Présent à la Fashion Week de Paris, Fally Ipupa a surpris en refusant de répondre aux questions d’une chroniqueuse de Brut. Alors qu’elle tentait de l’interroger sur la mode.

« Je ne parle pas, en ce moment je ne parle plus » a-t-il déclaré.

Cette réaction a intrigué de nombreux fans et observateurs. Connu pour son aisance médiatique, Fally Ipupa a cette fois choisi de garder le silence, sans donner plus d’explications.

Malgré cela, sa présence remarquée et son style vestimentaire impeccable ont confirmé son influence dans l’univers de la mode et du showbiz.
 


L’interpellation de Harish Jagtani, homme d'affaires indien et propriétaire de plusieurs sociétés en République démocratique du Congo est intervenue lundi à 18H45’.

« Il est détenu par le Conseil National de CyberDéfense (CNC), une agence de la présidence de la République dirigée par Jean Claude Bukasa. Les motifs de son arrestation restent inconnus pour l'instant », dénonce un des proches du richissime homme d’affaires.

Harish Jagtani est un homme d'affaires influent qui détient plusieurs entreprises, notamment la société Modern Construction, l'hôtel Hilton Kinshasa, l'immeuble CTC, la compagnie aérienne Serv Air, Suprême Automobile, l'hôpital HJ, la fondation HJ, le dépot pharmaceutique HJ PHARMA et Kinshasa cité jardin.

Ses proches affirment qu'il est engagé aux côtés du peuple congolais et des autorités pour contribuer au développement du pays. Ils expriment leur confiance dans le fait qu'il sortira de cette situation sans charge. Cependant, les circonstances de son interpellation, qui ont eu lieu dans son penthouse au 19e étage de l'immeuble CTC avec des blindés, sont dénoncées comme étant scandaleuses.

Harish Jagtani a fait l’objet de plusieurs enquêtes journalistiques dont Congo Hold-Up. Il y était accusé d’avoir blanchi l’argent de Joseph Kabila et de certains de ses proches, notamment dans l’immobilier. L’homme d’affaires indien a toujours démenti ses accusations, démentant ses liens privilégiés avec l’ancien chef d’Etat.

actualite.cd/CC

 
 
 
 


Dans les quartiers populaires de Kinshasa, une réalité souvent invisible prend forme : le marché du sexe. De nombreuses femmes, souvent marginalisées et précarisées, y trouvent une source de revenus pour subvenir à leurs besoins. Mais au-delà des transactions, ce secteur les expose à des risques de violence, de maladies et d'exploitation. Le Desk Femme a rencontré certaines d'entre elles pour parler de leurs motivations et des dangers auxquels elles sont confrontées.

Pour préserver leur anonymat, les prénoms utilisés dans cet article sont fictifs.

Assise sous un manguier, se protégeant contre les rayons du soleil, Sabrina, 34 ans, vit à Matonge mais préfère rester dans ce coin de la ville pour exercer la prostitution. Pour elle, cette activité est avant tout un moyen de survie dans un environnement économique difficile. La pauvreté, le chômage et l'absence de formations professionnelles sont des facteurs qui l'ont poussée à entrer dans ce secteur.
« Je ne suis pas ici par choix. J'ai fui la maison à cause de la misère. Je m’étais dit que je trouverais des moyens pour subvenir à mes besoins et à ceux de mes frères et sœurs », explique-t-elle. « La seule opportunité que la vie m’a offerte est celle-ci et je n’avais pas d’autre choix que de l'accepter. »

Au-delà des raisons économiques, les motivations de ces femmes sont souvent marquées par des parcours personnels difficiles et des choix contraints.

« Je suis venue à Kinshasa depuis mon village pour chercher du travail, mais ici, c'était l’impasse. La prostitution m'a semblé être la seule solution pour survivre », raconte Aline, 26 ans, originaire du Kasaï. « Ça ne demande pas beaucoup d’efforts, mais ça nous procure un bien-être financier et sanitaire, et ce, assez rapidement. Avec ce travail, impossible de manquer de 10.000 FC au minimum, et j’aime ça. »

Pour Lise, 38 ans, la prostitution est avant tout un besoin immédiat : « Mon mari m'a abandonnée et j'avais des enfants à nourrir. Je ne pouvais pas attendre des aides qui ne viendraient jamais. Je me suis donc lancée dans ce travail pour assurer leur avenir », explique-t-elle.

