Depuis plusieurs années, des dizaines de corps sans vie demeurent abandonnés dans les morgues de certains hôpitaux généraux de référence de Kinshasa, sans prise en charge ni inhumation. Une réalité préoccupante mise en lumière par les députés provinciaux membres de la commission Aménagement du territoire et environnement de l’Assemblée provinciale.
En mission d’information dans plusieurs structures sanitaires de la capitale, la commission a découvert une situation jugée alarmante à l’hôpital général de référence de Maluku. Dans sa morgue, plus de 36 corps dits indigents y reposent depuis trois à quatre ans, sans qu’aucune solution n’ait été trouvée pour leur évacuation.
À l’issue de la visite, le président de la commission, Steve Mulumba, a tiré la sonnette d’alarme. Il affirme avoir déjà saisi les autorités compétentes sur cette situation qu’il qualifie d’inquiétante. Selon lui, la présence prolongée de ces corps constitue non seulement un problème sanitaire, mais aussi un risque environnemental majeur.
La délégation parlementaire a fait le même constat à l’hôpital général de référence de Kinkole, ex-CNPP. Sur place, 54 corps abandonnés ont été recensés dans la morgue, certains y séjournant depuis plus de deux ans. Les odeurs nauséabondes et l’état général des installations traduisent, selon les élus, une situation devenue intenable.
Face à ce tableau, Steve Mulumba indique avoir officiellement saisi le gouverneur de la ville de Kinshasa afin qu’une solution urgente soit trouvée. La commission plaide pour l’évacuation immédiate de ces corps et la mise en place d’un mécanisme durable de gestion des dépouilles indigentes dans les hôpitaux publics.
Pour les députés provinciaux, l’inaction prolongée expose les populations riveraines à des risques sanitaires et environnementaux graves, tout en posant un sérieux problème de dignité humaine.
Prosper Buhuru