Auteur du premier but de l'histoire de la République démocratique du Congo en phase finale de Coupe du monde, Yoane Wissa a salué mercredi la résilience et la combativité des Léopards après le match nul (1-1) obtenu face au Portugal lors de leur entrée en lice au Mondial 2026.

« Mon but représente beaucoup. C'est beaucoup de travail, beaucoup d'abnégation, beaucoup de résilience. Une grosse fierté parce qu'on montre une belle image aujourd'hui de résilience, de combativité, face à ces joueurs », a déclaré l'attaquant congolais au micro de Top Congo.

Wissa a expliqué que son égalisation est née d'une combinaison travaillée sur coup de pied arrêté.

« C'est un corner qui est joué intelligemment à deux entre Arthur Masuaku et Mukau. Mukau fixe et Masuaku, je sais que souvent il le met au deuxième poteau. Moi, j'essaie de ne pas rester hors jeu et je saute. C'est beau d'émotion », a-t-il raconté.

L'attaquant est également revenu sur les difficultés traversées ces derniers mois, marqués notamment par son absence à la Coupe d'Afrique des nations en raison d'une blessure.

« J'ai raté la CAN à cause de la blessure. Cela a été une année très compliquée pour moi physiquement et émotionnellement. Ce soir, c'est une grande fierté pour moi. Aujourd'hui, je me rattrape de la plus belle manière », a-t-il ajouté.

Pour le joueur congolais, la prestation des Léopards dépasse le simple cadre sportif.

« L'équipe en face est meilleure que la nôtre. On a montré beaucoup de résilience, beaucoup de combativité. Même si ça ne va pas, continuer à avancer, c'est l'histoire de notre vie, c'est l'histoire du Congo. Ce soir, on sait qu'on ne se bat pas seulement pour les 26 joueurs qui sont là, mais pour les 100 millions de Congolais », a-t-il affirmé.

Côté portugais, le capitaine Cristiano Ronaldo a appelé son équipe à se projeter rapidement vers la suite de la compétition.

« Ce n'était pas le départ que nous voulions, mais cela est loin d'être terminé. Tête levée et focus sur le prochain match », a-t-il écrit sur le réseau social X.

Buteur dès la 5e minute, João Neves a lui aussi regretté de ne pas avoir pu offrir la victoire à son équipe.

« Je suis content, c'est mon premier Mondial. À la fin, ce qui nous a manqué, c'est la victoire. On va analyser le match et continuer. On a encore deux matches à jouer », a déclaré le milieu portugais.

Grâce à son match nul face au Portugal, la RDC décroche le premier point de son histoire en Coupe du monde et inscrit également son premier but dans la compétition.

actualite.cd/CC



À l’avant-dernière journée de la 31ᵉ édition de la Ligue nationale de football (LINAFOOT), le TP Mazembe s’est largement imposé face au CS Don Bosco (3-0), ce mercredi au stade Stade TP Mazembe. Le club de Kamalondo est même rassuré de revenir en Afrique.

Les Corbeaux n’ont pas tardé à prendre l’avantage. À la suite d’une offensive amorcée sur le flanc gauche, Patient Wassou s’infiltre dans la surface avant de servir Satala. Après un léger cafouillage devant la ligne de but, l’attaquant des Noir et Blanc parvient à pousser le ballon au fond des filets pour ouvrir le score (1-0).
 

À la 38e minute, Mazembe fait le break. Sur un coup franc parfaitement exécuté par Christopher Samangua, Patient Wassou surgit au second poteau et place une tête victorieuse hors de portée du gardien salésien (2-0).
 

Au retour des vestiaires, les hommes de Lamine N'Diaye poursuivent leur domination. Lancé en profondeur, Bongeli prend de vitesse la défense de Don Bosco, s’infiltre dans la surface et conclut avec beaucoup de sang-froid pour inscrire le troisième but des Corbeaux (3-0).
 

