Le Bureau de l'Assemblée nationale invite tous les Députés nationaux proclamés provisoirement élus le dimanche 14 janvier 2024 par la Commission électorale nationale indépendante (CENI) à participer à la séance d'ouverture de la session extraordinaire du début de la législature 2024-2028. Cette séance se tiendra au Palais du Peuple le lundi 29 janvier 2024 à 13 heures, sous la présidence du Secrétaire général de l'Assemblée nationale. Cette information découle d'un communiqué rendu public par l'Assemblée nationale ce jeudi 18 janvier 2024.

Le communiqué souligne que le Bureau de l'Assemblée nationale demande aux autorités civiles, militaires et policières de faciliter leur déplacement pour rejoindre Kinshasa dans les meilleurs délais.

La convocation de la session inaugurale est en conformité avec l'article 114 de la constitution, qui stipule que chaque chambre du parlement se réunit de plein droit en session extraordinaire le quinzième jour suivant la proclamation des résultats des élections législatives par la Commission Électorale Nationale Indépendante. Lors de cette session inaugurale, l'article 114 prévoit l'installation du bureau provisoire dirigé par le doyen d'âge assisté de deux députés nationaux moins âgés, la validation des pouvoirs des nouveaux élus, l'élection et l'installation du bureau définitif, ainsi que l'élaboration et l'adoption du règlement intérieur.

Le Secrétaire Général de l’Assemblée Nationale présidera la plénière d’ouverture de la session inaugurale, annonçant le nom du doyen d'âge et des deux élus moins âgés devant siéger au bureau provisoire de l'Assemblée nationale.

Cette quatrième législature de la troisième république verra Félix Tshisekedi réélu avec 73,47%, selon les chiffres de la Cour constitutionnelle. Avec les résultats provisoires des législatives nationales favorables à l'Union sacrée de la nation, sa famille politique, il devrait bénéficier d'un soutien parlementaire plus solide comparé à son premier mandat face au FCC de Joseph Kabila.

Clément MUAMBA



Le gouverneur de la province du Haut-Uélé, Christophe Baseane Nangaa, est accusé de « construire un village pour permettre à son frère Corneille Nangaa qui est devenu rebelle de venir entrer en RDC par là ». Réagissant à cette accusation, le frère à l’ex-président de la CENI, qui intervenait sur Top Congo FM, a tout balayé d’un revers de la main. 

« C’est faux. Tant que je suis gouverneur ici (province du Haut-Uélé : ndlr), il n’y aura jamais de telles aventures qui se permettraient d’endeuiller la population. Jamais et alors archi faux et ça ne pourra jamais se faire parce que le travail que nous avions abattu dans la province fait créer une conscience d’un amour particulier des enfants du Haut-Uélé par rapport à leur province. C’est peut-être une première qu’on dise qu’un rebelle vienne du Haut-Uélé ». 

Le gouverneur du Haut-Uélé a tout de même reconnu son appartenance biologique à son frère Corneille Nangaa : « Il est vrai que monsieur Corneille Nangaa, l’ex-président de la CENI est un frère du sang parce que nous sommes non seulement même père et même mère mais aussi je viens directement après lui. Ce n’est pas parce que lui a pris un chemin que nous sommes tous ensemble, non. Ce sont les gens qui estiment que c’est le moment de tout mélanger ; si nous avions le même chemin, je ne serais pas allé aux élections ; si nous avions le même chemin, on ne voterait pas le chef de l’Etat ; si nous avions un même chemin, notre papa (…) ne serait pas à l’aéroport pour accueillir le chef de l’Etat quand il est passé (…) ».

« Je ne sais pas quel genre de téléphone, quel genre de contact dois-je avoir avec lui (…) »

Christophe Baseane Nangaa a aussi nié tout éventuel contact avec son frère. « Je ne sais pas quel genre de téléphone, quel genre de contact dois-je avoir avec lui, et lorsque je me mets à dire à ses frères qui sont ici que ‘non faites un effort pour conscientiser notre frère à pouvoir nous rejoindre’. (…) Et je suis même convaincu que quel que soit son état aujourd’hui qu’on appelle rebelle, c’est un fils du pays qui a comme président de la République Félix Antoine Tshisekedi. Vous savez, cette province, nous l’avons gérée pendant cinq ans et il n’y a jamais eu de telles choses. Aujourd’hui, ç’attire l’attention de tout le monde et je demande aux services de nous aider à renforcer encore davantage la sécurité et ce que nous faisons déjà, c’est beaucoup parce que nous constituons ce tampon là… Non, ça ne passera jamais par nous et nous collaborons avec les services pour parler de menace. Nous avons un conseil de sécurité chaque mardi et par moment le conseil de sécurité extraordinaire. Nous félicitons Kinshasa d’avoir envoyé enfin beaucoup de renforts, c’est ce qui est bon parce que nous étions comme dégarnis ». 

