Média en ligne avant-gardiste, notre rédaction s'apprêtait justement à publier un éditorial prédisant ce qui vient d'arriver. L'intronisation de Joseph Kabila à la tête du Front pour la Refondation de la Nation (FRN), avec Corneille Nangaa et Bertrand Bisimwa comme vice-présidents, nous a coupé l'herbe sous le pied.
Elle ne crée aucune surprise. Elle fait simplement tomber le masque et officialise ce que Kinshasa dénonce depuis des mois: *Joseph Kabila est le véritable patron politique de l'AFC/M23*, cette rébellion soutenue par le Rwanda qui ensanglante l'Est de la RDC.
FRN = AFC/M23: Deux sigles, un seul mouvement
Il ne faut pas être dupe. Le FRN n'est qu'un rebranding, un nouveau costume pour l'AFC/M23. Quand on retrouve à sa vice-présidence les deux visages les plus connus du mouvement terroriste qui occupe Goma et Bukavu, l'affaire est entendue. Le FRN est la vitrine politique que l'AFC/M23 tente de se donner pour faire oublier ses crimes.
Toutes les sorties médiatiques de Joseph Kabila depuis son départ, y compris celles de mai 2025 et du vendredi 10 octobre 2026, n'étaient qu'une stratégie pour préparer l'opinion avant d'assumer officiellement son rôle. Croyant flouer l'opinion, il s'est ridiculisé: il a raté son coup.
Un agent double à la tête de la RDC tout en servant Kigali
C'est la thèse la plus douloureuse mais la plus évidente qui se confirme. Pendant 18 ans, la RDC a été dirigée par un agent double. Un homme qui, tout en occupant le Palais de la Nation, préparait le lit de l'agression rwandaise.
Tous les accords bilatéraux signés entre Kigali et Kinshasa, notamment ceux de Rubavu et de Kigali les 12 et 18 mai 2012, à moins d'une semaine d'intervalle, donnaient aux services de renseignement rwandais le plein pouvoir de circuler sur toute l'étendue du territoire national et de contrôler nos frontières. La preuve qu'il avait vendu le pays.
Kabila, déjà patron du M23 quand il dirigeait la RDC
Pour qui connaît l'histoire de ce pays, ce n'est qu'un retour aux sources. Le M23 de 2012 n'est jamais mort. Il a été mis en hibernation à partir de Kinshasa. Comment comprendre autrement que ses chefs aient pu circuler librement et que leurs revendications aient toujours trouvé un écho complaisant au sommet de l'État ?
Toutes les négociations, du RCD/Goma au M23 en passant par le CNDP, se soldaient toujours par des brassages et mixages, une manière d'infiltrer l'armée pour l'affaiblir de l'intérieur. Le commandement des FARDC à l'Est était d'ailleurs contrôlé par des officiers désignés par Paul Kagame.
Kinshasa avait vu juste - Le verdict de la justice conforté
Le Président Félix Tshisekedi et les autorités l'ont dit et répété: l'AFC/M23, c'est Kabila. Aujourd'hui, les faits leur donnent raison.
La condamnation à mort de Joseph Kabila par la justice militaire pour trahison et collusion avec l'ennemi paraissait sévère pour certains. Cet acte de prise de tête d'une rébellion armée en est la justification la plus éclatante. La justice n'avait pas condamné un opposant, elle avait jugé un chef rebelle.
Des sanctions américaines qui trouvent toute leur justification
Les sanctions américaines visant Nangaa et Bisimwa pour leur rôle dans la déstabilisation de l'Est prennent tout leur sens. Washington ne s'est pas trompé de cible. Cette chaîne de commandement remonte jusqu'au sommet: Joseph Kabila lui-même a été visé, ainsi que plusieurs officiers supérieurs de l'armée rwandaise (RDF) pour leur soutien en hommes, en armes et en logistique à l'AFC/M23. Ce n'est plus une rébellion congolaise, c'est une agression extérieure.
Quand Nangaa et Kagame préparaient l’opinion
Corneille Nangaa lui-même n'a jamais caché sa proximité avec l'ancien président: « Kabila est notre référence, notre mentor ». Ce n'était pas de la flagornerie, c'était un aveu.
Paul Kagame l'avait d'ailleurs lâché dans _Jeune Afrique_ en présentant Kabila comme le véritable leader de ce conglomérat. Quand le maître de Kigali le dit, il faut le croire.
De sénateur à vie à ennemi de la République
En acceptant ce poste, Joseph Kabila franchit le Rubicon. Il n'est plus un ancien chef de l'État, il n'est plus sénateur à vie. Il est désormais officiellement un ennemi de la République.
Que fait la C64 dans cette galère ?
On s'interroge sur la présence de certains membres de la C64, plateforme qui se voulait citoyenne, dans cette aventure. Sont-ils des naïfs utiles ou des complices conscients ?
Cette prise de pouvoir met la C64 face à un dilemme: « Comment s'opposer à Joseph Kabila sans se rallier à Félix Tshisekedi ? », s'interroge un haut cadre d'Ensemble pour la République, membre de la C64. Selon lui, le combat actuel de Kabila est de renverser Tshisekedi et de rayer l'opposition s'il parvenait à prendre le pouvoir, comme le fit Laurent-Désiré Kabila avec l'AFDL en 1997.
Que va dire la CENCO-ECC ?
La CENCO-ECC est désormais dos au mur. Cette plateforme catholique et protestante a toujours prôné un dialogue inclusif avec Kabila et l'AFC/M23.
Comment peut-elle encore défendre cette position ? Prôner aujourd'hui un dialogue incluant Kabila, c'est demander à la République de négocier avec son agresseur. Le temps n'est plus au dialogue avec les bourreaux, mais à l'unité sacrée autour de la patrie agressée.
Appel à la solidarité nationale
Face à cette haute trahison désormais assumée, la Nation doit parler d'une seule voix. Il ne s'agit plus d'une querelle pouvoir-opposition, il s'agit de la survie de la RDC.
Joseph Kabila doit être considéré comme ce qu'il est: un paria de la République. Nous appelons tous les Congolais à se désolidariser totalement de lui. Il ne peut plus être considéré comme un Congolais comme les autres. L'heure est venue de lui retirer tous les avantages dus à un ancien chef de l'État, son statut de sénateur à vie et, au regard de sa trahison au profit d'une armée étrangère, de s'interroger même sur sa nationalité congolaise.
opinion-info/CC









