Vingt-huit personnes sont mortes du choléra sur environ 28 cas notifiés, depuis janvier dernier, dans les six zones de santé du Kasaï-Oriental.

Le chef de Division provinciale de la santé, Dr Bonheur Tshiteku l’a affirmé, jeudi 18 aout, à Mbuji-Mayi.

Il a indiqué que les six zones de santé touchées sur les dix-neuf que compte la province du Kasaï-Oriental sont : Mukumbi, Bonzola, Muya, Lukelenge, Dibindi et Tshishimbi.  

Selon le Dr Bonheur Tshiteku, cette maladie touche plus les personnes adultes :

« De ces 28 cas, 11 proviennent de la zone de santé de Mukumbi qui totalise à elle seule 4 décès et 8 cas de la zone de santé de Bonzola qui note aussi 4 décès. Alors que les cas de la zone de santé de Muya avec zéro décès et 4 cas de la zone de santé de Lukelenge avec 1 décès. Et, les zones de santé de Dibindi, Diulu et Tshishimbi ont notifié 1 cas respectivement ».

Le chef de Division provinciale de la santé du Kasaï-Oriental affirme également avoir pris les dispositions.

Il s’agit notamment de la distribution, dans les ménages, des lave-mains et kits de prévention contenant les produits de purification de l’eau. 

« Avec l’appui de notre partenaire Médecins sans Frontières, on a eu à mettre en place 6 panneaux et vacciné plus de 2 000 personnes. Il y a le Centre de traitement de choléra au niveau de l’Hôpital général de référence de la Muya qui est en train de prendre en charge les cas beaucoup plus sévères et des points SO plantés dans les zones de santé de Bonzola et Lukelenge. Avec Médecins Sans Frontières, il y a quand même quelques médicaments qui sont rendus disponibles » a assuré Dr Bonheur Tshiteku.

Il a par ailleurs demandé à toute la population de se laver régulièrement les mains et de traiter l’eau de boisson et cuisson.

« Nous lançons un message de sensibilisation à notre population, de se laver les mains régulièrement avec à l’eau et au savon. On peut utiliser de la cendre et nous pouvons traiter l’eau que nous sommes en train de consommer », a-t-il conclu.

radiookapi.net/CC

 



Attendu avec pompe jeudi 18 août 2022, dans la ville de Kisangani, chef-lieu de la Tshopo, au Nord-est de la RDC, le Docteur Denis Mukwege n’a finalement pas effectué le déplacement. Des sources sur place au Sud-Kivu renseignent que le Prix Nobel de la paix a été « empêché » par des manifestations aux alentours de son hôpital de Panzi, pendant que d’autres soulignent une marche tacite des motards contre une décision de la mairie de Bukavu.

Dans un communiqué parvenu le soir du jeudi à la presse, la Dynamique des Universitaires Congolais (DUC) émet, à ce sujet, son « plus vif » regret d’informer l’opinion publique de la ville universitaire de Kisangani du report des conférences du Professeur Docteur Denis Mukwege prévues du 18 au 19 août 2022, pour une date ultérieure.

En effet, confie la dynamique, tot ce matin, le Prix Nobel a été bloqué à son hôpital de Panzi par « des motards qui ont érigé des barricades dans la ville de Bukavu, quadrillant aussi tous les accès à l’hôpital qu’il ne pouvait pas quitter. Et aucune intervention publique n’a curieusement été observée jusqu’à la mi journée pour dégager les voies urbaines de manière à lui permettre de rallier l’aéroport de Bukavu ».

La DUC fustige ainsi ce qu’elle qualifie de l’instrumentalisation des motards ayant empêché la mobilité du Professeur Mukwege qui devait arriver ce jeudi 18 août 2022 à Kisangani pour y tenir ses conférences scientifiques. Elle rappelle que cela fait suite à une série d’actions visant à saboter ces activités savantes à Kisangani, qui cite « le refus d’accueillir ces conférences à l’Université de Kisangani après trois mois de préparation étroite entre le Comité de Gestion et la DUC, des menaces et des intimidations contre des Professeurs et des étudiants pour boycotter les conférences, etc ».