Au nombre de griefs portés contre le gouverneur du Haut-Uélé sur son complot avec son grand-frère devenu rebelle, figure aussi sa collaboration avec l’un des conseillers de Corneille Nangaa.

« Je ne sais pas qui l’a nommé ainsi. Lorsqu’il s’est agi rien que de la création de son parti politique, mes frères qui travaillaient dans mon cabinet qui s’étaient affichés comme tels avec lui, je les ai mis à la porte. Une chose est de dire que ‘bon voilà, je travaille avec ses collaborateurs’. Mais, une autre chose est aussi de comprendre ma situation. Je suis Christophe Baseane Nangaa, fils de Nangaa, alors qu’est-ce qu’on veut ? Que je change de nom parce que mon frère est allé vers la rébellion ? Je pense bien que ce que je suis en train de faire est déjà suffisant d’abord pour garantir la famille que rien ne nous arrivera. Parce que le chef de l’Etat ne nous a pas vomis et puis le chef de l’Etat n’est pas celui là qui va en guerre pour la guerre, non. Le chef de l’Etat connaît qu’une infraction est individuelle, les services sont ici, ils n’ont qu’à établir ces liens et puis pas de liens fabriqués parce que je vois très mal que j’aie deux maitres, ça se saura facilement ». 

Lire aussi : RDC : Christophe Baseane Nangaa, gouverneur de la province de Haut-Uele, convoqué à Kinshasa

Bienvenu Ipan



Pour des raisons académiques, Joseph Kabila Kabange, ancien Chef de l'État et sénateur à vie, ne sera pas présent à la cérémonie d'investiture du Président Félix Tshisekedi prévue ce samedi 20 janvier 2024 au Stade des Martyrs de la Pentecôte à Kinshasa.

Selon Serge Tshibangu, Haut représentant du chef de l'État Félix Tshisekedi, Kabila a reçu une triple invitation en raison de ses différentes qualités : en tant qu'ancien chef de l'État, membre du Sénat, et en tant que Congolais. Cependant, malgré ces invitations, Joseph Kabila ne sera pas présent à l'événement.

"Conformément au programme académique contraignant annoncé récemment par l'Université de Johannesburg, le Président de la République honoraire Joseph Kabila Kabange séjourne depuis peu dans la capitale économique sud-africaine afin de faire face aux évaluateurs scientifiques de la thèse de doctorat qu'il défendra bientôt dans cette Institution académique de la nation sœur d'Afrique du Sud", a déclaré Barbara NZIMBI, sa conseillère en communication, à ACTUALITE.CD.

La cérémonie d'investiture de Félix Tshisekedi marque la phase suivante du processus électoral, suivant l'arrêt de la Haute Cour confirmant les résultats proclamés par la Commission électorale nationale indépendante (CENI). Malgré des allégations d'irrégularités et de fraudes pendant les élections de décembre 2023, les principaux candidats de l'opposition n'ont pas saisi la Cour constitutionnelle, remettant en question son indépendance.

Il convient de rappeler que Joseph Kabila et son parti politique, le Front Commun pour le Congo (FCC), ont refusé de participer au processus électoral actuel, exigeant des conditions préalables telles que la recomposition de la CENI et la nomination de nouveaux juges à la Cour constitutionnelle.

