La République Démocratique du Congo est en deuil. Catherine Nzuzi wa Mbombo, l’une des figures féminines les plus marquantes de la vie politique nationale, s’est éteinte, ce mercredi 17 mars 2026. Elle laisse derrière elle un héritage politique, social et économique considérable, après près de six décennies d’engagement au service du pays.

Née le 19 décembre 1944 à Tshumbe Sainte Marie, dans le Sankuru, Catherine Nzuzi wa Mbombo grandit dans une famille catholique pratiquante. Fille d’Alice Mbombo, directrice de foyer social, et d’Henri Nzuzi Kamande, assistant médical, elle s’inscrit très tôt dans une trajectoire marquée par le sens du service public. Mère d’une famille nombreuse et deux fois arrière-grand-mère, elle a su concilier vie familiale et responsabilités publiques de haut niveau.

Sa carrière politique débute en 1967 lorsqu’elle est nommée bourgmestre de la commune de la Gombe, à Kinshasa, devenant ainsi l’une des premières femmes à occuper une telle fonction dans le pays. Elle gravit ensuite les échelons de l’administration et du pouvoir politique : 

  • Inspectrice d’État en charge de plusieurs provinces,
  • Commissaire provinciale,
  • Vice-gouverneur de Kinshasa,
  • Gouverneur du Bas-Zaïre entre 1972 et 1974. En 1985, elle accède au poste stratégique de Gouverneur de la ville de Kinshasa. 

Membre influente du MPR -Mouvement Populaire de la Révolution-, parti-État sous le régime du maréchal Mobutu, elle en devient la deuxième vice-présidente du Comité central, une fonction équivalente à celle de vice-présidente de la République à l’époque, le plus haut sommet de sa carrière politique.

Après la chute du régime en 1997, Catherine Nzuzi wa Mbombo traverse une période difficile, marquée par une incarcération de deux ans pour haute trahison, avant de s’exiler temporairement en Afrique du Sud.

Elle effectue toutefois un retour remarqué sur la scène politique en 2003, en intégrant le gouvernement de transition comme ministre de la Solidarité et des Affaires humanitaires, à la suite du dialogue inter-congolais de Sun City. 

Trois ans plus tard, en 2006, elle se présente à l’élection présidentielle sous la bannière du MPRFP -Mouvement Populaire de la Révolution-fait privé- .

Au-delà de la politique, Catherine Nzuzi wa Mbombo s’est illustrée comme une pionnière du combat pour l’émancipation des femmes en RDC. Engagée dans plusieurs organisations non gouvernementales, elle a œuvré pour la promotion des droits des femmes et l’encadrement des commerçantes, contribuant à renforcer leur autonomie économique.

Femme d’affaires accomplie, elle dirigeait également plusieurs entreprises commerciales et immobilières, et avait été propriétaire de la chaîne de télévision TKM -Télé Kin Malebo- . En 2021, elle avait été choisie comme marraine de l’Alliance pour la Réforme de la République (A2R), confirmant son statut de référence morale et politique pour plusieurs générations. Elle détenait par ailleurs le record de longévité d’activité politique féminine en République Démocratique du Congo.

Avec la disparition de Catherine Nzuzi wa Mbombo, la RDC perd une actrice majeure de son histoire contemporaine, une femme de conviction dont le parcours continue d’inspirer de nombreuses Congolaises engagées dans la vie publique.

Patrick Kitoko



L’animateur emblématique et promoteur de Voltage 2, une radio urbaine émettant depuis Douala au Cameroun est mort ce lundi 16 février 2026 à Abidjan des suites d’un malaise.

L’univers de l’audiovisuel est en deuil au Cameroun. Actu Cameroun apprend le décès ce lundi 16 février 2026 du célèbre animateur Consty Eka. Selon une source sur place en Côte d’Ivoire, Consty EKA, était pourtant à son  bureau ce lundi à Abidjan jusqu’à ce qu’il commence à vomir du sang. Conduit à l’hôpital, il a tiré sa révérence.

Aucune communication officielle n’est faite actuellement sur la mort de ce géant de l’audiovisuel en Afrique Francophone. Le décès néanmoins est confirmé au 237 (Cameroun).  « Consty Eka est décédé. Le célèbre animateur camerounais Consty Eka, surnommé « Roi de la Télé », est mort à Abidjan à la suite d’un malaise. Une perte immense pour le paysage médiatique du Cameroun », commente l’ancien collaborateur du journal Le Jour André Bofia.