Par ailleurs, « la dynamique des universitaires congolais se félicite de l’enthousiasme du public Boyomais et de la communauté universitaire de la ville qui se sont mobilisés très massivement, bravant les intimidations, pour participer à cette grande messe scientifique en investissant l’Institut Français des heures bien avant la conférence ».

Pour elle, ce report n’est qu’une partie remise. « Le Professeur Denis Mukwege a hâte de communier avec la communauté scientifique boyomaise et va reprogrammer ses conférences très prochainement dès que son agenda très chargé le permettra », conclut le communiqué.

Serge SINDANI

 


Les léopards football de la République Démocratique du Congo de moins de 23 ans, affronteront l’Éthiopie au premier tour des éliminatoires de la Coupe d’Afrique des Nations Maroc 2023.

C’est à l’issue du tirage au sort organisé ce jeudi 18 août, au Caire, en Egypte, que les léopards U23 sont fixés sur leur adversaire.

Les confrontations, aller tout comme retour des éliminatoires sont programmés à la semaine du 19 au 29 septembre prochain.

En cas de victoire, l’équipe congolaise croisera au second tour les fenecs d’Algérie au mois d’octobre.

Les autres rencontres du premier tour se présente comme suit :

Guinée-Bissau vs Niger

Tanzanie vs Sud Soudan

Eswatini vs Botswana

Mauritanie vs Togo

Ethiopie vs RD Congo

Mozambique vs Maurice

Burkina Faso vs Gambie

Libye vs Rwanda

Madagascar vs Seychelles

Angola vs Namibie

Roger AMANI



A travers une ordonnance lue sur les antennes de la RTNC, le président de la République, Félix Tshisekedi a signé une ordonnance autorisant la ratification du protocole de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) sur la science, la technologie et l’innovation.

Le protocole de la SADC sur la science, la technologie et l’innovation (STI) a été signé à Johannesburg par 14 pays africains dont la République Démocratique du Congo le 17 août 2008.

La science et la technologie sont des questions transversales pour la région de la SADC, affectant tous les aspects du développement socio-économique de la région. Reconnaissant que ces facteurs jouent un rôle important dans l’avenir de l’Afrique australe, la SADC a adopté son protocole sur la science, la technologie et l’innovation le 17 août 2008 afin de favoriser la coopération et de promouvoir le développement de la science et de la technologie dans la région.

En signant le protocole, les États membres ont convenu de coopérer sur les mécanismes institutionnels de la science, de la technologie et de l’innovation. Le protocole définit ces institutions, ainsi que leurs comités et sous-comités, leur composition, leurs fonctions, leurs systèmes de financement de leurs initiatives et leurs méthodes de suivi des progrès. L’objectif est de promouvoir le développement et l’harmonisation des politiques de science, de technologie et d’innovation, en préconisant l’investissement dans la recherche et le développement et en promouvant la sensibilisation du public à la science et à la technologie.

Les buts et objectifs dudit Protocole dans la région sont notamment:

• Renforcer la coopération et la coordination régionales ;

• Promouvoir le développement et l’harmonisation des politiques ;

• Partager les expériences et mutualiser les ressources ;

• Promouvoir la compréhension, la sensibilisation et la participation du public ;

• Promouvoir la valeur des systèmes de connaissances autochtones et des technologies ;

• Attirer, motiver et retenir les scientifiques ;

• Renforcer les capacités institutionnelles et faciliter la coopération et les réseaux institutionnels ;

• Améliorer et renforcer la protection des droits de propriété intellectuelle ;

• Accroître l’accès à l’enseignement et à l’apprentissage des sciences fondamentales et des mathématiques ; et promouvoir l’équité et l’égalité entre les sexes dans l’enseignement et l’apprentissage à tous les niveaux de l’éducation.