Stigmatisation et violences : des obstacles quotidiens

Cependant, derrière ce recours à la prostitution se cache une réalité bien plus sombre. Ces femmes font face à des risques multiples, allant des violences physiques et sexuelles à l'exposition aux maladies sexuellement transmissibles (MST).

« Je fais attention, mais on n'est jamais à l'abri d'une agression. Les clients peuvent être violents ou refuser de payer », confie Suzanne, 23 ans.

Outre les risques physiques, ces femmes font également face à une stigmatisation profonde qui les expose à diverses formes de violence. « Les gens nous regardent toujours comme des étrangères ou des coupables. C’est difficile d’aller chez le médecin ou même de discuter avec d’autres femmes sans qu’on me rejette », témoigne Nadia, 30 ans. Cette exclusion sociale ajoute une souffrance psychologique à leur quotidien, car beaucoup se sentent invisibles et rejetées, ce qui complique leur accès aux services de santé ou à une aide juridique.

La peur des agressions, qu’elles viennent des clients ou d’autres acteurs du secteur, fait partie intégrante du quotidien de ces femmes, qui doivent constamment naviguer entre les risques d’exploitation, les menaces de violence et la nécessité de continuer à travailler pour survivre.

« Les proxénètes sont des gens dangereux. Ils nous manipulent et nous forcent à travailler dans des conditions difficiles. Quand tu essaies de fuir, ils te rattrapent et te menacent. Beaucoup d’entre nous finissent par céder par peur », ajoute Aline.

En outre, le manque de protection sanitaire, lié à l'absence de structures adaptées, fait des travailleuses du sexe une population particulièrement vulnérable face aux infections et aux grossesses non désirées. « Je fais tout ce que je peux pour me protéger, mais les préservatifs sont souvent indisponibles ou de mauvaise qualité. Et parfois, les clients refusent de les utiliser. Cela m'angoisse chaque jour », continue Suzanne. « Nous avons besoin d’accéder à des soins de santé de qualité, mais dans ce milieu, il n’y a pas de structures qui nous accueillent sans jugement. Les hôpitaux sont souvent inaccessibles ou mal adaptés à nos besoins. Il faut une solution concrète pour protéger notre santé, mais aussi pour éviter les grossesses non désirées, car c’est un autre fardeau pour nous. »

Le marché du sexe à Kinshasa met en lumière des enjeux économiques, sociaux et sanitaires. Si la prostitution reste pour beaucoup un moyen de survie, elle expose ces femmes à des risques constants. Si certaines associations parviennent à apporter un soutien, le chemin reste encore long pour garantir une véritable protection à ces femmes, ainsi que des alternatives viables à cette activité. Les autorités, les ONG et la société civile doivent collaborer pour lutter contre la stigmatisation, améliorer l’accès à la santé et créer de réelles opportunités économiques pour ces femmes.

Nancy Clémence Tshimueneka



Depuis qu’il s’est emparé des villes de Goma (Nord-Kivu) et Bukavu (Sud-Kivu) dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC), le groupe armé M23 soutenu par le Rwanda ne cesse de s'illustrer par des violations graves des droits de l'homme dans les zones sous son contrôle.

Dans son rapport sur les principales tendances des violations des droits de l'homme pour le mois de janvier de l'année en cours, le Bureau conjoint des Nations Unies aux droits de l’homme (BCNUDH) révèle que le M23 (69%) est en tête des groupes auteurs des violations graves affectant des enfants suivi de Nyatura (12%) et Maï-Maï Mazembe (7%).

"Au cours du mois de janvier 2025, le nombre de violations graves affectant des enfants dans le cadre du conflit armé, documentées et vérifiées a connu une diminution de 6% par rapport au mois de décembre 2024. Le recrutement et utilisation a été la violation la plus fréquente (40%), suivi de l’enlèvement (37%), le meurtre et mutilation (17%), la violence sexuelle (4%) et les attaques contre les écoles et les hôpitaux (2%). Les violations et atteintes vérifiées par auteur se présentent comme suit : M23 (69%), Nyatura (12%), Maï-Maï Mazembe (7%), ADF (3%), forces de défense et de sécurité étrangères et nationales (3%), CODECO (2%), FPIC (2%), FDLR-FOCA (1%). Globalement, 85% des violations ont été documentées au Nord Kivu et 15% en Ituri", rapporte le Bureau conjoint des Nations unies aux droits de l’homme (BCNUDH) dans son rapport rendu public mercredi 19 mars 2025.