actualite.cd/CC



Congolais et Congolaises,
Combattants de l'Indépendance aujourd'hui victorieux,
Je vous salue au nom du gouvernement congolais.
À vous tous, mes amis, qui avez lutté sans relâche à nos
cotés, je vous demande de faire de ce 30 juin 1960 une date
illustre que vous garderez ineffablement gravée dans vos
cœurs, une date dont vous enseignerez avec fierté la
signification à vos enfants, pour que ceux-ci à leur tour
fassent connaître à leurs fils et à leurs petits-fils l'histoire
glorieuse de notre lutte pour la liberté.
Car cette Indépendance du Congo, si elle est proclamée aujourd'hui dans l'entente avec
la Belgique, pays ami avec qui nous traitons d'égal à égal, nul Congolais digne de ce
nom ne pourra jamais oublier cependant que c'est par la lutte qu'elle a été conquise
(applaudissements), une lutte de tous les jours, une lutte ardente et idéaliste, une lutte
dans laquelle nous n'avons ménagé ni nos forces, ni nos privations, ni nos souffrances,
ni notre sang.
Cette lutte, qui fut de larmes, de feu et de sang, nous en sommes fiers jusqu'au plus
profond de nous-mêmes, car ce fut une lutte noble et juste, une lutte indispensable pour
mettre fin à l'humiliant esclavage qui nous était imposé par la force.
Ce que fut notre sort en 80 ans de régime colonialiste, nos blessures sont trop fraîches et
trop douloureuses encore pour que nous puissions le chasser de notre mémoire. Nous
avons connu le travail harassant exigé en échange de salaires qui ne nous permettaient
ni de manger à notre faim, ni de nous vêtir ou nous loger décemment, ni d'élever nos
enfants comme des êtres chers.
Nous avons connu les ironies, les insultes, les coups que nous devions subir matin, midi
et soir, parce que nous étions des nègres. Qui oubliera qu'à un Noir on disait « tu », non
certes comme à un ami, mais parce que le « vous » honorable était réservé aux seuls
Blancs ?
Nous avons connu que nos terres furent spoliées au nom de textes prétendument légaux
qui ne faisaient que reconnaître le droit du plus fort.
Nous avons connu que la loi était jamais la même selon qu'il s'agissait d'un Blanc ou
d'un Noir : accommodante pour les uns, cruelle et inhumaine pour les autres.
Nous avons connu les souffrances atroces des relégués pour opinions politiques ou
croyances religieuses ; exilés dans leur propre patrie, leur sort était vraiment pire que la
mort elle-même.
Nous avons connu qu'il y avait dans les villes des maisons magnifiques pour les Blancs
et des paillotes croulantes pour les Noirs ; qu'un Noir n'était admis ni dans les cinémas,
ni dans les restaurants, ni dans les magasins dits européens ; qu'un Noir voyageait à
même la coque des péniches, aux pieds du Blanc dans sa cabine de luxe.
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Qui oubliera enfin les fusillades dont périrent tant de nos frères, les cachots dont furent
brutalement jetés ceux qui ne voulaient plus se soumettre au régime d'une justice
d'oppression et d'exploitation ? (Applaudissements.)
Tout cela, mes frères, nous en avons profondément souffert.
Mais tout cela aussi, nous que le vote de vos représentants élus a agréés pour diriger
notre cher pays, nous qui avons souffert dans notre corps et dans notre cœur de
l'oppression colonialiste, nous vous le disons tout haut, tout cela est désormais fini.
La République du Congo a été proclamée et notre cher pays est maintenant entre les
mains de ses propres enfants.
Ensemble, mes frères, mes sœurs, nous allons commencer une nouvelle lutte, une lutte
sublime qui va mener notre pays à la paix, à la prospérité et à la grandeur.
Nous allons établir ensemble la Justice sociale et assurer que chacun reçoive la juste
rémunération de son travail. (Applaudissements.)
Nous allons montrer au monde ce que peut faire l'homme noir quand il travaille dans la
liberté, et nous allons faire du Congo le centre de rayonnement de l'Afrique tout entière.
Nous allons veiller à ce que les terres de notre patrie profitent véritablement à ses
enfants. Nous allons revoir toutes les lois d'autrefois et en faire de nouvelles qui seront
justes et nobles.
Nous allons mettre fin à l'oppression de la pensée libre et faire en sorte que tous les
citoyens puissent jouir pleinement des libertés fondamentales prévues dans la
déclaration des Droits de l'Homme. (Applaudissements.)
Nous allons supprimer efficacement toute discrimination quelle qu'elle soit et donner à
chacun la juste place que lui vaudra sa dignité humaine, son travail et son dévouement
au pays.
Nous allons faire régner, non pas la paix des fusils et des baïonnettes, mais la paix des
cœurs et des bonnes volontés. (Applaudissements.)
Et pour tout cela, chers compatriotes, soyez sûrs que nous pourrons compter, non
seulement sur nos forces énormes et nos richesses immenses, mais sur l'assistance de
nombreux pays étrangers dont nous accepterons la collaboration chaque jour qu'elle sera
loyale et ne cherchera pas à nous imposer une politique, quelle qu'elle soit.
(Applaudissements.)
Dans ce domaine, la Belgique qui, comprenant enfin le sens de l'histoire, n'a pas essayé
de s'opposer à notre indépendance est prête à nous accorder son aide et son amitié, et un
traité vient d’être signé dans ce sens entre nos deux pays égaux et indépendants. Cette
coopération, j'en suis sûr, sera profitable aux deux pays. De notre côté, tout en restant
vigilants, nous saurons respecter les engagements librement consentis.
Ainsi, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur, le Congo nouveau, notre chère République que
mon gouvernement va créer, sera un pays riche, libre et prospère. Mais pour que nous
arrivions sans retard à ce but, vous tous, législateurs et citoyens congolais, je vous
demande de m'aider de toutes vos forces.
Je vous demande à tous d'oublier les querelles tribales qui nous épuisent et risquent de
nous faire mépriser à l'étranger. Je demande à la minorité parlementaire d'aider mon
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gouvernement par une opposition constructive et de rester strictement dans les voies
légales et démocratiques.
Je vous demande à tous de ne reculer devant aucun sacrifice pour assurer la réussite de
notre grandiose entreprise.
Je vous demande enfin de respecter inconditionnellement la vie et les biens de vos
concitoyens et des étrangers établis dans notre pays. Si la conduite de ces étrangers
laisse à désirer, notre justice sera prompte à les expulser du territoire de la République ;
si par contre leur conduite est bonne, il faut les laisser en paix, car eux aussi travaillent à
la prospérité de notre pays.
L'Indépendance du Congo marque un pas décisif vers la libération de tout le continent
africain. (Applaudissements.)
Voilà, Sire, Excellences, Mesdames, Messieurs, mes chers compatriotes, mes frères de
race, mes frères de lutte, ce que j'ai voulu vous dire au nom du gouvernement en ce jour
magnifique de notre Indépendance complète et souveraine. (Applaudissements.)
Notre gouvernement, fort, national, populaire sera le salut de ce peuple.
Hommage aux combattants de la liberté nationale !
Vive l'lndépendance et l'Unité Africaine !
Vive le Congo indépendant et souverain !
(Applaudissements prolongés.)
Patrice Emery Lumumba, Premier Ministre