Il s’agit de la première décision du président congolais entant que président en exercice de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC).

Carmel NDEO



C'est officiel depuis le mercredi 17 août dernier. Le chef de l'État de la République démocratique du Congo, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, est le nouveau président de la Communauté de Développement de l'Afrique Australe (SADC).

Dans son discours d'acceptation de mandat lors du 42ème Sommet des chefs d'États de la SADC qui se tient à Kinshasa, Félix Tshisekedi a rassuré que la République démocratique du Congo, par le truchement de son Gouvernement, s'engage à appuyer la mise en œuvre des programmes et des projets inscrits dans le Plan indicatif régional de développement stratégique (RISDP) 2020 à 2030, inspiré par la vision 2050 de la SADC. 

« Notre chère Communauté se donne donc pour mission de promouvoir la croissance économique durable et équitable, le développement socioéconomique au moyen de systèmes efficients de production, du renforcement de la coopération et de l’intégration, de la bonne gouvernance, de la paix et de la sécurité durables, de sorte que la région s’impose comme un acteur compétitif et efficace sur la scène internationale et au sein de l’économie mondiale », a déclaré Félix Tshisekedi.

Dans la foulée, a indiqué que durant son mandat, il va s'activer à implémenter, les programmes destinés à développer les infrastructures et les services de la région, qui sont en lien direct avec les principales stratégies de la SADC qui visent à stimuler l’intégration économique et à éradiquer la pauvreté dans la Région.

« Nos objectifs, tels que définis dans le Plan indicatif régional de développement stratégique (RISDP) 2020-2030, font ressortir le développement industriel et l’intégration des marchés comme catalyseurs de l’industrialisation dans la région. La SADC dispose ainsi d’une stratégie pour l’industrialisation (2015 - 2063) et d’une feuille de route, qui a pour objectif de stimuler la transformation économique et technologique dans la Région, tout en mettant un accent particulier sur les efforts à consentir en faveur du développement des chaînes de valeur régionales », a-t-il renchéri. 

Par ailleurs, c'est pour cette raison que le président Tshisekedi a souligné qu'au cours de son mandat, il va s'employer à promouvoir l’industrialisation au moyen de l’agro-transformation, de la valorisation des minéraux et des chaînes de valeur régionales, afin d’atteindre une croissance économique inclusive et durable, et ce, en travaillant de concert avec les États membres, le secteur privé et les partenaires au développement.

« Excellences ; Mesdames et Messieurs ; Comme vous le savez, le principal enjeu de l’intégration régionale consiste non seulement à assurer l’épanouissement du commerce au sein de notre Région, mais encore ses pratiques, sans nous heurter aux obstacles, afin de renforcer nos économies et de créer de l’emploi pour améliorer les conditions de vie de nos citoyens. Pour ce faire, j’aimerais ici souligner que, le développement de l’infrastructure est un élément essentiel à la croissance économique de notre Région, et de ce fait, s’impose comme une des priorités de la SADC », a-t-il signifié.
 
D’où, a martelé Félix Tshisekedi, accélérer la mise en œuvre de projets pertinents et connexes dans la région de la SADC, constitue l’objectif majeur du développement de l’infrastructure inscrit dans le Plan directeur de développement des infrastructures régionales de la SADC (RIDMP de 2021). 

« Comme le prévoient la stratégie de l’industrialisation de la SADC et sa feuille de route, les technologies de l’information et de la communication constituent un instrument et un catalyseur de l’industrialisation. En conséquence, il est impératif d’intégrer ces dernières dans le processus de transformation socio-économique, aux fins d’optimiser les avantages de la technologie, alors que nous visons à développer notre infrastructure au service de l’industrialisation », a-t-il affirmé.