Il a commencé sa carrière au Cameroun (Douala et Yaoundé)

 « Consty Eka, le Roi de la télé, révèle le groupe de mon frère aîné, Aimey Bizo, considéré comme le premier boy’s band du Cameroun, Star System, en 1986, dans le programme Music Video Show. La diffusion fut marquée par la puissance de “U Can’t Touch This”, le tube emblématique et unique de la carrière de MC Hammer. Ericien Pascal Nguiamba a conservé un lien étroit avec toi et t’a consacré une ultime interview au sujet des prix télévisuels. Quant à Jean Marie Mbega, ton frère cadet et mon ami, je lui adresse mes condoléances les plus attristées », écrit le journaliste de la Crtv Télesphore Mba Bizo

« Exclusivité planétaire »

Il est connu pour avoir produit et animé des programmes phares, dont l’émission hebdomadaire « All Week News », qui traite de l’actualité politique, économique et touristique africaine. Il est le PDG et fondateur du groupe média CEN TV (sa propre chaîne) ainsi que de Voltage 2.  En avril 2025, il a été l’invité d’honneur du stand Laura Dave Media lors de la 3e édition du SINAC (Salon International de l’Audiovisuel au Cameroun) à Douala. Lors de cet événement, il a publiquement plaidé pour un soutien accru des autorités au secteur audiovisuel camerounais. Fin 2024, il a été la vedette de l’émission « K-TAPUL’T » sur Sun+ TV, présentée comme une « exclusivité planétaire » sur son parcours.

Pour rappel,  Consty Eka est une figure emblématique de l’audiovisuel africain, surnommé le « Roi de la télé ». Animateur et producteur de renom, il a marqué plusieurs générations de téléspectateurs, notamment au Cameroun et en Côte d’Ivoire.  Il a commencé sa carrière au Cameroun (Douala et Yaoundé) avant de s’installer en 1978 en Côte d’Ivoire, son pays d’adoption, où il est devenu une star du petit écran.
 
actuCameroun/CC


La culture congolaise a pris un coup ce mardi 3 février dans la soirée avec le décès d’Elbas Manuana, artiste comédien, acteur et enseignant à l’Institut National des Arts. Très connu et très en vue pour le nombre de rôles joués dans des films ou théâtre, Elbas était aussi le maître si proche de ses élèves qu’il formait. En témoigne, le nombre de messages en hommage depuis l’annonce de sa disparition.

« L’aîné Elbas a rejoint le firmament. Il n’était pas un homme de théâtre, il était le théâtre. C’était le plus grand, celui dont la seule présence dans l’espace était la présence du théâtre dans sa beauté, dans sa tension dramatique, dans sa rhétorique, dans sa poétique... Il était une grande inspiration pour beaucoup d’entre nous et sa générosité à porter les mots, les idées et les perspectives était une bénédiction. Que la paix et la beauté soient toujours avec lui », écrit l’écrivain Sinzo Aanza sur ses réseaux sociaux.

Au réalisateur Tshoper Kabambi d’ajouter : « Un icône est tombé, une nouvelle étoile s’est allumée dans le ciel. Adieu, Maître Elbas Manuana ».

Sa filmographie est telle qu’il est un visage familier même à ceux qui ne sont pas dans le milieu culturel. Le film Ima avec Dadju, la série Chez Coco, le film Heart of Africa de Tshoper Kabambi, Abula ngando, Viva riva, etc. Elbas a figuré aussi dans plusieurs publicités et clips des chansons dont l’une de plus récentes est "Malembe" du groupe MPR.

« Maître Elbas Manuana, merci pour tout. Doux repos à côté des maîtres Kulumbi Edgar, Laisi Mitendo et tous les autres qui t'ont précédés. Que le Grand maître Mikanza lui-même vous accueille dans le firmament étoilé où jubilent dieux, saints et déesses de l'art afin que la flamme du théâtre de la guérison que vous avez allumé en nous brille et éclaire le monde. Bonne traversée Maître », souligne Micahel Disanka, comédien et metteur en scène.

Elbas Manuana enseignait à l’Institut National des Arts notamment les cours d’improvisation et d’interprétation dramatique. Sa complicité avec ses étudiants a fait de lui un enseignant apprécié et un "maître" adulé. Ce qui laisse un vide chez ceux qui l’ont connu à ce titre.