A ce succès, le TP Mazembe valide officiellement sa qualification pour la prochaine édition de la Ligue des champions de la CAF, rejoignant ainsi le FC Les Aigles du Congo parmi les représentants congolais. La dernière journée des playoffs s’annonce décisive et déterminera l’identité du champion de cette 31ᵉ édition de la LINAFOOT, avec un duel à distance entre le TP Mazembe et le FC Les Aigles du Congo pour le sacre national.

José Mukendi



L’émotion suscitée par le retour de la RDC à la Coupe du Monde continue de traverser le pays. Au lendemain du match nul historique (1-1) décroché par les Léopards face au Portugal, la gouverneure du Lualaba, Fifi Masuka, a exprimé sa fierté et celle de toute sa province à travers un message publié ce jeudi 18 juin 2026 sur X.

Depuis Kolwezi, où les autorités provinciales ont suivi avec attention la rencontre, Fifi Masuka a souligné la portée symbolique de ce résultat pour tout le peuple congolais après plus d’un demi-siècle d’attente.

« Ce soir à Kolwezi, avec toutes les autorités du Lualaba, nous avons vibré. 52 ans d’attente. La RDC retrouve la grande scène. 1-1 vs Portugal », a-t-elle écrit.

Pour la gouverneure, ce retour sur la scène mondiale constitue un moment historique qui dépasse le simple cadre sportif. Elle a tenu à rendre hommage aux joueurs congolais pour leur prestation face à l’une des grandes nations du football mondial.

« Bravo aux Léopards. Vous êtes une fierté nationale. »

Dans son message, Fifi Masuka a également mis en avant le soutien apporté à la sélection nationale par le président de la République, Félix Tshisekedi, qu’elle présente comme un acteur majeur de cette dynamique.

« Derrière vous se tient un chef, le Bâtisseur, le 1er sportif de la Nation : S.E. Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, à qui nous adressons nos sincères félicitations. »

Cette réaction s’inscrit dans la vague de messages de soutien et de félicitations qui se multiplient depuis la performance remarquée des hommes de Sébastien Desabre face au Portugal. Aux quatre coins du pays, responsables politiques, sportifs et citoyens célèbrent un résultat qui redonne à la RDC une visibilité internationale et nourrit l’espoir d’un parcours historique dans cette Coupe du Monde 2026.

À travers son message, la gouverneure du Lualaba traduit le sentiment de nombreux Congolais : celui d’une nation qui retrouve sa place sur la grande scène du football mondial et qui rêve désormais de voir les Léopards poursuivre leur aventure avec la même détermination et la même fierté.

Don Benjamin Makolo



La prestation remarquable des Léopards de la RDC face au Portugal (1-1), mercredi 17 juin 2026, lors de leur entrée en lice à la Coupe du Monde, continue de susciter des réactions à travers le continent africain. Ce jeudi 18 juin, le président du Burundi, Évariste Ndayishimiye, a adressé un message de félicitations à la sélection congolaise, saluant une performance qu’il considère comme une fierté pour toute l’Afrique.

Dans une publication sur le réseau social X, le chef de l’État burundais a rendu hommage au courage et à la détermination affichés par les hommes de Sébastien Desabre face à l’une des grandes nations du football mondial.

« J’adresse mes chaleureuses félicitations aux Léopards de la République démocratique du Congo pour leur brillante prestation hier lors de la Coupe du Monde », a-t-il déclaré.

Pour Évariste Ndayishimiye, le match livré par les Congolais dépasse largement le cadre sportif. Il estime que les Léopards ont porté haut les couleurs non seulement de la RDC, mais également de toute la sous-région est-africaine et du continent.

« Vous avez défendu les couleurs de la sous-région et de toute l’Afrique avec une détermination exemplaire, un talent remarquable et un esprit de combativité qui honorent notre continent sur la scène mondiale », a-t-il souligné.

Le président burundais a également mis en avant la portée symbolique de cette performance. Selon lui, l’engagement et la résilience démontrés par les Léopards illustrent la capacité de la jeunesse africaine à rivaliser avec les meilleures nations du monde lorsqu’elle bénéficie de confiance et d’opportunités.

