Le ministre de la Communication et Médias et porte-parole du Gouvernement congolais, Patrick Muyaya, a pris la parole, mercredi 26 février 2026, à l’Université Saint-Paul d'Ottawa, au Canada, lors d’une conférence intitulée « Trente ans de conflit dans l’est de la RDC, dynamiques régionales, enjeux humanitaires et perspectives de paix ».
Au cours de son intervention, le ministre a rappelé que la guerre dans l’Est de la RDC, qui perdure depuis 1994, a fait des millions de victimes et continue de décimer des familles.
« Cette guerre n’est pas celle du Président Félix Tshisekedi, mais un conflit structurel que notre pays traite à travers le rapatriement des FDLR et les accords de Washington qui obligent le Rwanda à retirer ses troupes », a-t-il précisé.
Patrick Muyaya a mis en lumière les motivations économiques profondes derrière cette agression, en insistant sur le rôle central de l’exploitation illicite des ressources congolaises par le Rwanda. Selon lui, le pays voisin tire près de 40 % de son budget de l’exploitation de l’or congolais, avec des recettes estimées à 1,6 milliard de dollars pour 2024, en plus des profits issus du coltan et du tungstène.
« Nous avons mis en place une stratégie sur cinq fronts (militaire, diplomatique, économique, politique et communicationnel) pour mettre un terme à cette agression », a déclaré le ministre.
Le ministre a également insisté sur la nécessité de ne pas instrumentaliser les communautés locales dans ce conflit. Les crimes commis par les M23-AFC, qualifiés de supplétifs du Rwanda, ne peuvent en aucun cas être imputés à la communauté Banyamulenge.
« Nous avons plus de 450 ethnies dans notre pays et nous nous soutenons et nous tolérons mutuellement. Quel que soit le problème, un chef d’État d’un pays voisin ne peut pas venir commettre des massacres ou utiliser les corps des femmes comme arme, sous prétexte de protéger une communauté », a-t-il souligné.
À travers cette conférence, le Gouvernement congolais poursuit sa stratégie diplomatique et communicationnelle visant à alerter la communauté internationale sur la nature structurelle de l’agression rwandaise, la nécessité de protéger l’intégrité territoriale de la RDC et la lutte contre l’exploitation illégale de ses ressources naturelles.
Prosper Buhuru