Le président de l'ABT -Armée des Bâtisseurs Tshisekedistes-, Fils Mukoko, a, dans un point de presse tenu ce mardi 16 janvier, jeté des fleurs aux élus et réélus des élections législatives en RDC -République démocratique du Congo-, avant de tirer à boulets rouges sur Gentiny Ngobila, qui, à l'en croire, décide de marcher contre la volonté du Chef de l'État, Félix Tshisekedi. 

À en croire celui qu'on appelle désormais "Baba de la jeunesse congolaise", Gentiny Ngobila a été révoqué de la tête de la ville de Kinshasa, pour des raisons fondées; le voir se rendre à l'Hôtel de ville avec tous les honneurs dignes d'un gouverneur, c'est nier le pouvoir en place.  

"Au moment où nous parlons, j'ai l'impression que les gens ont besoin de s'éterniser coûte que coûte au pouvoir. Cher Gentiny Ngobila, on vous a suspendu pour des raisons fondées. Se rendre dans un bureau de l'État avec tous les honneurs dignes d'un gouverneur, c'est nier le pouvoir en place. N'agissez pas sous le coup de l'émotion. On ne défie pas le pouvoir dont vous faîtes partie", a déclaré Fils Mukoko, à l'attention de Gentiny Ngobila. En entendant par là, ce dernier se verse de l'essence et du feu, en s'opposant aux dictats du VPM de l'Intérieur, et, par ricochet, aux dictats du Chef de l'État.

Il a, dans la foulée, signalé que Gecko Beya n'est pas impliqué dans les actes de vandalisme commis au siège de l'ACP -Alliance des Congolais Progressistes- de Gentiny Ngobila, situé sur Sendwe. Car, précise-t-il, Gecko Beya n'est plus à la tête des Forces du Progrès.

Ben Dongoko



À l'occasion de la commémoration des 63ème et 23ème anniversaires des assassinats de Patrice-Emery Lumumba et Laurent-Désiré Kabila, les débats portent sur ce qui reste de leur héritage politique.