Au-delà du résultat obtenu contre le Portugal, ce message traduit également la proximité diplomatique et fraternelle entre Bujumbura et Kinshasa. Dans la conclusion de son message, Évariste Ndayishimiye a tenu à adresser ses encouragements au président de la RDC, Félix Tshisekedi.

« Mon frère, le Président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, recevez l’expression de notre fraternité et de notre soutien indéfectible », a-t-il écrit.

Cette déclaration intervient dans un contexte où la RDC est devenue l’un des principaux porte-étendards du football africain lors de ce Mondial 2026. Après avoir tenu en échec le Portugal de Cristiano Ronaldo, les Léopards ont gagné le respect de nombreux observateurs et dirigeants africains, qui voient dans cette performance un motif de fierté pour l’ensemble du continent.

Le soutien affiché par le président burundais témoigne ainsi de l’élan de solidarité africaine suscité par le parcours des Léopards, dont les prochaines sorties seront suivies avec une attention particulière bien au-delà des frontières congolaises.

 Don Benjamin Makolo



Au lendemain du match nul historique (1-1) obtenu par les Léopards de la RDC face au Portugal lors de leur entrée en lice à la Coupe du Monde 2026, le président de la FECOFA, Véron Mosengo-Omba, a adressé un message de soutien et d’encouragement aux joueurs de la sélection nationale.

Dans une publication diffusée ce jeudi 18 juin 2026 sur X, le dirigeant du football congolais a salué l’engagement affiché par les hommes de Sébastien Desabre tout en reconnaissant les sentiments mitigés laissés par une rencontre que la RDC aurait pu remporter. « Comme des millions de Congolais, j’ai suivi cette rencontre avec passion, fierté et espoir. Ce match nul (1-1) nous laisse certainement des regrets, mais il témoigne aussi de votre combativité et de votre détermination à défendre les couleurs de notre nation », a-t-il écrit.

Pour Véron Mosengo-Omba, ce résultat ne doit pas être perçu comme une fin en soi mais comme une étape importante dans la progression du football congolais sur la scène internationale. Il a insisté sur la force de caractère démontrée par les Léopards face à l’une des nations les plus prestigieuses du football mondial.

« Chaque rencontre est une étape sur le chemin de nos ambitions. Vous avez montré du caractère, de l’engagement et cette volonté de ne jamais baisser les bras. C’est cet état d’esprit qui permettra à notre football de continuer à progresser. »

Le président de la FECOFA a également tenu à rendre hommage aux supporters congolais, particulièrement à celui qu’il a qualifié de « supporter en béton », présent dans les tribunes pour encourager les Léopards et faire rayonner les couleurs nationales à Houston. « Je voudrais également adresser une pensée particulière et un immense merci à notre supporter en béton, qui a effectué le déplacement pour vous soutenir, porter haut les couleurs de la RDC et faire résonner la ferveur congolaise dans les tribunes. »

Selon lui, cette présence symbolise l’attachement profond du peuple congolais à son équipe nationale et l’immense espoir suscité par le retour de la RDC sur la scène mondiale après plusieurs décennies d’absence.

Dans son message, Véron Mosengo-Omba a exhorté les joueurs à rester concentrés sur les prochains défis du tournoi. « Gardez la tête haute. Continuez à travailler, à croire en vos qualités et à avancer avec ambition. Toute la nation reste derrière vous. »

Avant de conclure par un message mobilisateur qui résume l’état d’esprit actuel autour de la sélection congolaise : « La route continue. Le combat continue. Et le rêve demeure intact. »

À travers cette adresse, le président de la FECOFA a voulu rappeler que malgré les regrets nés d’une victoire qui semblait à portée de main face au Portugal, les Léopards ont envoyé un signal fort au monde du football. Plus qu’un simple point pris dans le groupe K, cette prestation a renforcé la conviction qu’un exploit historique demeure possible pour une équipe portée par tout un peuple et déterminée à écrire une nouvelle page de l’histoire du football congolais.