Cependant, Félix Tshisekedi a précisé qu'il compte sur le soutien des chefs d'États et de Gouvernement de la SADC pour permettre à la République démocratique du Congo de réaliser les objectifs du programme d’intégration régionale au cours de sa présidence.

Jephté Kitsita



La Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) va porter la question de l’insécurité dans l’Est de la RDC à la session ordinaire de septembre de l’Assemblée générale des Nations-unies, à New York. Le Président du Comité ministériel de l'Organe de la SADC, avec le concours de la Troïka de l'Organe et des pays contributeurs de troupes à la Brigade d'intervention de la Force (FIB) de la MONUSCO ont été chargés mercredi de saisir António Guterres à ce sujet « afin de rechercher des solutions permettant de soutenir les efforts entrepris pour améliorer la situation sécuritaire ».

L’organisation sous régionale est très concernée par cette question étant donné que l'Afrique du Sud, la Tanzanie et le Malawi nourrissent en troupes la brigade d'intervention de la Monusco. Félix Tshisekedi a d’ailleurs adressé ses remerciements appuyés à ces trois pays « dont les vaillants soldats partagent leur sort avec les nôtres au prix du sacrifice suprême pour que la paix revienne dans la partie Est de notre pays ».

Kinshasa, qui considère le M23, soutenu par le Rwanda, comme groupe terroriste tentera également d’inscrire cette question comme l’une des priorités du Centre régional de lutte contre le terrorisme de la SADC (SADC-RCTC) qui vient d’être créé. Basé en République-Unie de Tanzanie (RUT), cette institution est chargée de coordonner les activités de lutte contre le terrorisme dans la Région.

De plus, le conflit entre la RDC et le Rwanda sera l’un des dossiers importants sur la table de Hage G. Geingob, Président de la République de Namibie, qui est le nouveau Président de l'Organe de coopération en matière de politique, de défense et de sécurité à la SADC.

actualite.cd/CC



Le Parc National des Virunga est au cœur de la région affectée par l'insécurité depuis la résurgence de la rébellion du M23, depuis octobre 2021, dit le parc dans un communiqué de presse. La zone la plus en danger est « le secteur des gorilles de montagne, dans la partie sud- est du parc, se trouve à cheval entre le Rwanda et la RDC ». Elle est l'objet d'intenses combats. Le 22 novembre dernier, un garde parc, Etienne Kanyaruchinya, avait été tué au cours d'une violente attaque contre un poste de patrouille de l'ICCN à Bukima.

« On n’a plus accès une des zones les plus importantes du parc, le secteur des gorilles de montagne. Cela met en danger cette espèce des mammifères qui  représente l’espoir de la relance du secteur touristique, secteur économique important du pays. C’est le parc qui est considéré comme le plus riche en terme de biodiversité », Emmanuel de Merode, directeur du Parc national des Virunga, dans une interview à RFI. 

Ce parc abrite 1/3 de la population mondiale de cette espèce et fait de la RDC l’avenir de cette curiosité de la nature avec 5% de croissance et l’habitat disponible.

En dépit du contexte sécuritaire que le parc surmonte grâce à des méthodes innovantes, plus de 15.000 touristes ont visité le parc depuis 2015 (45.000 nuitées au total) et font du PNVi la première destination touristique en RDC. 

Le Parc National des Virunga, couvre une superficie de 7800 km2 qui inclut les volcans de la chaîne des Virunga au sud et le Mont Rwenzori. Il est frontalier avec le Parc des Volcans au Rwanda et le Queen Elizabeth Park en Ouganda.

actualite.cd/CC



Le ministre des transports, Chérubin Okende a rassuré que bientôt l'usine de montage des bus sera implanté au Congo- Kinshasa. Cette annonce du ministre fait suite au retad que prend l'arrivée d'un autre lot de bus Trans-academia

" La commande qui a été passée, si tout va bien dans le courant du mois prochain on pourra réceptionner un autre lot de bus Trans-academia qui viendra de la Chine. Dans ce partenariat on a envisagé au lieu d'importer, j'avais trouvé des partenaires qui peuvent installer des usines de production  des bus en RDC", a-t-il indiqué.

