La province de l'Ituri dans le Nord-est de la République démocratique du Congo, est toujours en proie à l'activisme des groupes armés. Dans ce contexte sécuritaire tendu, les forces armées de la République démocratique du Congo "FARDC" ont annoncé, vendredi 22 août, avoir récupéré les mines qui financent le groupe armé Zaïre/CRP.

A en croire le porte-parole de l'armée en Ituri, le lieutenant Jules Ngongo, il s'agit des mines se trouvant à Nizi, Mabanga, Dala et Kabarole, des localités des territoires de Djugu et d'Irumu, reconquises par les forces armées.

« Nous saluons la reconquête de Nizi, Mabanga, Dala et Kabarole par les forces armées de la République démocratique du Congo. De là, nous avons récupéré toutes ces mines qui constituaient votre source de ravitaillement, votre source d'achat d'armes parce que nous avons toutes les informations», a déclaré le lieutenant Jules Ngongo, dans une communication à la presse.

Dans la foulée, cet officier subalterne de l'armée indique que ces mines sont fermées en attendant l'arrivée d'une délégation de Kinshasa pour remettre de l'ordre.                                

« Ces mines sont fermées jusqu'à ce qu'une délégation viendra de Kinshasa pour remettre de l'ordre dans ce secteur. On est là, l'autorité de l'État est là et personne ne va y accéder. Et les richesses que vous pillez pour donner aux étrangers pour venir nous combattre. Nous avons touché là où ça vous fait mal et nous allons continuer à demeurer ainsi», a-t-il lancé.

Par ailleurs, les forces armées de la RDC ont récupéré 9 armes du type AK-47 et 60 munitions des mains du président des jeunes du groupement Dego, dans la chefferie des Bahema Badjere, territoire de Djugu. 

Selon le porte-parole de l'armée en Ituri, le lieutenant Jules Ngongo, c'est le résultat de la pression militaire exercée sur les miliciens Zaïre CRP.

Séraphin Banangana depuis Bunia



A moins de deux semaines de la rentrée scolaire, a constaté un reporter de Radio Okapi vendredi 22 aout, il n’y a pas d’engouement chez plusieurs couturiers de la ville de Kinshasa d'habitude envahis par des demandes de confection d’uniformes pendant cette période. Cette réalité est perceptible tant au marché central de la capitale (Zando) qu’à la cité.

Les couturiers rencontrés en train de coudre des uniformes à Zando, affirment que les commandes sont plutôt faibles. Et pour eux, la vente de ces articles par des écoles, les uniformes importés déjà cousus et le manque d’argent par les parents gâchent leurs affaires. 

D’habitude, en cette période, les couturiers sont inondés des commandes.  Cependant, cette année, coudre des uniformes ne semble pas intéresser les parents.

Pourtant, la rentrée scolaire approche. Elle est prévue le 1er septembre prochain. Des couturières rencontrées au marché central s’inquiètent de ce manque d’engouement :

« Nous ne savons pas comment nous allons vivre. La rentrée scolaire pointe à l’horizon mais il n’y a pas d’engouement de clients … Nous personnellement, nous avons confectionné beaucoup de tenues, mais les clients ne viennent pas. L’argent ne circule pas ».

Autre constat, selon elles, certains parents préfèrent acheter les prêts- à- porter venus de Chine et de Turquie plutôt que de se procurer des tissus et de confectionner auprès des couturiers sur place à Kinshasa.

Ces couturières demandent aux autorités compétentes de veiller à ce que les petites et moyennes entreprises ne subissent une concurrence déloyale par rapport aux importations. Cela permettrait, selon elles, de résoudre le problème de chômage et encourager la consommation des produits locaux.

radiookapi.net/CC



La situation sécuritaire dans l'Est de la République Démocratique du Congo continue à se détériorer suite à la poursuite des violences en dépit des initiatives diplomatiques en cours au niveau international. C'est dans ce cadre que les États-Unis d'Amérique appellent les parties prenantes à honorer leurs engagements.

D'après Dorothy Camille Shea, représentante permanente des États-Unis d'Amérique aux Nations-Unies, la poursuite des hostilités sur terrain met en mal les efforts de médiation en cours et aggrave davantage la situation sécuritaire déjà précaire.

"Monsieur le Président, les États-Unis attendent pleinement de la RDC et du Rwanda qu'ils respectent leurs obligations de cesser les actes hostiles et de résoudre les différends par des moyens pacifiques, par l'intermédiaire du Comité mixte de surveillance créé par l'accord de paix du 27 juin. Nous attendons également de la RDC et du M23 qu'ils agissent de bonne foi, conformément à la Déclaration de principes signée à Doha, par laquelle les deux parties se sont engagées à un cessez-le-feu permanent. La poursuite des hostilités est contraire aux accords signés par les parties", a déclaré vendredi 22 août devant le conseil de sécurité de l'ONU Dorothy Camille Shea.