Don Benjamin Makolo



Le président de la République démocratique du Congo, Félix Tshisekedi, en visite à Houston, aux États-Unis, s’est entretenu avec Frank W. Garcia Jr., secrétaire d’État adjoint américain chargé des Affaires africaines. Cette rencontre s’inscrit dans le cadre des échanges diplomatiques engagés entre Kinshasa et Washington en vue de renforcer leur partenariat stratégique. Les deux responsables ont passé en revue plusieurs dossiers prioritaires concernant la RDC et la région.

Au cœur des discussions figurait le renforcement de la coopération stratégique entre la RDC et les États-Unis. Les échanges ont notamment porté sur les modalités de collaboration dans les domaines politique et sécuritaire, ainsi que sur les initiatives communes destinées à consolider les relations bilatérales. Les deux parties ont souligné l’importance d’un partenariat renforcé pour répondre aux défis auxquels le pays est confronté.

La sécurité régionale a occupé une place centrale dans les pourparlers. Les deux délégations ont évoqué la nécessité de coordonner leurs efforts afin de favoriser la stabilité dans la région des Grands Lacs. À cette occasion, le président Félix Tshisekedi a rappelé que la paix constitue un préalable essentiel au développement économique et à la sécurité transfrontalière.

Les minerais critiques ont également figuré parmi les principaux sujets abordés. Ces ressources, indispensables à plusieurs industries technologiques, représentent un enjeu stratégique tant pour la RDC que pour ses partenaires internationaux. Les discussions ont porté sur leur gestion et leur valorisation dans une perspective de transparence, de création de valeur et de bénéfices mutuels.

La lutte contre l’épidémie d’Ebola a aussi été évoquée au cours de cet entretien. Les échanges ont mis en avant l’importance de la coopération sanitaire et du soutien international pour contenir les foyers épidémiques et renforcer les capacités nationales de riposte. Les deux parties ont insisté sur la nécessité d’un appui technique et logistique afin de protéger les populations et de prévenir de nouvelles flambées.

Les perspectives de coopération économique ont complété l’agenda de cette rencontre. Les discussions ont exploré plusieurs opportunités d’investissements et de partenariats susceptibles de stimuler la croissance en République démocratique du Congo, avec pour objectif de promouvoir un développement durable, créateur d’emplois et respectueux de la souveraineté nationale.

À l’issue de ces échanges, le chef de l’État a réaffirmé que la paix et le respect de la souveraineté de la RDC demeurent des conditions indispensables à la stabilité et à la prospérité de l’ensemble de la région des Grands Lacs.

opinion-info/CC



La RD Congo un retour soigné à la Coupe du monde. Les Léopards de Chancel Mbemba ont muselé le Portugal de Cristiano Ronaldo et arraché un point du match nul (1-1), précieux dans la course vers les 16es de finale.

Retour réussi pour les Léopards de la  RD Congo  ! Cinquante-deux ans après leur seule apparition en Coupe du monde, les Congolais ont tenu en échec le  Portugal , pourtant  prétendant à la victoire finale . Les hommes de Sébastien Desabre sont parvenus à empêcher  Cristiano Ronaldo  de marquer.

Une tempête tropicale avait beau menacer Houston, ça n'a pas empêché une marée rouge d'envahir le stade en soutien de la Seleçao. Avec les restrictions de visas, rares sont les supporters des Léopards ayant pu faire le déplacement pour ce match historique.

Sébastien Desabre  l'assurait en conférence de presse : il a un plan pour lutter contre le Portugal avec les armes des Léopards. Ce plan est un classique, un 3-5-2 qui tient plutôt du 5-3-2 en phase défensive, une solidarité sans faille d'un groupe qui se connaît par cœur après quatre ans sous la houlette du Français et des éclairs de Bakambu et Wissa.

Un mais et une domination stérile du Portugal

Mais ce qui a si bien fonctionné face aux grandes écuries du continent africain s'avère un peu juste face à l'armada portugaise. Après une immense passe à dix de près de six minutes, Neto, laissé seul côté gauche, s'applique pour servir Joao Neves. Le Parisien devance Tuanzebe et reprend de la tête sans laisser aucune chance à Mpasi (7 e , 1-0).