Professeur des sciences politiques à l’Université de Kinshasa (Unikin), Michel Bisa Kibul relève, à travers une série d'interrogations basées sur l'hymne national de la RDC, plusieurs défaillances relatives à la conservation des idéaux politiques de deux héros nationaux.

‘Debout congolais’. « Sommes-nous effectivement debout ? », s'interroge Michel Bisa. Selon lui, le peuple congolais serait actuellement « couché » parce que l'État ne lui a pas donné suffisamment de raisons de rester debout, de vivre ou de mourir pour des causes supérieures attachées à la nation.

‘Unis par l’effort, unis dans l’effort’. « Est-ce que nous sommes unis ? », demande Michel Bisa sur cette partie de l'hymne national congolais. Il évoque les différentes tensions tribalo-ethniques, basées essentiellement sur le discours de haine développé notamment pendant le processus électoral en RDC. « Or, rappelle-t-il, même Kasavubu, adversaire politique de Lumumba, avait exigé sa libération et sa participation à la table ronde ayant abouti à l’indépendance ».

L'hymne national de la RDC appelle le peuple à dresser les ‘fronts, longtemps courbés’. « Est-ce que nos fronts sont dressés aujourd’hui ? », s'interroge ce politologue. L'agression permanente dont est victime la RDC de la part des voisins et d'autres partenaires suscite encore plus de réflexion sur la question. Selon lui, l'acceptation par Nairobi de la création d'un mouvement subversif à l'instar de l'Alliance du fleuve Congo (AFC) par Corneille Nangaa, ancien président de la Céni, pour combattre le pouvoir de Kinshasa est une preuve de la faiblesse congolaise face au Kenya.

La paix, l’assurance de la ‘grandeur’ du pays et de son peuplement sont parmi les matières abordées par l'hymne national. À ce sujet, Michel Bisa note les massacres perpétuels dans l'Est de la RDC et l'occupation d'une partie du territoire national par le Rwanda sous couvert du M23.

« Avec quelle qualité d’hommes avons-nous peuplé notre pays ? », s'interroge-t-il.

Il déplore l'absence des mécanismes mis en place pour « léguer » aux enfants congolais l'héritage reçu notamment de Patrice-Emery Lumumba et Laurent-Désiré Kabila.

Il plaide ainsi pour la revalorisation de l'éthique et la moralisation dans la vie quotidienne et publique, afin de lutter efficacement contre les trois agressions dont la RDC est victime : l'agression armée, l'agression de la faim et l'agression des vices. « Nous devons mettre fin aux antivaleurs », conclut-il.

Bruno Nsaka



La RDC commémore ce mercredi 17 janvier, la mort du premier Premier ministre congolais, Patrice-Emery Lumumba, assassiné, il y a 63 ans à Élisabethville (aujourd’hui Lubumbashi), au Katanga. 

L’un des pères de l’indépendance du Congo, Lumumba est aussi une figure emblématique des indépendances africaines. 

Le discours qu’il avait prononcé le 30 juin 1960, au cours de la cérémonie célébrant l’indépendance de l’ex-Congo belge, est resté dans les annales.  

Lumumba y rappelle la longue lutte, « ardente et idéaliste », du peuple congolais jusqu’à la souveraineté.  

« Plus de 60 ans après sa mort, Lumumba incarne toujours et plus que jamais l’idée d’une grande nation congolaise qu’il voulait forte, une et indivisible », disait de lui, le 30 juin 2023, le prix Nobel de la paix, Denis Mukwege. 

Patrice-Emery Lumumba rêvait d’un Congo puissant au cœur de l’Afrique et catalyseur du développement de notre continent, avait-il souligné.  

Evoquant ce héros national, le professeur Justin Haguma, docteur en histoire déclarait le 15 janvier 2023 :  

« Nos héros nationaux sont pour nous un patrimoine. Leur existence constitue pour tout un peuple un engrais qui peut faire germer aujourd’hui des réalisations héroïques. Pour cela, il faut arriver à construire un patriotisme sur le fondement des idéologies nationalistes de Laurent-Désiré Kabila et Patrice-Emery Lumumba ». 

 Pour le professeur Blaise Muya, recteur de l’Université Simon Kimbangu de Kinshasa (USK), « Patrice Emery Lumumba a pérennisé le combat de Simon Kimbagu pour l’indépendance non seulement politique mais aussi spirituelle. Simon Kimbangu avait préparé le terrain pour que Lumumba vienne pérenniser et Laurent-Désiré Kabila ». 

