RDC est l'un des grands pays francophones de la planète. En dépit de cette position que certains pourraient envier, être écrivain dans ce pays n'est pas chose aisée. L'une des raisons est que la population congolaise n'a pas la culture de la lecture. Bien que les plumes ne manquent pas, les livres par contre ont du mal à se vendre. Dans ces conditions, les écrivains font l'apostolat. Ils ne peuvent donc pas vivre de leur métier. Pour joindre les deux bouts chaque mois, ils exercent d'autres activités à côté de la plume. 

Faute d'une industrie du livre appropriée dans le pays, ils recourent aux moyens de bord pour éditer leurs ouvrages. Ceux qui le peuvent font éditer leurs livres en Europe ou ailleurs mais quand ils arrivent au pays, ils sont soumis à de nombreuses taxes. Tout ceci a une incidence sur le prix du livre.

Pour faire face à cette situation pour le moins peu reluisante, les écrivains congolais  ont créé depuis 2007, sous l’impulsion de Harris Kasongo, un mouvement littéraire dénommé "Les révoltés de la plume". Objectif : lutter pour la promotion du livre, de la lecture et de la pensée. Faire comprendre au public que toutes les grandes sociétés du monde se sont développées à partir de la pensée traduite en écrit.

CC (avec Francine Mukoko)

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