La RD Congo a pris un coup derrière la tête et semble impuissante face aux Portugais. La domination ibérique est totale, la possession de balle montante même jusqu'à plus de 80 % en faveur de la Seleçao par instants. Neto, Nuno Mendes et même Ronaldo se présentent tour à tour. La RD Congo repousse au courage. Paradoxe cependant : le Portugal doit attendre la 38 e  minute pour essayer un deuxième tir, mais la frappe de Bruno Fernandes passe à côté.

Les Congolais ont la foi et jouent crânement leurs chances. Et sur un centre de Masuaku, Wissa, complètement seul dans les six mètres, place une tête imparable. L'attaquant de Newcastle égalise juste avant la pause (45e +4 , 1-1). Le premier mais de l'histoire de son pays à la Coupe du monde.

La RD Congo tient bon

Au retour des vestiaires, les deux équipes se font coup pour coup et les arbitres ont fort à faire. Conceiçao cherche le penalty sur un centre parfait de Neto mais l'arbitre lui refuse (48 e ). Bakambu a trouvé dans le dos de la surface bute sur Diogo Costa et est signalé hors jeu (50 e ). Neves remise de la poitrine pour Cancelo, qui trouve la lucarne d'un retourné avant d'être douché par le drapeau levé de l'arbitre (55 e ). Bakambu trouve le poteau de Costa en puissance mais une faute est signalée au départ de l'action (58 e ).

La plus grosse occasion arrive juste à la pause fraîcheur. Conceiçao centre en retrait dans la surface. Cristiano Ronaldo se précipite pour reprendre alors que Bruno Fernandes semble mieux placé mais manque le cadre (67 e ). Puis l'éternel leader de la Seleçao bute sur Tuanzebe (73 e ).

Le bloc conçu par Desabre tient bon jusqu'au bout. Les Léopards auraient même pu espérer mieux. Mais les contres n'aboutissent pas : soit en raison d'un manque de justice dans le tir (77 e ) ou dans la passe (81 e ).

Faux départ pour le Portugal, qui bute sur la vaillance des Congolais. Pour les fans des Léopards en revanche, la fête sera belle à Kinshasa ce soir. Avec ce point pris contre l'ogre du groupe, ils peuvent espérer voir leur équipe se qualifier en 16 es  de finale.



 
 
« Si on gagne, je resterai un jour de plus avec vous », a déclaré le Président de la République démocratique du Congo (RDC), Félix Tshisekedi, à la diaspora congolaise, à son arrivée mardi à Houston, aux États-Unis d'Amérique, où il doit assister à la première rencontre des au Portugal, prévue mercredi, dans le cadre de la Coupe du monde 2026.
 
ACP/CC


Chaque 16 juin, la Journée de l’enfant africain met en avant les droits et les conditions de vie des enfants. En République démocratique du Congo (RDC), cette commémoration se déroule dans un contexte marqué par des progrès dans l’éducation, mais aussi par de fortes vulnérabilités liées à la pauvreté et aux conflits armés, selon les données de l’UNICEF et des Nations unies.

Accès à l’éducation : des avancées, mais encore des millions d’exclus

La RDC a enregistré des progrès importants dans l’accès à l’école primaire. Toutefois, les défis restent considérables.
Selon l’UNICEF, 7,6 millions d’enfants âgés de 5 à 17 ans ne sont toujours pas scolarisés dans le pays. D’autres estimations des Nations unies situent ce chiffre à environ 6,4 millions d’enfants non scolarisés à l’échelle nationale. 

Ces chiffres font de la RDC l’un des pays comptant le plus grand nombre d’enfants hors de l’école au monde. Les causes sont multiples : pauvreté des ménages, coûts indirects de l’école, inégalités entre zones urbaines et rurales et fragilité du système éducatif.