« Maître Elbass a été mon professeur d’improvisation et d’interprétation dramatique, mais aussi mon collègue sur scène. Maître Elbass faisait partie de ces rares enseignants de l’INA qui savent encourager les talents et les pousser vers la grandeur. Il est aussi de ceux qui m’ont soutenu lorsque je voulais abandonner mes études », indique Niamba Malafi.

À Benjamin Masiya d’ajouter :

« Maître de plusieurs, je ne pleure pas comme tout le monde, moi, je pleure un père, un repère, un ami, un dieu... Tu m'as fait El Bass, j'ai parlé de toi à plusieurs personnes. À peine, lundi, tu m'as souri, pour une dernière fois donc, tu m'as serré la pince, pour une dernière fois. Alors que tu attendais avec patience ma défense. J'aurai bien voulu te payer une veste très chère pour te rendre hommage de ton vivant, lors de ma défense, hélas, père, maître, tu vas porter une veste dont la griffe sera mort, mais pas éternelle, j'en doute. Puisque tu vis encore en moi, en nous, en tous ».

Elbas Manuana est une figure de proue de la scène artistique congolaise, brillant tant sur les planches de théâtre que devant la caméra. Diplômé et enseignant à l’Institut National des Arts (INA) de Kinshasa, il s'est imposé comme un acteur de caractère, capable d'incarner la complexité de l'âme kinoise.

Au-delà de son talent de comédien, Elbas a participé à de nombreux projets d'envergure, notamment le spectacle L’Épopée de la Rumba, qui célèbre ce patrimoine immatériel de l'humanité. Son jeu, souvent empreint d'une autorité naturelle et d'une grande finesse psychologique, fait de lui l'un des ambassadeurs les plus respectés du "théâtre-rumba".

Kuzamba Mbuangu



Roland-Gilbert Okito Lumumba, homme politique congolais et fils de Patrice Emery Lumumba, premier Premier ministre de la RDC est décédé mercredi à Kinshasa à l'âge de 67 ans, des suites d'une maladie, à-on connaissance de sources familiales.

Né en 1958, Roland Lumumba était architecte de formation. Il avait toutefois marqué la vie politique congolaise en siégeant pendant une dizaine d'années comme député national.

Très attaché à l'héritage politique et historique de son père, figure majeure de l'indépendance congolaise, Roland Lumumba avait été particulièrement actif dans les démarches judiciaires visant à faire la lumière sur l'assassinat de Patrice Lumumba en 1961. Il s'était rendu à plusieurs reprises en Belgique, notamment récemment à Bruxelles, pour assister à des audiences devant la justice belge, affirmant que sa démarche relevait d'un « soif de savoir » et non d'une volonté de vengeance.

Il avait également joué un rôle central dans le processus de rapatriement en RDC de la relique de Patrice Lumumba, conservée en Belgique, restituée officiellement à la RDC en juin 2022.

Dans plusieurs interventions publiques, Roland Lumumba insistait sur la dimension historique de son père, refusant de le réduire à une figure familiale. « Au lieu de dire que c'est le papa de Roland, je préfère que l'on dise que c'est Lumumba », déclare-t-il, évoquant le rôle de son père comme « père de l'indépendance » et figure fondatrice pour l'Afrique.

La disparition de Roland-Gilbert Okito Lumumba intervient alors que les procédures judiciaires liées à l'assassinat de Patrice Lumumba se poursuivent encore en Belgique.

actualite.cd/CC

 



Célestin Anzuluni Bembe, ancien président du Conseil législatif, l'équivalent de l'Assemblée nationale sous le règne de l'ancien régime du Maréchal Mobutu, est décédé ce vendredi 16 janvier à Bruxelles, en Belgique.
Personnalité influente du régime du Maréchal Mobutu, Anzuluni etait originaire de la province du Maniema. Il a été  contraint à l'exil suite au changement de régime avec l'accession au pouvoir du président Laurent-Désiré Kabila en mai 1997.
Depuis l'exil, Anzuluni Bembe Isilonyonyi fut aussi modérateur de l’Union sacrée pour l’alternance, un  regroupement politique de l’opposition. 
Boni Tsala


Le footballeur congolais Chico Ushindi Wa Kubanza est décédé ce samedi 13 décembre 2025 à Lubumbashi, à l’âge de 29 ans, des suites d’une courte maladie. L’information a été confirmée par les dirigeants du TP Mazembe et de la JS Groupe Bazano, ses anciens clubs.

Formé au CS Don Bosco, Chico Ushindi a rejoint le TP Mazembe en 2017. Il y a évolué durant plusieurs saisons, avec quelques périodes de prêt, avant de quitter le club en 2024. Il a ensuite brièvement porté les couleurs de l’AS Vita Club, avant de s’engager en 2025 avec la JS Groupe Bazano.