Depuis le 30 juin 2022, la relique de Patrice-Emery Lumumba, ramenée quelques jours auparavant de la Belgique, repose dans le mausolée à la place de l’échangeur de Limete/Kinshasa. 

radiookapi.net/CC



L’esquisse de l’Assemblée nationale de la prochaine législature s’est dégagée après la publication, dimanche aux premières heures, des résultats provisoires des législatives du 20 décembre dernier par la Commission électorale nationale indépendante (CENI).

L’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS/ Tshisekedi), parti présidentiel, arrive, selon ces résultats, en tête des forces politiques dans la Chambre basse avec 69 élus, suivis de l’Union pour la nation congolaise (UNC) et ses alliés, sous la houlette de Vital Kamerhe, qui a raflé 36 sièges. Les deux formations politiques, sur le volet des voix recueillies durant les législatives par l’ensemble de leurs candidats, forment également le duo de tête avec 1.664.049 voix glanées par l’UDPS/ Tshisekedi contre 903.928 voix en faveur de l’UNC et ses alliés.

Voici que comme au temps du Cap pour le changement -CACH-, cette coalition montée par Tshisekedi et Kamerhe à l’aune de la présidentielle de 2018, l’UDPS et l’UNC se retrouvent. Cette fois-ci auréolées du statut de deux premières forces politiques au sein de l’Assemblée nationale. Comme on se retrouve !

A l’instar des siamois, les deux formations ont, semble-t-il, le destin commun... du moins pour les cinq prochaines années encore durant lesquelles elles vont mener le peloton de l’Union sacrée de la nation (USN), cette famille politique née des cendres du CACH pour libérer le chef de l’Etat d’une épine dans sa jambe.

Kamerhe et son UNC, qui pèsent désormais 7,2% des sièges à l’hémicycle, sont rattrapés par le destin… probablement. Ils s’attendent, à n’en point douter, à être en avant-plan et à jouer un rôle plus important dans la mise en place des institutions pour la législature 2024-2029. Particulièrement, en ce qui concerne la formation du futur gouvernement, devant succéder à celui baptisé « équipe des Warriors » et conduit par Jean-Michel Sama Lukonde, sur le point de démissionner après son élection à Kasenga.

Figure quasi-incontournable du premier mandat de Félix Tshisekedi, l’ancien Dircab de ce dernier postule pour tenir les rênes au cours du quinquennat à venir, fort de trois autres sièges obtenus par l’entremise de la liste électorale du regroupement Alternative Vital Kamerhe 2018 (A/VK 2018). Autrement, Kamerhe, à lui seul, pèse 39 élus, soit quatre de plus que Modeste Bahati et ses alliés de l’Alliance des forces démocratiques du Congo (AFDC/A). Le Premier ministre Sama Lukonde, à la tête du regroupement « Agissons et bâtissons (AB) », arrive un peu loin derrière avec 26 sièges dans sa gibecière. 

La success-story du SG Kambale

Des observateurs de la scène politique congolaise, qui évoquent déjà une heureuse ironie du sort en faveur de Vital Kamerhe, mettent en exergue la capacité de l’UNC, dans ce contexte politique hyper concurrentiel, de tirer son épingle du jeu et de continuer à tenir son rang aux côtés de l’UDPS dans la très grande famille de l’USN. 

Les uns sont d’avis que ces résultats vont sortir des tiroirs certaines clauses de l’accord CACH, conclu à Nairobi en 2018. Particulièrement, celle relative à la Primature. En cette année-là, l’alors candidat Président de la République Félix Tshisekedi s’était allié avec Vital Kamerhe. Ce dernier s’était retiré de la course pour porter son « partenaire » jusqu’au sacre. VK avait la promesse d’être le Premier ministre. Ce qui n’était pas arrivé faute pour le CACH d’avoir une majorité au Parlement. Cinq ans plus tard, le train est repassé. Nous voilà dans une configuration qui place l’UNC en pole position pour prétendre prendre la succession de Sama Lukonde. 

Les autres par contre préfèrent s’incliner devant le quasi-parfait casting réalisé par Billy Kambale, président ai de l’UNC. Catapulté secrétaire général du parti kamheriste en juin 2021, Kambale, expliquent-ils, vient de prouver par a+b qu’il a les épaules pour diriger l’UNC, faisant davantage taire les critiques -y compris les plus acerbes- à son encontre.