Parmi les enfants laissés en dehors du système éducatif : les enfants vivant avec un handicap dont les malvoyants et les aveugles. Face à cette situation, l’Association Voir avec le Cœur plaide pour l’intégration de l’écriture braille dans le système éducatif congolais. Selon l’organisation, cette intégration devrait passer par l’initiation des enseignants des écoles ordinaires à l’écriture braille. L’objectif est de faciliter l’accès à l’éducation pour les enfants malvoyants. Flavien Makaya, coordonnateur national de l’association, fait remarquer que les écoles spécialisées pour aveugles étant rares en RDC, il est nécessaire d’intégrer l’écriture braille dans les systèmes éducatifs congolais pour permettre aux enfants en situation de handicap visuel de pouvoir étudier dans les écoles ordinaires comme tous les autres enfants.

L’Est de la RDC : une crise éducative aggravée par la guerre

Dans les provinces de l’Est, la situation est particulièrement critique.
Selon des chiffres publiés en février 2025 par l’UNICEF :

  • plus de 1,6 million d’enfants sont privés d’école dans l’Est du pays,
  • plus de 2 500 écoles ont été fermées, détruites ou occupées,
  • et 795 000 enfants ont récemment perdu l’accès à l’éducation à cause des violences.

Les Nations unies indiquent également que les conflits ont provoqué le déplacement de plus de 6,5 millions de personnes, dont 2,6 millions d’enfants.
Dans ce contexte, les enfants sont exposés à de graves risques : recrutement par des groupes armés, violences sexuelles, enlèvements ou traumatismes psychologiques. L’ONU souligne que l’absence d’école les rend encore plus vulnérables à l’exploitation et aux abus.

En Ituri, près de 12 mille enfants vivant dans les sites de déplacés de Kigonze et de l’ISP, à Bunia, n’ont plus accès à une éducation régulière depuis leur déplacement en 2017, provoqué par les violences armées. Ils font également face à de nombreuses difficultés, notamment l’accès aux soins de santé et à l’alimentation, dans un contexte marqué par la réduction de l’aide humanitaire.

Au site de l’ISP, environ 2 000 autres enfants sont également privés d’éducation. Malgré la gratuité de l’enseignement dans les écoles publiques, les capacités d’accueil restent insuffisantes pour absorber tous les enfants déplacés. À Kigonze, la seule école fonctionnelle du site, conçue pour accueillir 500 élèves, en reçoit près du double. Les cours y sont assurés grâce à l’engagement d’enseignants déplacés qui travaillent bénévolement. À ces difficultés s’ajoute le manque de nourriture. Avec la faim au ventre, les enfants ont du mal à rester sur le banc de l’école.

Selon les responsables des sites, la dernière distribution alimentaire remonte à 2021. Pour le président du site de l’ISP, MAKI MUGENYI, cette situation compromet sérieusement l’avenir de nombreux enfants, dont certains passent désormais leurs journées dans les rues de Bunia :
« Malgré la gratuité de l’enseignement, il n’y a pas suffisamment de places dans les écoles pour accueillir tous nos enfants. C’est un grand regret pour nous, car beaucoup d’entre eux passent leurs journées dans les rues à mendier. D’autres ne rentrent même plus à la maison. »

La situation est similaire dans plusieurs autres sites de déplacés à travers la province de l’Ituri, notamment dans le territoire de Djugu, où vivent des milliers d’enfants affectés par les conséquences du conflit.

C’est aussi le cas dans l’Ouest du pays, où sévit la milice Mobondo, générée par un conflit intercommunautaire entre les ethnies Teke et Yaka dans les provinces du Kwilu et du Maï-Ndombe. Au Kwilu, les enfants déplacés par ce conflit vivent dans des conditions difficiles. Hébergés dans différents sites, ils manquent de soins et d’hygiène, rapporte la Division provinciale du Genre, Famille et Enfant.

Pour de nombreuses familles déplacées à travers la RDC, le retour de la paix dans leurs villages d’origine demeure la seule perspective pour permettre à leurs enfants de retrouver une vie normale.