Au nom de l'administration Trump, la diplomate américaine appelle le Conseil de sécurité à sanctionner « les saboteurs » du processus de paix en République Démocratique du Congo.

"Les États-Unis demanderont des comptes aux saboteurs de la paix et nous appelons les membres du Conseil à faire de même. L'accord de paix et la Déclaration de principes sont publics. Cela vise à la fois à garantir que les populations de la région puissent envisager une voie vers la paix et la prospérité, et à garantir que toutes les parties respectent leurs obligations et leurs engagements. Nous avons déjà franchi une première étape dans ce sens le 12 août, lorsque les États-Unis ont sanctionné quatre entités produisant et commercialisant des minerais de conflit dans l'est de la RDC", a indiqué Représentante permanente des États-Unis d'Amérique.

Par ailleurs, la diplomate américaine a salué les différentes étapes déjà franchies dans le cadre de l'accord de Washington. Occasion pour elle, d'insister sur le respect du calendrier convenu.

"Monsieur le Président, nous saluons l'organisation par l'Union africaine de la première réunion du Mécanisme conjoint de coordination de la sécurité, le 7 août, qui a lancé le Concept d'opérations du Plan harmonisé pour la neutralisation des FDLR et la levée des mesures défensives par le Rwanda. Nous exhortons la RDC à mettre en œuvre immédiatement la phase de préparation et attendons le respect du calendrier, comme l'exige l'Accord de paix du 27 juin, y compris le retrait des forces rwandaises de la RDC", a martelé la représentante de l'administration Trump auprès des Nations-Unies.

Sur le terrain, la tension ne cesse de monter entre les Forces Armées de la République Démocratique du Congo et la rébellion de l'AFC/M23. Par des communiqués interposés, les deux parties s’accusent mutuellement de violations répétées du cessez-le-feu alors que le processus de paix de Doha marque le pas.

Après le rendez-vous manqué du 8 août dernier, les délégués du gouvernement congolais et ceux de l'AFC/M23 séjournent déjà à Doha au Qatar. Des sources proches de la médiation, a-t-on appris, il sera question au cours de ce nouveau round des discussions d'aborder la mise en œuvre des termes de la déclaration de principes en vue de parvenir à la signature de l'accord de paix.

Malgré la signature de la déclaration de principes, les engagements mutuels censés poser les bases d’un futur accord de paix global peinent à se matérialiser. Les mesures de confiance considérées comme indispensables à la reprise des pourparlers début août en vue de parvenir à un accord de paix global restent jusque-là sans effet.

Clément MUAMBA 



Les représentants de Kinshasa et de l’AFC/M23 se trouvent de nouveau à Doha, au Qatar, dans le cadre de poursuite des discussions après la signature juillet dernier d'une déclaration des principes qui doit déboucher sur un accord de paix. Pour l'opposant Martin Fayulu, ces tractations ne devraient tabler que sur l'imposition d'un cessez-le-feu et l'application de la résolution 2773 de l'ONU. 

Sur X, le leader de la coalition Lamuka, esseulé par ses pairs de l'opposition à cause de sa rencontre en juin dernier avec Félix Tshisekedi, a estimé vendredi que le reste des préoccupations doit être réservé à l'éventuel dialogue inclusif, qui constitue le point de convergence de tous les opposants du régime en place. 

“La réunion de Doha ne doit poursuivre qu’un seul objectif : imposer le cessez-le-feu et l’application de la résolution 2773. Le reste relève du dialogue inclusif entre Congolais, sous médiation CENCO/ECC et avec l’appui de l’Union Africaine”, a-t-il écrit. 

Après le rendez-vous raté du 8 août dernier, les délégués de deux parties à Doha vont, au cours de ce nouveau round, d'aborder la mise en œuvre des termes de la déclaration de principes en vue de parvenir à la signature de l'accord de paix, a appris ACTUALITE.CD des sources proches de la médiation. 

“Des délégations du gouvernement de la RDC et du mouvement M23 sont arrivées hier au Qatar, où des négociations sont en cours afin de garantir la pleine mise en œuvre des termes de la Déclaration de principes et de parvenir à un accord de paix global et durable", a dit à ACTUALITE.CD une source à Doha. 

Si pour Kinshasa et Washington les négociations de cette semaine représentent une étape conclusive et cruciale du processus pour sceller la paix, la rébellion, elle, ne l'entend pas de cette oreille. L’AFC/M23 y va non pas pour un accord de paix, mais plutôt pour discuter sur les mécanismes de cessez-le-feu et la libération des prisonniers politiques. 