Dans le même document, le BCNUDH dit avoir documenté quatre violations et atteintes aux droits de l’homme en lien avec l’espace civique, ayant fait quatre victimes, dont une femme. Ceci constitue une diminution par rapport au mois précédent (14 cas et 17 victimes, dont 13 hommes et quatre femmes). L’ensemble des violations et atteintes ont été documentés dans la province du Haut-Katanga et imputables aux agents de l’État (trois cas) et aux civils armés (un cas).

En janvier 2025, le BCNUDH a enregistré 13 cas de protection individuelle au profit de 24 bénéficiaires. Parmi les bénéficiaires, on distingue 18 défenseurs des droits de l’homme (y compris une femme) et six journalistes. Les bénéficiaires proviennent des provinces de l’Ituri, du Haut-Uélé, du Haut-Katanga, du Kasaï-Central, du Nord Kivu et du Sud Kivu.

Au début de ce mois de mars, l'ONU avait déjà accusé les rebelles du M23 de procéder au rapt des patients dans des hôpitaux à Goma et a invité le mouvement à cesser ces pratiques. Selon le Haut Commissariat des Nations-Unies aux Droits de l'Homme, au moins 130 hommes malades et blessés ont été enlevés la semaine dernière par le M23 durant ces attaques et des patients kidnappés sont accusés par la rébellion d'être des soldats de l'armée congolaise ou des wazalendo.

Ce constat a été également fait récemment par Amnesty International. Selon cette organisation, depuis qu’il a pris le contrôle de Goma, le M23 a installé un climat de peur et de représailles brutales au sein de la population locale. L’ampleur et la fréquence alarmantes des exactions commises dans l’Est de la République Démocratique du Congo devraient choquer le monde entier.

Clément MUAMBA



Tina Salama, porte-parole du Président Félix-Antoine Tshisekedi, a déclaré lors d’une interview accordée à Radio Okapi que les discussions entamées à Doha, le mardi 18 mars, entre les Présidents Félix-Antoine Tshisekedi et Paul Kagame, se poursuivront pour renforcer les processus de Nairobi et de Luanda. Selon elle, la priorité pour la RDC est d’obtenir un cessez-le-feu et de réaffirmer son engagement envers les initiatives de paix.

« Il est important de souligner que c’est à l’initiative de son Altesse Sheikh Tamim Bin Hamad Al Thani, l’Émir du Qatar, que les deux Présidents ont été invités dans le cadre des efforts visant à trouver des solutions pour la partie Est de notre pays. Ce qui compte le plus pour nous, c’est que nous avons obtenu un cessez-le-feu immédiat. Les Chefs d’État ont réaffirmé l’engagement de toutes les parties à un cessez-le-feu immédiat et inconditionnel », a expliqué Tina Salama.

Les Présidents congolais Félix Tshisekedi et rwandais Paul Kagame se sont rencontrés à Doha, au Qatar, dans le cadre d’une réunion trilatérale organisée par l’Émir Sheikh Tamim Bin Hamad Al Thani, comme l’a annoncé le ministère des Affaires étrangères du Qatar.

Cette rencontre marque la première entre Félix Tshisekedi et Paul Kagame depuis l’escalade de la violence dans l’Est de la RDC, avec la prise des villes de Goma et Bukavu par les rebelles du M23, soutenus par Kigali.

Dans une déclaration, le ministère qatari des Affaires étrangères a précisé que les discussions entre les deux chefs d’État africains et l’Émir ont porté sur la pacification de l’Est de la RDC.

Les Chefs d’État ont également salué les avancées des processus de Luanda et de Nairobi, ainsi que celles issues du sommet conjoint EAC-SADC tenu le 8 février 2025 à Dar-es-Salaam.

radiookapi.net/CC



Le Secrétaire général des Nations-unies, Antonio Guterres, a salué mercredi 19 mars, l’initiative de médiation de l’Émir du Qatar, Sheikh Tamim bin Hamad Al Thani, entre les présidents de la République démocratique du Congo, Félix Tshisekedi, et du Rwanda, Paul Kagame, lors de leur rencontre trilatérale du 18 mars à Doha. C’est ce qu’a indiqué son porte-parole au cours du briefing de presse animé ce mercredi 19 mars à New-York, aux Etats-Unis.  

Cette réunion, organisée sous l’égide du Qatar, vise à désamorcer la crise sécuritaire dans l’Est de la RDC, marquée par l’activisme du M23 et les tensions entre Kinshasa et Kigali.