Pas d’écoles : risques de recrutement dans les groupes armés 

Selon les Nations unies, l’insécurité persistante entraîne une hausse des violations graves contre les enfants, notamment :

  • le recrutement par des groupes armés,
  • les violences sexuelles,
  • les enlèvements,
  • et l’exploitation économique.

Au Nord-Kivu, bien que 125 enfants aient été retirés des groupes armés et réunifiés avec leurs familles, les risques de rerecrutement demeurent élevés en raison de l’insécurité persistante dans plusieurs localités, explique Raphaël Lumoo, point focal provincial du réseau :

« Les défis restent énormes par rapport à la réinsertion économique et sociale de ces enfants, puisque certains ont été réinsérés dans des zones où il y a encore des tensions, et l’engagement des leaders locaux dans ces entités reste nécessaire pour prévenir les cercles vicieux et éviter les retours dans les groupes armés. »

Il souligne également que les données de 2025, actuellement en cours d’actualisation, révèlent une situation toujours préoccupante dans l’Est du pays.

« Dans les cinq provinces de l’Est, plus de 32 314 enfants sont utilisés par environ 293 groupes armés. Pour la seule province du Nord-Kivu, plus de 10 000 enfants, parmi lesquels 1 457 filles et 8 909 garçons, sont dans les groupes armés », a-t-il fait savoir.

Dans ces conditions, l’éducation joue un rôle central, non seulement pour l’apprentissage, mais aussi pour la protection. L’UNICEF rappelle que l’école constitue un espace sûr permettant aux enfants de retrouver une certaine stabilité et d’accéder à un soutien psychosocial.

Le travail des enfants : une stratégie de survie pour les familles

La pauvreté pousse de nombreux enfants congolais à travailler pour soutenir leurs familles.
En juin 2025, l’UNICEF indiquait que 361 000 enfants étaient engagés dans des travaux dangereux dans certaines régions minières, notamment dans le Haut-Katanga et le Lualaba.

Ces enfants exercent souvent des activités pénibles et risquées, au détriment de leur santé et de leur scolarité. Dans les communautés minières, les programmes de l’UNICEF mettent en évidence les liens étroits entre pauvreté, abandon scolaire et exploitation économique des enfants.

La nécessité pour les familles de subvenir à leurs besoins reste l’un des principaux facteurs de ce phénomène, plaçant les enfants au cœur de stratégies de survie quotidiennes.

Au Kasaï Oriental, une réalité préoccupante s’impose à Mbuji-Mayi. Dans les allées de la morgue comme au cimetière, des enfants, parfois âgés de moins de 15 ans, sont mobilisés pour animer les cérémonies d’inhumation.
Ils sont là, instruments en main, certains à peine plus grands que leurs trompettes. Des enfants, recrutés pour accompagner les familles endeuillées jusqu’au cimetière. Une présence qui choque de nombreux observateurs. Christelle Kamuanya explique :

« Ce n’est pas gentil d’utiliser même les enfants de moins de 18 ans. Quand nous étions aussi enfants, quand on voyait qu’on amenait le cercueil, on nous disait d’entrer dans la maison. Maintenant, on commence à utiliser même les tout-petits enfants, ce n’est pas bien ».

Cette pratique choque les enseignants.

« Le temps que les enfants passent à la morgue, quitter même la morgue pour le cimetière, c’est pendant les heures de cours. Les enfants, encore mineurs, quittent l’école pour aller jouer au tambour, ce n’est pas du tout normal. Les enfants doivent étudier », déplore Joseph Kanyana, enseignant dans une école de la ville.

Pour ces jeunes, la motivation est souvent économique : quelques billets gagnés à chaque prestation, dans une province où la pauvreté pousse les familles à accepter l’inacceptable.

Marie-Claire Ngoya, coordonnatrice de Martia Group, dénonce aussi cette pratique :
« Ce n’est pas un bon travail. On va faire une sensibilisation auprès de ces maisons qui utilisent les enfants ; au lieu que les enfants soient à l’école, elles les utilisent pour un autre travail et là nous disons NON ! ».

