Dialogue national en RDC : Muyaya pose une ligne rouge face aux revendications de l’opposition



Alors que les appels à un dialogue politique inclusif se multiplient en République démocratique du Congo, le gouvernement entend fixer les limites de cet exercice. Lors du briefing presse organisé lundi 17 août 2026 avec le ministre délégué à la Défense, Éliezer Ntambwe, le porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya Katembwe, a insisté sur la vocation du dialogue voulu par le chef de l’État.

Pour le ministre de la Communication, ce dialogue doit avant tout permettre aux Congolais de rechercher des solutions aux crises qui secouent le pays, sans pour autant servir de tribune à des positions considérées comme favorables au Rwanda.

« Il ne faut pas qu’un Congolais vienne défendre les thèses du Rwanda », a martelé Patrick Muyaya, plaçant ainsi la question de l’agression dans l’Est du pays au centre des préoccupations du pouvoir.

Cette prise de position intervient dans un contexte politique particulièrement tendu. Alors que la situation sécuritaire dans l’Est de la RDC reste au cœur des préoccupations nationales, une partie de l’opposition réclame l’ouverture d’un dialogue véritablement inclusif. Elle estime qu’une réponse durable à la crise congolaise passe également par des discussions politiques entre les différentes composantes de la nation. Certaines forces de l’opposition et plateformes politiques demandent notamment que le dialogue permette d’aborder les questions liées à la gouvernance, à la situation sécuritaire, au fonctionnement des institutions ainsi qu’aux perspectives politiques du pays.

La C64 - Coalition Article 64 -, notamment, a multiplié ces dernières semaines les prises de position contre le processus engagé autour de la révision ou du changement constitutionnel. Elle réclame une mobilisation politique pour empêcher, selon elle, une modification de la Constitution susceptible de favoriser le maintien au pouvoir du président Félix Tshisekedi au-delà des limites actuelles.

Face à ces revendications, le gouvernement insiste sur la nécessité de préserver l’unité nationale. Patrick Muyaya considère que le dialogue interne doit permettre de consolider le front national plutôt que d’affaiblir la position de Kinshasa dans le conflit qui l’oppose au Rwanda et aux forces soutenues par Kigali, selon les autorités congolaises.

« Le dialogue interne doit servir à consolider le front national, pas à légitimer la posture de Kigali », a-t-il souligné.

Cette position traduit la priorité accordée par l’exécutif à la question de la souveraineté nationale dans tout éventuel processus de dialogue. Pour le gouvernement, les divergences politiques internes ne devraient donc pas se transformer en relais des positions défendues par les autorités rwandaises.

Le principal défi reste désormais de concilier les deux exigences qui se dégagent du débat : l’inclusivité réclamée par l’opposition et la préservation d’une position nationale commune face à la crise sécuritaire.

Si le pouvoir affirme vouloir un dialogue capable de renforcer l’unité du pays, ses adversaires politiques souhaitent, eux, que cette concertation ne soit pas limitée aux seules questions sécuritaires et qu’elle permette d’aborder les grandes préoccupations politiques du moment. La question demeure donc de savoir jusqu’où ira l’ouverture du pouvoir et quelles forces politiques seront effectivement conviées autour de la table. C’est sur ce terrain que pourrait se jouer la crédibilité du dialogue annoncé, dans un contexte où les divergences sur la Constitution, la gouvernance et la guerre dans l’Est continuent de polariser la classe politique congolaise.

Patrick Kitoko 

Share this article

A Propos

www.culturecongolaise.com

Ali Kalonga

Directeur de la Rédaction

Tél (whatsapp): +243 808 856 557

alikalonga@culturecongolaise.com

Derniers Articles