 

"Nous avons une délégation à Doha, mais nous affirmons aujourd'hui que ces délégués (2 personnes) sont mandatés par notre mouvement pour discuter des mécanismes de cessez-le-feu et de libération des prisonniers. Ils n'ont pas été mandatés pour discuter du projet d'accord proposé par la médiation et dont nous avons la confirmation qu'il a été conçu par le gouvernement congolais", a précisé un responsable de l'AFC/M23.

Ces nouveaux échanges se déroulent au moment où un rapport de Human Rights Watch et d'Amnesty International accable l’AFC/M23 pour la tuerie de plus 140 civils Hutu, dans le territoire de Rutshuru, près du parc national de Virunga, dans la province du Nord-Kivu, dans l'Est de la RDC. 

Samyr LUKOMBO



Alors que les tensions s’intensifient dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), notamment dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, le gouvernement congolais et l’AFC/M23 ont repris cette semaine les négociations de paix à Doha, au Qatar. Les délégations des deux camps sont arrivées dans la capitale qatarie jeudi 21 août, selon des sources proches des discussions. Jusqu’à ce vendredi matin, aucune information n’avait filtré concernant la composition de la délégation gouvernementale. Celle de l’AFC/M23 est, quant à elle, essentiellement constituée d’experts techniques.

Sur le réseau X, Massad Boulos, conseiller spécial du président Donald Trump pour l’Afrique, s’est félicité de la tenue des pourparlers. Il y voit une étape essentielle vers un accord de paix durable. « Les États-Unis sont encouragés par la poursuite des négociations entre la RDC et le M23, facilitées par l'État du Qatar. S'appuyant sur la signature en juillet de la Déclaration de principes entre la RDC et le M23, les pourparlers de cette semaine constituent une étape cruciale vers la conclusion d'un accord de paix qui permettra aux communautés de la région de vivre en paix après des décennies de conflit. »

Le conseiller du président américain a également appelé à la fin immédiate des violences contre les civils, soulignant l’importance de mesures concrètes pour garantir la stabilité et le respect des engagements pris par les différentes parties. Après un rendez-vous manqué le 8 août dernier, les États-Unis affichent un optimisme prudent. Washington espère que cette nouvelle reprise des échanges marquera le début d’une solution politique à un conflit qui n’a que trop duré. Les États-Unis suivent de près l’évolution de ces discussions. En juin dernier, Washington avait déjà facilité la signature d’une déclaration des principes entre la RDC et le Rwanda, marquant une avancée diplomatique dans la région. Cette fois encore, les États-Unis soutiennent activement les efforts de paix en cours à Doha.
 
opinion-info/CC


Absent tout au long du procès, le Ministère public de la RDC-République démocratique du Congo- a requis une peine de mort, ce vendredi 22 août 2025, à Kinshasa, contre l’ancien Président de la République Joseph Kabila Kabange pour complicité avec la rébellion M23/AFC, soutenue par le Rwanda

La justice congolaise lui reproche également pour trahison, complot, crimes de guerre, viol et apologies.

Il importe de rappeler qu' à l'audience d'hier jeudi à la Haute Cour Militaire, les vocats des parties civiles, représentant l’État congolais ainsi que les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, ont exigé du prévenu le paiement de 21,7 milliards de dollars de dommages-intérêts. Selon eux, l’ancien chef de l’État a soutenu l’armée rwandaise et les combattants du M23-AFC dans leurs opérations dans l’Est, provoquant une cascade de drames : villages incendiés, ressources pillées, pertes financières colossales et, surtout, des milliers de vies brisées.

Les dégâts matériels et économiques ont été chiffrés, mais la valeur de la vie humaine reste "inestimable", ont-ils précisé.

Serge Mavungu 

 


Le mouvement AFC/M23 continue de durcir son emprise sur les territoires qu’il contrôle à l’est de la RDC -République démocratique du Congo-, en imposant de nouvelles restrictions aux médias locaux. Ces mesures, qualifiées de "menaces graves contre la liberté de la presse", suscitent une vive inquiétude de la part de l’organisation JED -Journaliste en danger .

Dans un communiqué de presse publié par JED, l’organisation dénonce fermement les menaces proférées à l’encontre des professionnels des médias opérant dans la province du Sud-Kivu. Elle pointe du doigt les responsables de l’AFC/M23, en particulier le chef du département de la communication, des médias et des postes, M. Lawrence Kanyuka, qui a convoqué le lundi 18 août 2025 à Bukavu une réunion avec plusieurs responsables de radios, télévisions et médias en ligne.