Avant de poursuivre : " J'ai visité la zone économique speciale de Maluku où j'ai sollicité auprès du ministre de l'industrie un espace pour qu'on puisse aménager afin d' implanter ces usines de production de bus."

Loin de vouloir verser dans la polémique, Chérubin Okende appelle les étudiants ainsi que toute la population au calme et promet de travailler pour répondre aux attentes.

opinion-info/CC



Le Président de la Zambie, Hakainde Hichilema a appelé, ce mercredi 17 aout, les pays membres de la SADC à soutenir la RDC, agressée dans la partie Est par le Rwanda.  

Il a lancé cet appel à la tribune du 42è sommet de la SADC qui se tient à Kinshasa.

Selon Hakainde Hichilema, sans la paix et la sécurité dans la sous-Région, toutes les projections qui seront faites au cours de ce sommet sont vaines.  

« Je voulais profiter de cette occasion pour dire que sans la paix, la sécurité et la stabilité, toutes les projections que nous pouvons faire lors de ce sommet n’aboutiront à rien.  Nous devons appuyer la RDC pour sa stabilité sapée. Ça va nous permettre d’arriver à implémenter tous nos projets de l’énergie, de l’eau et de la croissance économique », a-t-il lancé.  

« Parfois nous, la SADC, nous reléguons au second plan l’agression dans l’Est de la RDC. Cela signifie en clair que nous devons progresser ensemble. C’est dans cette optique que nous arriverons à libérer notre région. On n’a qu’un seul objectif : la sécurité, notre droit en vue des opportunités du développement », a ajouté le président zambien. 

radiookapi.net/CC



Le budget, le nerf de la guerre, nous a paru comme une clé de lecture relativement objective pour évaluer les ambitions de l’assemblée provinciale et de l’exécutif de la ville de Kinshasa à travers la ventilation des ressources. Dans le cadre de cette enquête, 7sur7.cd s’est appuyé sur le budget de 2020 et notamment sur la reddition des comptes qui en donne une lecture éclairante. Après des semaines de sollicitations infructueuses, l’accès aux éléments budgétaires qui sont censés être publics n’a été rendu possible que grâce à la volonté de transparence du président Gode Mpoy qui est intervenu personnellement et directement pour que les édits budgétaires soient remis à notre rédaction. Premières informations : le budget était fixé 490 millions de dollars (980 043 040 508 FC) mais finalement ce sont 350 millions de dollars (705 877 175 012 FC) qui ont été mobilisés soit 72 % de taux de réalisation avec des dépenses à peine moindres permettant un excédent de 204.000 dollars ( 407 937 010 FC).
 
La ville de Kinshasa a été privée de plus de 25 % de moyens escomptés, budgétisés, la faute au gouvernement central qui ne reverse pas aux provinces la part des recettes qui leur revient. Néanmoins, des chiffres bruts laissent penser à une gestion de bon père de famille selon l’expression consacrée car pour ses frais de fonctionnement, l’exécutif a dépensé à peine le tiers de ce qui était prévu soit 4.650.000 dollars au lieu de 15 millions, quasiment la même austérité pour l’assemblée provinciale dont la dotation a été réduite à 3.900.000 dollars contre les 10.200.000 dollars programmés. Pour ceux qui s’étaient affolés des dépenses relatives à l’invitation controversée de Grand P et Eudoxie ou encore des obsèques des musiciens sponsorisées par le gouverneur Gentiny Ngobila, son cabinet n’a pas explosé le budget : 2.800.000 dollars dépensés contre les 5 millions initialement affectés.
 