Pour François Mukendi, chef de division provinciale des affaires sociales, il s’agit purement et simplement d’une exploitation des enfants.

Les organisations de protection de l’enfance appellent les autorités, mais aussi les familles, à protéger les enfants. Car, derrière les notes de musique, c’est une réalité plus sombre qui se joue.

La situation n’est pas plus reluisante dans la province voisine du Kasaï Central. Dans la ville de Kananga, certains enfants passent leurs journées à laver des motos à la rivière Nganza. Une activité qui leur permet de gagner un peu d’argent. Cependant, beaucoup d’entre eux ne fréquentent pas l’école.

À la rivière Nganza, des dizaines de motos sont stationnées. Parmi les laveurs de motos, on retrouve plusieurs enfants âgés de 11 à 17 ans. Ces derniers expliquent qu’ils exercent cette activité pour subvenir à leurs besoins face à la précarité de leurs familles.

Certains affirment avoir abandonné l’école faute de moyens financiers.

« J’ai abandonné l’école faute de moyens financiers. Je lave ces motos pour subvenir à mes besoins », raconte un jeune enfant.

D’autres, qui poursuivent encore leurs études, reconnaissent qu’ils n’ont presque plus de temps pour réviser leurs leçons après les cours :
« Je lave les motos pour gagner un peu d’argent. Je vais d’abord à l’école et, après les cours, je viens travailler ici », fait savoir un autre adolescent.

Préoccupé par cette situation, le coordonnateur de la Ligue de la zone Afrique pour la défense des droits des enfants et élèves (LIZADEEL) estime que cette situation compromet l’avenir de ces enfants. Jean Malhis Lungala plaide auprès du gouvernement provincial pour leur prise en charge :

« Nous plaidons auprès des autorités compétentes afin que ces enfants soient pris en charge et réintègrent l’école. »

Jean Malhis Lungala appelle également les parents à plus de responsabilité pour prendre en charge leurs enfants.

Un appel à l’action

À l’occasion de la Journée de l’enfant africain, l’UNICEF, les Nations unies et les organisations locales de la société civile appellent à redoubler d’efforts pour garantir les droits fondamentaux des enfants en RDC.

Les priorités sont claires :

  • améliorer l’accès à une éducation de qualité,
  • lutter contre le travail des enfants,
  • protéger les enfants dans les zones de conflit,
  • et soutenir les familles les plus vulnérables.

Dans un pays où les enfants représentent une grande partie de la population, leur protection et leur éducation sont essentielles pour construire un avenir stable et durable.

radiookapi.net/CC



Le Sénat de la République démocratique du Congo a adopté à l’unanimité dans la soirée de ce lundi 15 juin, la proposition de loi fixant les conditions d’organisation du référendum. Les 89 sénateurs présents ont voté en faveur du texte, déjà validé par l’Assemblée nationale, dans un climat politique tendu marqué par les critiques de l’opposition.

Réunis en plénière, les sénateurs ont adopté la proposition de loi à l’unanimité. Ce texte encadre désormais les modalités d’organisation d’un référendum en RDC.

Cette adoption intervient après un vote similaire à l’Assemblée nationale, confirmant la volonté du Parlement de doter le pays d’un cadre légal en la matière.

Une opposition vent debout contre le texte

Mais déjà après la validation du texte par l’orgasme délibérant il y a quelques jours, l’opposition politique avait rejeté fermement cette réforme, qu’elle considère comme une ouverture vers une révision constitutionnelle aux « intentions contestées ».

Le week-end dernier, la coalition de l’opposition C64, était descendue dans la rue pour manifester contre cette proposition de loi, qu’elle qualifie de « coup d’État constitutionnel ».

Selon ses leaders, cette initiative parlementaire viserait à préparer le terrain à une modification de la Constitution, notamment en vue de permettre un éventuel troisième mandat du président Félix Tshisekedi, dont le second mandat arrive à échéance en décembre 2028.

radiookapi.net/CC

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