Affectueusement surnommé « SG 5 étoiles », Kambale a offert à l’UNC sa moisson la plus abondante aux législatives. De 17 sièges en 2011 et 14 en 2018 à 36 élus en 2023, le parti a réalisé un bond très important et s’est adjugé des sièges dans des provinces où il a toujours fait piètre figure par le passé.

A Kinshasa comme au Kongo Central, l’UNC et ses alliés se sont offerts trois sièges, outre celui obtenu dans l’espace Bandundu grâce à Patrice Kitebi, élu à Kenge, dans le Kwango. Dans l’espace Equateur, le casting de Kambale a permis au regroupement de se taper trois sièges par l’action entre autres de Molendo Sakombi, qui s’est exilé à Mongala.

Le plus grand contingent d’élus pro Kamerhe provient de la Grande Orientale qui vient ainsi titiller le Grand Kivu, naturellement réputé bastion de l’UNC. Dix élus, dans chacune de ces deux régions, ont gagné le droit d’investir les travées du Palais du Peuple durant les cinq prochaines années.

L’UNC et ses alliés ont en plus réussi à faire bonne impression dans l’espace Kasaï, d’habitude archi-dominé par l’UDPS, en repartant de là avec 5 sièges dans son escarcelle. La moisson a cependant été maigre dans le Katanga avec seulement un seul siège conquis par l’entremise de Cedrick Tshizainga Kapumba, élu à Lubumbashi, chef-lieu du Haut-Katanga. 

Avec à son actif un tel résultat, estiment les mêmes observateurs, il est peu d’affirmer que Billy Kambale a signé une véritable success-story.

Ci-dessous la liste complète des 36 élus de l’A/A-UNC :

I. Kinshasa

Faustin Kaziteriko Kenda, élu de la Funa

Jean-Baudouin Mayo Mambeke, élu du Mont-Amba

Gaborian Mboma Kumeza, élu de la Tshangu

II. Kongo-Central

Guy Bandu Ngungidi, élu de Matadi ville

Edouard Samba Nsitu, élu de Seke Banza

Jonas Tsundu Tsundu, élu de Lukula

III. Kwango

Patrice Kitebi Kibol’mvul, élu de Kenge

IV. Mongala

Aimé Sakombi Molendo, élu de Lisala

V. Sud-Ubangi

Ernest Ndengo Bapalembi, élu de Kungu

VI. Tshuapa

Albert Lotana Lokasola, élu de Djolu

VII. Tshopo

Devaux Bolila Lola-Ga-Tshina, élu de Kisangani ville

Etienne Masanga Kisigay, élu d’Ubundu

VIII. Haut-Uélé

Joseph Bangakya Angaze, élu de Rungu

Jean-Pierre Kezamudru Musisiri, élu de Niangara

Etienne Andrito Alendo, élu de Faradje

Roger Abotome Bekabisya, élu de Watsa

IX. Ituri

Jefferson Abdallah Pene Mbaka, élu de Mambasa

Floribert Najabu Ngabu, élu de Djugu

Daniel Furaha Uma, élu de Mahagi

X. Bas-Uélé

Jean Bakomito Gambu, élu d’Isiro ville

XI. Nord-Kivu

Hubert Furuguta Mukasa, élu de Goma ville

Michel Moto Muhima, élu de Walikale

David Muhirwa Mutumayi, élu de Nyiragongo

Catherine Kathungu Furaha, élue de Butembo ville

XII. Sud-Kivu

Aimé Boji Sangara, élu de Walungu

Claude Misare Mugomberwa, élu d’Uvira

Théophile Basoshi Iubwe, élu de Fizi

Emile Sumaili Miseka, élu de Shabunda

Frédéric Bisimwa Batandi, élu de Kabare

Vital Kamerhe Lwa Kanyiginyi, élu de Bukavu ville

XIII. Sankuru

Gustave Ohaki Andiyo, élu de Katako-Kombe

XIV. Haut-Katanga

Cedrick Tshizainga Kapumba, élu de Lubumbashi ville

XV. Kasaï Central

Marcel Tshipele Ntumba, élu de Kananga ville

Martin Ntenda Ntenda, élu de Kazumba

XVI. Kasaï

Lajeunesse Mandjuandjua Mayembe, élu d’Ilebo

Adrien Bokele Ajema, élu de Dekese.

Edmond Izuba

 

A Propos

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Ali Kalonga

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