La portion congrue pour l’investissement ; l’éducation, les transports et la sécurité oubliés

Jadis Kin La Belle, la répartition de son budget ne laisse pas transparaître une volonté d’en (re)faire une capitale moderne et audacieuse face à des défis majeurs comme ceux de la mobilité, de la sécurité et de l’éducation, trois domaines auxquels les institutions provinciales n’ont affecté aucun rond dans le budget de l’année 2020.
 
Dans cette ville où quasiment tout n’est même pas à refaire mais à faire, le budget loué à l’investissement apparaît insignifiant : 72 386 980 dollars. Parmi les investissements prévus, le projet phare « Kin Bopeto » censé rendre la ville propre en 5 ans. Lancé en octobre 2019, ce projet quinquennal était destiné à faire de la ville de Kinshasa un endroit où il fait bon vivre. Le ministre provincial Charles Mbuta Muntu s’en félicite malgré tout et en a détaillé les grandes lignes : « la réhabilitation de la route Elengesa, la réhabilitation du centre de mécanisation agricole de Menkao, construction de 4 centres de réinsertion des jeunes désoeuvrés, construction de 24 centres de tri, acquisition de tractopelles, de poubelles, de camions compresseurs, de pelles chargeuses, de moto tricycles, le nettoyage et l’embellissement des espaces publics, le reboisement des espaces publics dans le cadre de l'initiative 1 milliard d'arbres pour le climat 2023, l'aménagement des aires d'évitement des artères principales et construction de l'avenue Kikwit, la démolition des constructions anarchiques, le curage des ouvrages d'assainissement, le remplacement des lampes à incandescence par des lampes LED sur les artères...»
 
Des trous dans la raquette

L’énumération des projets par le ministre est prolifique et… vague et il apparaît clairement que de nombreux projets n’ont pas connu des débuts de commencement malgré la sortie d’une partie de fonds qui leur étaient alloués. Les 18.000 dollars décaissés pour la réhabilitation du centre de mécanisation de Menkao ont été manifestement détournés, les 4 centres de réinsertion annoncés personne n’en connaît l’adresse...
 
Gode Mpoyi : « Le budget idéal pour Kinshasa serait 3 milliards de dollars au lieu de 750 millions aujourd’hui »
 
Kinshasa vivote, c’est ce qui ressort des propos du président de l’assemblée provinciale de cette ville qui déplore la faiblesse de son budget et les moyens dont la prive l’État depuis 2006 : « D'après la constitution, il est dit clairement que les provinces doivent opérer à la source une retenue de 40% de toutes les recettes réalisées. Le gouvernement central ne nous a pas autorisé à le faire. L’État encaisse d’abord ensuite pour récupérer notre quote-part, il faut prier… ».
 
Le président de l’assemblée provinciale insiste sur la faiblesse des moyens et il n’a pas totalement tort : le budget de Kinshasa qui avoisine les 500 millions de dollars représente environ 29 dollars par habitant contre 46 dollars par habitant pour Dakar la capitale du Sénégal et 2.000 dollars par habitant pour Nantes, la sixième ville de France. On peut y ajouter un parallèle, il est vrai biscornu : le budget du club de foot Paris Saint-Germain dépasse celui de la ville de Kinshasa d’au moins 100 millions de dollars. Autre pesanteur en défaveur de Kinshasa : Dakar ne s’étend que sur 83 km², Nantes sur 65 km² alors que Kinshasa c’est… 9.965 km², ce qui souligne la difficulté d’aménager un  territoire si grand avec si peu de moyens.
 
Les projets non réalisés, les chantiers qui s’éternisent, la mue lente de la ville capitale, Gode Mpoy a sa ritournelle : « c’est parce que le mécanisme de rétrocession aux provinces n’est pas respecté en violation de la constitution. »

Une enquête réalisée par : Christelle Insiwe, Gloria Mbuya Mutala, Botowamungu Kalome, Merveil Molo et Moïse Dianyishayi

A Propos

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Ali Kalonga

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