Appui à la médiation qatarie

Antonio Guterres a remercié l’Émir du Qatar pour son rôle dans la désescalade, soulignant l’importance d’un dialogue direct entre les parties.

Le chef de l’ONU a insisté sur la nécessité de respecter le cessez-le-feu convenu lors du sommet conjoint EAC-SADC du 8 février 2025, qui exigeait une cessation immédiate des hostilités.

Les Nations Unies appuient la fusion des processus de Luanda et de Nairobi, ainsi que les discussions entre le gouvernement congolais et le M23, conformément aux résolutions régionales.

Antonio Guterres a rappelé l’urgence de mettre en œuvre cette résolution du Conseil de sécurité, qui exige le retrait du M23 et des forces rwandaises de la RDC, rappelant que la mission onusienne en RDC reste mobilisée pour soutenir les efforts de stabilisation et d’assistance humanitaire, notamment dans les zones touchées par les combats.

La réunion du 18 mars était la première entre Félix Tshisekedi et Paul Kagame depuis l’escalade de la violence en RDC, marquée par la prise de Goma et Bukavu par le M23, soutenu par le Rwanda. Cette initiative s’inscrit dans une dynamique régionale de médiation, après les appels répétés de l’ONU à un dialogue et au respect de la souveraineté congolaise.

radiookapi.net/CC



Un homme d’une quarantaine d’années a été tué par une balle perdue lors d’un échange de coups de feu entre des militaires de la Garde républicaine et des policiers d’un sous-commissariat de Matonge, dans le quartier Kalamu à Kinshasa, mercredi 19 mars.

Selon Charly Luboya, bourgmestre de Kalamu, les affrontements ont débuté par une attaque du sous-commissariat de Makala par les militaires de la Garde républicaine, sans motif clair identifié.

Les forces de l’ordre ont riposté, entraînant un échange de tirs.

La victime, touchée accidentellement, a été évacuée vers la morgue de Mabanga Yolo.
Les responsables des deux camps ont pris la fuite après l’incident.

« Les autorités ont ouvert une enquête pour élucider les circonstances exactes de ces violences et identifier les auteurs », a annoncé Charly Luboya.

radiookapi.net/CC



Le Président de la RDC -République démocratique du Congo-, Félix Tshisekedi, ne cache plus son intention de signer un accord avec les États-Unis, afin d'accélérer la vitesse du développement de son pays. Ce nouveau deal en gestation, a-t-il indiqué au cours de l'interview accordée à Fox News, devrait porter notamment sur les minerais, en échange d'un renforcement militaire solide en faveur de la RDC

En outre, Félix Tshisekedi compte sur cet accord, afin d'accentuer des sanctions fortes et permanentes contre le Rwanda et ses supplétifs du M23-AFC, principaux agresseurs de l’Est du Congo. D'après le Président Félix Tshisekedi, l’instabilité et l’insécurité actuelles dans la région rendent impossible l’attraction des investisseurs. Il suggère donc de "stopper l’agression du Rwanda et prendre des mesures plus sévères contre le régime de Paul Kagame."

Lors de cette même interview, Félix Tshisekedi a également épilogué sur les relations Kinshasa-Pékin, précisant que la Chine reste un partenaire, non sans faire savoir que Kinshasa veut aussi un accord solide avec Washington, pour augmenter la vitesse du développement de son pays, pour le bien-être de son peuple.

Dans ses réponses, Félix Tshisekedi a parlé d’un partenariat gagnant-gagnant sans brader les richesses du pays, insistant sur le partage des richesses du sous-sol de la RDC dans l’intérêt du développement du business de la Silicon Valley et d’autres secteurs qui ont besoin des minerais stratégiques.

Grevisse Tekilazaya 

 

 



La cause du général major Smith Gihanga, poursuivi pour détention illégale d’armes, a été renvoyée au 26 mars prochain pour « arrivée tardive » de la note du ministère public, lors d’une audience à la Haute Cour militaire, à Kinshasa en République démocratique du Congo.

« Aujourd’hui, il a été question que la Haute cour militaire rende son arrêt avant dire droit. Mais, il s’est fait que la note du ministère public n’est parvenue au greffe de la Haute cour militaire qu’avant hier, si bien que la rédaction n’a pas suivi. Donc la Haute cour militaire ne pourra se prononcer qu’à la huitaine », a déclaré le général de brigade magistrat Jean-Paulin Ntshayikolo, juge président de la composition.