Considéré comme un ailier technique et percutant, Chico Ushindi a marqué de son empreinte plusieurs éditions du championnat de la Ligue nationale de football (LINAFOOT), notamment avec les Corbeaux de Lubumbashi, club au sein duquel il a passé la majeure partie de sa carrière.

Bob Bondo



L'ancien journaliste Magloire Paluku a été assassiné mercredi soir à Goma dans l'Est de la RDC par des bandits armés non autrement identifiés Jusque-là devant sa résidence située au quartier Himbi.

Selon des sources de sa famille, le journaliste devenu conseiller culturel de l’AFC/M23 a été criblé de plusieurs balles à son arrivée chez lui, alors qu'il était lui-même au volant de son véhicule.

"Le corps est déjà à la morgue, c'est une mort que nous n'arrivons pas à comprendre certainement. Les circonstances de sa mort sont très floues, nous voulons des enquêtes pour que les auteurs soient punis conformément à la loi", dit une de ses sœurs à 7SUR7.CD

Magloire Paluku avait rejoint la rébellion du M23-AFC depuis Bunagana dans le territoire de Rutshuru après son passage au ministère de la culture sous le gouvernement Sama Lukonde.

Alphonse Muderwa



Le diocèse de Goma, par la voix de son évêque, Monseigneur Willy Ngumbi Ngengele, a annoncé ce dimanche 26 octobre, le décès de Monseigneur Faustin Ngabu, évêque émérite du diocèse de Goma.

Selon le communiqué, Mgr Faustin Ngabu est décédé ce dimanche à 10 h 30 à l’hôpital Charité Maternelle, à la suite d’une longue maladie.

Ancien évêque de l’Église catholique de Goma de 1974 à 2010, il s’est éteint à l’âge de 90 ans.

En attendant la publication du programme du deuil, le diocèse catholique de Goma invite tous les fidèles chrétiens à prier pour le repos de l’âme de Monseigneur Faustin Ngabu, auprès du Seigneur qu’il a servi toute sa vie. Il demande que celui qui l’a appelé auprès de Lui, après tant de souffrances, l’accueille dans son royaume et lui accorde la grâce de le contempler dans sa grande magnificence avec tous les saints du ciel.

Qui était Monseigneur Faustin Ngabu ?

Né en 1935 à Lokwa, dans l’actuelle République démocratique du Congo, Mgr Faustin Ngabu a été ordonné prêtre le 21 décembre 1963 pour le diocèse de Goma.

Le 25 avril 1974, il est nommé évêque coadjuteur du diocèse de Goma, puis consacré le 7 septembre 1974 par l’archevêque de Bukavu. Le même jour, il succède à Monseigneur Joseph Mikararanga Busimba comme évêque de Goma.

Son ministère épiscopal s’est étendu sur 36 ans, jusqu’à sa démission le 18 mars 2010 pour raison d’âge. Sa devise épiscopale était : « Que tous soient un ».

Tout au long de son ministère, Mgr Ngabu s’est illustré par son engagement pour l’unité, la paix et le développement social et pastoral, dans une région marquée par les conflits, les tensions ethniques et les catastrophes naturelles.

Sous sa direction, plusieurs paroisses ont été créées, notamment Binja, Notre-Dame d’Afrique de Katoyi, Miséricorde divine de Sake et Bienheureuse Anuarite de Himbi. Il a également initié la mise en place de structures éducatives et sanitaires, comme des hôpitaux et des centres de santé mentale à Kyeshero.

Mgr Ngabu a assumé diverses responsabilités au sein de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) et d’autres instances ecclésiales.

En novembre 2024, le diocèse de Goma a célébré ses 65 ans d’érection canonique et, à cette occasion, les 50 ans d’épiscopat de Mgr Ngabu, un fait rare parmi les évêques africains.

Situé dans la province du Nord-Kivu, une région souvent touchée par l’insécurité, les conflits armés et les éruptions volcaniques, le diocèse de Goma a trouvé en Mgr Ngabu un pasteur résilient et dévoué. Son action a profondément marqué la pastorale, l’éducation, la santé et la recherche de la paix et de la réconciliation.

Depuis sa démission en 2010, il portait le titre d’évêque émérite du diocèse de Goma, jusqu’à son décès ce dimanche 26 octobre 2025.

Josué Mutanava, à Goma

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Ali Kalonga

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