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Journée internationale des enseignants : appel à la réintégration dans les écoles de zones d’accueil pour les instituteurs déplacés de guerre



À l’occasion de la Journée internationale des enseignants célébrée ce lundi 5 octobre, l’attention se porte sur la situation difficile des enseignants déplacés par les conflits armés dans la province du Nord-Kivu. Contraints de fuir l’insécurité et d’abandonner leurs établissements scolaires, de nombreux professionnels de l’éducation vivent aujourd’hui dans une grande précarité, loin de leurs postes de travail et de leurs sources de revenus.

La guerre qui a affecté plusieurs localités de la province a poussé de nombreux enseignants à trouver refuge dans des zones plus sûres, notamment dans la ville de Beni. Mais une fois sur place, beaucoup peinent à retrouver une activité professionnelle leur permettant de subvenir aux besoins de leurs familles.

C’est le cas de Fabien Balume, ancien préfet de l’Institut Lac Vert de Goma. Comme plusieurs de ses collègues déplacés, il espérait pouvoir reprendre rapidement son métier dans son nouvel environnement. Toutefois, la réalité s’est révélée beaucoup plus difficile.

« En arrivant à Beni, j'espérais pouvoir reprendre ma vie professionnelle. Malheureusement, je me retrouve aujourd'hui déplacé, sans emploi, sans salaire. Nos difficultés affectent profondément ma capacité à exercer mon métier d'enseignant. Nous, enseignants déplacés, ne demandons pas de privilège. Nous demandons simplement la possibilité de travailler et de reconstruire notre vie comme les autres », témoigne-t-il.

Face à cette situation, les enseignants déplacés réclament un accompagnement plus concret de la part des autorités éducatives. Ils estiment que leur identification et leur prise en charge constituent des étapes essentielles pour faciliter leur réinsertion professionnelle.

Selon Fabien Balume, un soutien social et matériel demeure également indispensable pour permettre à ces professionnels de retrouver des conditions de vie dignes. Il plaide en particulier pour leur affectation temporaire dans les établissements scolaires des zones d’accueil.

« Nous avons besoin avant tout d'un accompagnement concret des enseignants déplacés, notamment par l'identification de leur situation. Nous avons également besoin d'un soutien social et matériel. Il faudrait faciliter leur réaffectation temporaire dans les écoles des zones d'accueil, afin qu'ils puissent continuer à exercer leur métier au lieu de rester sans activité dans une grande ville comme Beni », insiste-t-il.

Au-delà des difficultés économiques, cette situation a également des répercussions sur le système éducatif local. Plusieurs observateurs estiment que l’intégration des enseignants déplacés dans les écoles d’accueil pourrait contribuer à combler certains besoins en personnel enseignant tout en permettant à ces professionnels de retrouver un emploi.

Les responsables de la division éducationnelle Nord-Kivu II affirment être conscients du problème. Ils indiquent que des mesures sont actuellement à l’étude en vue d’une future intégration des enseignants déplacés dans les structures scolaires de la ville de Beni.

Selon eux, cette démarche pourrait non seulement apporter une réponse aux difficultés rencontrées par les enseignants déplacés, mais aussi renforcer l’offre éducative dans les zones d’accueil, confrontées à une augmentation de la population scolaire due aux mouvements de déplacement.

En cette Journée internationale des enseignants, les professionnels de l’éducation déplacés du Nord-Kivu espèrent que leurs préoccupations seront davantage prises en compte. Pour eux, la possibilité de reprendre le chemin des salles de classe représente bien plus qu’un emploi : c’est un moyen de retrouver leur dignité, leur autonomie et de continuer à contribuer à la formation des générations futures malgré les conséquences du conflit.

radiookapi.net/CC

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