Il a annoncé, à cette occasion, que la prochaine audience va être consacrée au prononcé de l’arrêt avant dire droit, avant de présenter les excuses de la cour au conseil de la défense pour n’avoir pas communiqué sur l’arrivée tardive de la note du ministère public.

« C’est ce qui justifie d’ailleurs le fait que nous avons pris assez de temps dans la première cause, sachant que ça ne sera qu’une remise. Mais nous aurions tout de même dû vous informer que ça ne sera qu’une remise. Mais qu’à cela ne tienne, la haute cour vous présente toutes ses excuses maîtres », a dit le président de céans.

Le prévenu major Smith Gihanga Mutara est poursuivi pour détention illégale d’armes, munitions de guerre retrouvées dans sa résidence, ainsi que la violation des consignes. Il en court pour ce faire, 20 ans de servitude pénale principale conformément à l’article 203 du code pénal militaire et une peine allant de 6 mois à 5 ans d’emprisonnement pour violation de consignes. 

ACP/CC



Le président de la République démocratique du Congo, Félix Tshisekedi, se confie dans un entretien exclusif dans les colonnes du Figaro peu après sa rencontre avec Paul Kagame du Rwanda…

LE Figaro – Vous venez de rencontrer Paul Kagame, le président rwandais, à Doha dans une réunion tripartite avec l’émir du Qatar. Qu’en retirez-vous?

Félix Tshisekedi – La réunion s’est déroulée dans une ambiance conviviale. Le travail avait été effectué en amont par les émissaires qatariens. J’avais rencontré l’un d’eux mi-février, en marge de la conférence de Munich sur la sécurité. La suite reste à déterminer, car le préalable à tout cela était le cessez-le-feu immédiat et inconditionnel. Les discussions doivent se poursuivre pour un règlement durable.

Une médiation entre la RDC et le M23, groupe soutenu par le régime rwandais, qui occupe une partie de l’est de votre pays, a effectivement échoué mardi en Angola. Comment expliquez-vous le refus du M23 d’y participer?

Ce refus du M23 confirme aux yeux de l’opinion publique tant nationale qu’internationale que ces violents activistes sont des pantins qui attendent de recevoir des ordres pour agir. Ils sont hostiles à la paix et motivés par une soif d’enrichissement personnel, qu’ils assouvissent dans chaque localité qu’ils occupent. Dans ces conditions, je ne vois pas comment on peut construire quelque chose de solide et de véritable avec ces inféodés. Il valait donc mieux discuter avec leur mentor. La recherche d’une solution définitive à la crise congolaise est guidée par les processus de dialogue de Luanda et de Nairobi, initiés par l’Union africaine, ainsi que par les organisations régionales soutenues par les Nations unies. La résolution 2773, votée à l’unanimité par le Conseil de sécurité de l’ONU, fin février, exige le retrait immédiat des troupes rwandaises du territoire congolais et la fin du soutien militaire rwandais au M23. Elle exhorte le groupe à caractère terroriste à cesser les hostilités et à se retirer des zones sous son contrôle.

Le M23 prétend que ce sont les institutions internationales qui «sabotent la paix» et qui vous renforcent dans votre «politique
belliciste» …

Ce conflit, nous le traînons depuis le génocide de 1994. Le régime rwandais a, d’abord, voulu poursuivre les responsables hutus du génocide dans une véritable chasse à l’homme, puis il vient aujourd’hui piller nos minerais critiques. Cela a eu pour conséquence la déstabilisation de la région depuis trente ans. Dans cinquante ans, la région des Grands Lacs comptera 1 milliard d’âmes. Si nous ne vivons pas en paix, et j’appelle à une paix définitive, je vous laisse imaginer la catastrophe. Je redoute de nouveaux massacres, si rien n’est fait.

Les récentes sanctions prises par l’Union européenne contre le M23 et le Rwanda servent-elles votre cause ou sont-elles contre-productives, comme le disent certains?