Selon les informations recueillies par JED, lors de cette rencontre, les médias ont été sommés de se conformer à une note circulaire n°33 édictée unilatéralement par le mouvement armé. Cette réglementation impose une redevance annuelle, une autorisation de fonctionnement et une assignation de fréquence. Un détachement d’inspection serait même prévu prochainement afin d’appliquer ces mesures sous menace de fermeture immédiate pour les médias non conformes.

Plus encore, les journalistes ont reçu l’interdiction formelle de diffuser toute information considérée comme favorable au gouvernement congolais, aux FARDC -

Forces armées de la RDC-, ou aux milices locales Wazalendo, sous le prétexte d’un prétendu "principe de réciprocité" face aux restrictions imposées aux médias pro-M23 par Kinshasa.

JED qualifie ces décisions d’ingérence "inacceptable et illégale" dans le travail des journalistes, soulignant qu’elles constituent une atteinte grave à la liberté de la presse, au pluralisme de l’information et au droit du public à une information indépendante et équilibrée. L’organisation dénonce une tentative claire d’imposer une censure politique et idéologique dans des zones déjà fragilisées par les conflits armés.

Dans son communiqué, JED appelle au retrait immédiat des mesures imposées par l’AFC/M23, exige la fin des menaces contre les journalistes au Sud-Kivu, et insiste sur le respect de l’indépendance éditoriale, y compris dans les zones sous contrôle rebelle. Elle en appelle également à une mobilisation urgente de la communauté internationale et des organisations de défense de la liberté de la presse, afin de protéger les journalistes exposés à ces nouvelles formes de répression.

Pour JED, "la liberté de la presse ne peut être suspendue par des groupes armés". Elle demeure un droit fondamental, inaliénable, y compris en temps de conflit.

opinion-info/CC



Du 21 au 23 août 2025, la capitale congolaise vibre au rythme du festival Mudjansa, un événement inédit dédié aux danses urbaines, organisé dans le cadre du programme TransEnDanses. En mêlant spectacles, échanges et laboratoires artistiques, ce festival entend redonner toute sa place à une discipline en pleine structuration à Kinshasa.

Les festivités se déroulent à INA - institut national des arts, épicentre d’un projet qui dépasse le simple cadre de la performance artistique. L’ambition est claire : valoriser les spécificités techniques des danses urbaines tout en créant un pont interculturel entre la jeunesse congolaise et les artistes invités venus de Mayotte. Ces échanges prennent la forme d’ateliers, de spectacles et de sessions de réseautage.

Lors d’une conférence de presse tenue à la plateforme contemporaine, Jojo Kazadi, chorégraphe et initiateur du projet, a souligné l’importance de la pédagogie dans cette édition. « Nous voulons apporter aux jeunes un outil essentiel : la pédagogie. Il s'agit de leur apprendre à cibler leurs actions et à porter leurs danses vers des espaces souvent négligés, comme les écoles, les ONG, les orphelinats », a-t-il déclaré. Pour lui, les danses urbaines doivent devenir un levier d'inclusion sociale, d’éveil et de découverte de talents cachés.

Le festival est articulé en deux grandes phases : les laboratoires artistiques, initiés depuis le 11 août, et les spectacles publics qui débutent ce jeudi. Ces laboratoires offrent aux jeunes danseurs un espace d’expérimentation, de co-création et de réflexion sur les formes et les langages corporels contemporains.

Pour Fabrice Don de Dieu Bwabulamutima, coordonnateur de Kongo Drama, le choix du nom Mudjansa n’est pas anodin. Il revient sur la genèse de cette dynamique artistique : « Quand nous avons commencé ce projet, nous avons choisi le nom Mudjansa pour marquer l'appropriation. L'idée, c'est que nous ne soyons pas seulement appelés hip-hoppeurs, mais bien Mudjansa, ceux qui portent et réinventent nos danses urbaines dans leur originalité. »

Le programme des trois jours est riche et structuré. Ce jeudi 21 août, à 17h dans l’amphithéâtre 1, aura lieu la restitution des laboratoires artistiques, fruit de plusieurs jours d’expérimentation collective. Le vendredi 22, à la même heure, le public découvrira une création en cours (work in progress) dans la salle Le Gymnase. Enfin, le samedi 23 août, également à 17h, place au spectacle et à la compétition avec les battles de danses urbaines.

À travers cette édition zéro, les organisateurs posent les jalons d’une initiative appelée à se pérenniser. Le festival Mudjansa, à la croisée des chemins entre expression artistique et engagement communautaire, s’impose déjà comme un catalyseur pour la structuration des danses urbaines à Kinshasa.

Gloire Balolage 

 

 

A Propos

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Ali Kalonga

Directeur de la Rédaction

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