Le manager général du FC Les Aigles du Congo, Vidiye Tshimanga, était l'invité du live Space animé ce dimanche par Stanis Bujakera Tshiamala. Interrogé sur la qualification historique des Léopards pour les seizièmes de finale de la Coupe du monde 2026 et sur leur prochain adversaire, l'Angleterre, le dirigeant kinois n'a pas mâché ses mots. Confiant, il croit en la capacité de la sélection congolaise à créer l'exploit le 1er juillet à Atlanta.
Comment avez-vous accueilli la qualification des Léopards pour les seizièmes de finale ?
"C'était un moment de cohésion nationale et de fierté exceptionnel. On était tous émus, jusqu'aux larmes je peux le dire. En termes de gain pour la République, en termes d'image pour nos footballeurs, qu'ils soient binationaux ou locaux, c'est une très belle mise en exergue des capacités de nos jeunes athlètes."
Les Léopards ont renversé l'Ouzbékistan 3-1 après avoir été menés. Qu'est-ce que cette capacité de renversement vous dit sur le mental et la maturité de cette équipe ?
"Je connais quelques-uns de ces joueurs. Ils ont une capacité de résilience assez exceptionnelle et ils sont déterminés. Mais la chose la plus importante que cette équipe revêt aujourd'hui, c'est qu'ils sont très fiers de leur pays. Beaucoup l'ont dit, on ressent en eux qu'ils jouent pour leur population, pour leur peuple, pour leur nation. C'est ce qui les pousse vers l'avant et leur permet de réaliser des exploits. L'exploit n'a d'ailleurs pas spécialement été de battre l'Ouzbékistan, mais la manière dont ils l'ont fait, en étant menés jusqu'à la soixantième minute, avant de renverser la vapeur. Et ce but de Wissa en fin de match... j'ai presque envie de dire qu'il avait une inspiration divine. Il brossait ce ballon d'une façon exceptionnelle, comme s'il était certain qu'il allait là où il devait aller."
Le 1er juillet à Atlanta, c'est l'Angleterre qui attend les Léopards. Réalistement, pensez-vous que cette équipe peut créer l'exploit ?
"Cette équipe a déjà créé des exploits. Le nul face au Portugal, l'un des favoris du tournoi, le renversement face à l'Ouzbékistan, je ne le dirai jamais assez : cette équipe est capable de surprendre. J'ai entendu des journalistes dire avec un sourire que la RDC est quasiment injouable. Je suis presque prêt à le dire moi aussi. On nous accusait d'être excessivement défensifs. Nous avons montré face à l'Ouzbékistan une capacité offensive assez exceptionnelle quand on se fait confiance. Je suis certain que l'équipe d'Angleterre réfléchit déjà à la stratégie à mettre en place pour contrer la RDC."
Que doit faire Desabre tactiquement pour ne pas subir face aux Anglais ?
"Je ne suis pas coach, mais j'ai une conviction. Contre la Colombie, j'étais persuadé que si Desabre avait fait rentrer Mayele et d'autres à la soixante-dixième minute, on aurait au moins obtenu le nul. Les capacités offensives sont là. Mercredi, il ne faudra pas avoir peur d'être offensif. Si nous partons sur un bloc bas et une stratégie défensive dès l'entame, ce serait une erreur. Nous devons imposer dès le début notre vélocité, notre rapidité, nos individualités sur les côtés. J'ai peur, encore une fois je ne suis pas coach, que nous commencions par trop respecter l'adversaire. Nous n'avons rien à perdre et tout à gagner. Allons-y."
Avant le tournoi, croyiez-vous sincèrement que cette équipe pouvait atteindre ce stade ?
"Permettez-moi d'être très honnête. En tant que Congolais, c'était mon vœu le plus cher, mais tomber dans le groupe du Portugal, très sincèrement, j'avais de grands doutes. Et puis, renversement de situation : on voit une RDC courageuse, combative, qui arrache un nul face au Portugal avec un but de chaque côté. Cette équipe m'a renversé. Aujourd'hui j'ai beaucoup plus de conviction que nous sommes capables de faire des choses exceptionnelles."
Interview réalisée par Stanis Bujakera Tshiamala et Michel Tobo