La communauté internationale se sentait responsable de ce drame et fermait les yeux sur les crimes commis en RDC. J’en veux pour preuve le rapport « Mapping » de 1993 à 2003 sur les exactions commises dans notre pays durant cette période, qui a été rangé dans les tiroirs des Nations unies. Comment peut-on accepter que certains achètent les matières stratégiques que le Rwanda vient piller chez nous, au prix du sang? C’est pour cela que je salue la décision de l’Union européenne de prendre des sanctions contre des militaires rwandais et des cadres du mouvement violent M23. Ces mesures viennent s’ajouter à celles prises par d’autres pays partenaires comme la Grande-Bretagne, le Canada et les États-Unis. Elles confirment qu’indubitablement l’agresseur de la RDC s’appelle le Rwanda.

Emmanuel Macron vous soutient-il alors que vos relations étaient plutôt fraîches il y a quelques années?

Oui, je l’ai eu au téléphone régulièrement ces derniers temps. Malgré son engagement sur le dossier ukrainien, il se dit toujours aux côtés du peuple congolais pour chercher la paix.

Faites-vous un lien entre l’offensive rwandaise lancée en ce début d’année et l’arrivée de Donald Trump au pouvoir?

Peut-être était-ce effectivement pour le pouvoir rwandais l’occasion de mettre le président américain devant le fait accompli… Comme les Russes en Ukraine, il est possible que les Rwandais aient voulu pousser leur avantage sur le terrain pour être en position de force si Donald Trump, épris de paix, décidait de s’impliquer dans ce dossier.

Voyez-vous d’un bon œil la nomination de Massad Boulos, le beau-père de la fille de Trump, comme envoyé spécial dans la région des Grands Lacs ? Pourriez-vous passer des accords avec les États-Unis, dont vous avez reçu un membre du Congrès dimanche dernier, pour l’exploitation de vos minerais?

Je ne peux pas juger Massad Boulos car je ne le connais pas. Pour ce qui est des minerais, nous avons commencé à discuter de partenariats stratégiques avec les États-Unis dès mon arrivée au pouvoir, en 2019, lors du premier mandat de Trump, mais la crise sanitaire a interrompu les discussions. Celles-ci ont continué avec l’Administration Biden et, depuis que Donald Trump est revenu, elles reprennent de plus belle. Ce que je veux absolument éviter, c’est un bradage, ou des accords à la va-vite pour, comme je l’ai entendu, sauver le régime. Le but est d’obtenir un partenariat gagnant-gagnant, qui permettra à la RDC de transformer ses minerais localement, de créer de la valeur ajoutée, de constituer une chaîne de valeurs. Dans la mesure du possible, la transformation des matières premières devra se faire ici avec des investisseurs qui participent à la construction d’infrastructures
énergétiques qui manquent à la RDC. Plutôt que d’acheter les produits volés chez nous à d’autres, il faut investir chez nous. Nous le faisons avec la Chine.

Êtes-vous déterminé à désarmer, de votre côté, les groupes armés comme le FDLR, constitué d’anciens génocidaires?

Mais bien sûr: désarmement, démobilisation et réinsertion. C’est ce que prévoit le processus de Nairobi avec l’éradication de tous les
groupes armés, locaux ou étrangers, opérant dans l’est de la RDC. Le FDLR est aujourd’hui une force résiduelle qui ne compte pas plus de 750 activistes et très peu d’anciens génocidaires. Le FDLR ne pèse rien par rapport au M23.

Pour garantir la paix, il faut aussi réformer l’armée de la RDC, réputée corrompue, mal payée, mal dirigée et sous-équipée…

Le vrai problème, c’est qu’elle n’est pas uniforme. Elle est hétéroclite, formée de l’intégration, par petits morceaux, de groupes armés ou de
miliciens. C’est un fourre-tout qu’il faut maintenant transformer en un seul corps, avec un seul état esprit. La réformer, c’est le prix à payer pour la paix et la sécurité. Dans ce but, j’ai rééquilibré certains contrats avec nos partenaires chinois qui exploitent nos richesses. Notre armée compte environ 100.000 soldats. La solde, qui était de 100 dollars par mois, a été relevée. Un militaire au front touche en moyenne 500 dollars.

Quelles sont vos relations avec Poutine?

Elles sont correctes. Nous ne sommes pas en froid alors que nous avions condamné l’agression de l’Ukraine, en son temps, aux Nations
unies. La RDC est un pays agressé, comme l’Ukraine.

Redoutez-vous une balkanisation de la RDC, grande comme quatre fois la France, ou que l’est du pays fasse sécession?

Non, car j’ai toujours cru en la volonté du peuple congolais de vouloir un Congo uni et indivisible. Je vous promets que ça n’arrivera pas, en tout cas pas de mon vivant.

Figaro/CC

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