Sous un soleil généreux, la cour du Centre d'études pour l'action sociale (CEPAS) s’est transformée, samedi 3 octobre, en un espace littéraire inédit. Des livres disposés aux quatre coins, une petite musique flotte dans l’air, et plus de 300 jeunes et passionnés de lecture déambulent avec enthousiasme. Papyrus : le restaurant des lecteurs fait, à l’occasion, sa première apparition avec un grand public.
Dès leur arrivée au CEPAS, les participants reçoivent un papier à 16 cases pour un jeu de réseautage. Ils doivent trouver des personnes correspondant à des profils variés : un (e) photographe, un (e) slameur (se), quelqu’un d'habile en langues nationales, ou qui peut se remémorer un conte congolais entendu dans l’enfance, etc. Le tableau de mots mêlés à découvrir les attend également à l’entrée de la cour.
Puis, place aux ateliers. Deux grands moments ont marqué la journée : le restaurant du livre d’un côté, et le pique-nique du livre de l’autre. Dans le premier, les échanges ont tourné autour de l’ouvrage Influence et Manipulation de Robert Cialdini. Les débats ont porté sur la liberté des choix, ou encore le poids de l’expertise face aux tendances. Le second atelier a mis en avant le livre lui-même, avec notamment l’intervention de Nick Elebe, auteur de Pétales dorés, qui a partagé son expérience sur les droits d’auteur et les bases de la littérature congolaise.
Rachel Mulowayi, initiatrice de Papyrus: le restaurant des lecteurs, arborait un tablier sur sa blouse, symbole de son rôle de « serveuse de livres ». Elle explique : « La particularité de cette activité, c’était de créer un espace où l’on met en avant les auteurs, mais aussi les lecteurs eux-mêmes, ceux qui découvrent et manipulent les ouvrages. » À ses côtés, des jeunes comme Christelle Mavinga, Bénédicte Mbuku ou encore Gemima Kalambayi ont contribué à donner vie à cette grande première du projet.
La diversité des participants a surpris agréablement les organisateurs. « La lecture, ce n’est pas que pour les jeunes. Nous avons eu des étudiants, des travailleurs, des pasteurs, des prêtres, des éducateurs… C’est une bonne nouvelle pour nous », souligne Rachel, lauréate 2025 d’Éloquence 360.
Au-delà des ateliers, la journée a été animée par les prestations des slameurs et un jeu des énigmes à résoudre, permettant aux gagnants de repartir avec des livres.
Rachel se dit comblée : « beaucoup de personnes sont intéressées. On pensait que la lecture ennuyait, qu’elle était réservée aux ‘intelligents’. Mais le nombre de participants prouve le contraire. Nous avons besoin de ce genre d’activité. »
Son ambition est claire : faire du Papyrus non pas un simple événement ponctuel, mais un véritable club régulier, « comme un restaurant où les jeunes n’ont pas besoin d’attendre quatre ou cinq mois, mais peuvent venir chaque week-end, ou même deux fois la semaine ».
Le papyrus : restaurant des lecteurs est un club de lecture créé depuis plus d'un an, afin de valoriser la culture littéraire congolaise en particulier, mais aussi tout autre type de genre littéraire. Et le 3 octobre dernier, au CEPAS, les visages rayonnants et les échanges passionnés ont montré que la lecture, loin d’être une contrainte, peut devenir une fête.
Japhet Toko









