Agé de 34 ans, l’international congolais Paul‑José Mpoku a annoncé, jeudi 5 mars, sa retraite en tant que joueur de football professionnel. Le milieu offensif de la RDC s’est exprimé dans une vidéo publiée sur ses réseaux sociaux.

« Officiellement, j’arrête ma carrière de football professionnel. C’était un plaisir de partager tous ces moments avec tous les collègues que j’ai côtoyés partout dans le monde. Tous ces directeurs, tous ces présidents. Merci à vous tous, merci à tout le monde », a déclaré Paul‑José Mpoku.

Le footballeur dit avoir accompli un rêve que beaucoup admirent :

« J’ai accompli ce que je voulais, j’ai accompli un rêve que beaucoup rêvent d’atteindre. Je me sens privilégié et très reconnaissant. J’ai toujours voulu donner du plaisir aux supporters en faisant des skills, en marquant des buts ».

Le désormais ancien Léopard a ensuite rassuré qu’il compte transmettre tout ce qu’il a appris sur le terrain à ceux qu’il côtoiera :

« On va essayer d’aider la prochaine génération à aller plus loin que nous. On est très heureux et excités pour la suite. Je suis très content ».

Né en février 1992, Paul‑José Mpoku a débuté sa carrière professionnelle en Belgique au Standard de Liège, où il a été formé de 2004 à 2008.

Au cours de son parcours, il a également évolué sous les couleurs de Cagliari et Chievo Vérone en Serie A italienne, du Panathinaikos en Grèce, de Konyaspor en Turquie, d’Al‑Wahda aux Émirats arabes unis, d’Incheon United en Corée du Sud, ainsi que du UTA Arad en Roumanie, où il a raccroché les crampons.

En juin 2024 Paul-José Mpoku a obtenu son diplôme d’entraîneur UEFA B (Union européenne des associations de football).

radiookapi.net/CC



Le derby de Ligue 1 (y compris pour la compétition Illicocash) entre le TP Mazembe et le FC Saint-Éloi Lupopo qui devait se joué dimanche O8 mars au stade de Kamalondo (stade du TP Mazembe) à Lubumbashi, a été interrompu à la mi-temps (0-0) en raison de violents affrontements entre supporters, d'envahissements de terrain et de troubles au stade. La rencontre a été arrêtée après des scènes de tension et des blessures. 
 
Principaux détails du match de mars 2026 :
  • Lieu :  Stade TP Mazembe, Lubumbashi.
  • Statut :  Abandonné avant la seconde mi-temps.
  • Contexte :  accélération à haute tension (0-0 à la mi-temps) avec jets de projectiles et dégâts au stade.
  • Rencontre précédente :  Le FC Saint-Éloi Lupopo a gagné 2-1 contre le TP Mazembe en novembre 2025. 
Informations contextuelles :
  • Cette rivalité est l'une des plus intenses de la République démocratique du Congo (RDC).
  • Les précédentes rencontres ont également été marquées par des problèmes de sécurité, ce qui a conduit par le passé à déplacer des matchs sur des terrains neutres. 

CC



Prévues les 9, 10 et 11 mars 2026, les élections des ligues de football de la RDC : la LIFNAJ, la LINAFF et la LINAFOOT, sont reportées aux 6, 7 et 8 avril prochain. Dans une correspondance datée du 6 mars, le Comité de normalisation (CONOR) de la Fédération congolaise de football association (FECOFA) a saisi les commissions électorales concernées pour demander un réaménagement du calendrier électoral.

Les élections au sein de ces ligues auraient dû se tenir depuis plus d’une année, mais leur organisation a déjà été reportée à plusieurs reprises.
Ce nouveau report s’explique notamment par des contraintes financières et logistiques, les fonds destinés à l’organisation des scrutins n’étant pas encore disponibles.

« Force est cependant de constater qu’à 72 heures de la tenue des élections prévues à partir du 9, les délégués de toutes ces ligues ne sont pas encore à Kinshasa faute de moyens financiers », peut-on lire dans cette lettre.

Le CONOR ajoute :

« Le compte bancaire devant recevoir les fonds provenant de la FIFA, destinés à l’organisation logistique, matérielle et financière des élections, n’est pas encore ouvert et les ressources nécessaires à la prise en charge des dépenses liées à cette organisation ne sont pas disponibles ».

Cette situation, « indépendante de la volonté » du Comité de normalisation, constitue un cas de force majeure, puisqu’elle empêche matériellement la mise en œuvre du chronogramme électoral tel que publié auparavant par la Commission électorale.

Pour l’instant, l’attente se prolonge. Les états-majors des candidats, déjà engagés dans la campagne, devront une nouvelle fois patienter.

radiookapi.net/CC



Revue de presse kinoise du vendredi 06 mars 2026.

La tempête politique qui secoue l’Union Sacrée de la Nation (USN) domine l’actualité de ce vendredi. Le débat sur la révision constitutionnelle, loin de s'apaiser, prend une tournure institutionnelle avec l'offensive lancée contre l'autorité morale de l'AFDC-A au sein de la chambre haute du Parlement.

Le Potentiel ouvre le bal en annonçant que le Sénat est en ébullition. Le quotidien rapporte qu’une motion de défiance a été officiellement initiée contre Modeste Bahati Lukwebo. Le journal explique que ce n'est pas un hasard si cette procédure survient juste après ses sorties médiatiques contre le projet de révision de la loi fondamentale. Pour le tabloïd, la majorité présidentielle a décidé de passer à la vitesse supérieure pour museler toute voix discordante interne, faisant de Bahati le premier « martyr » ou la première victime politique de ce débat clivant.

Dans la même veine, Actu30.cd apporte des précisions sur les griefs soulevés par les pétitionnaires : la motion ne se limite pas à la question constitutionnelle. Les initiateurs reprochent également à l’ancien président du Sénat un « manque de respect » envers le Chef de l’État, Félix Tshisekedi. Le portail d'information précise que le climat est devenu délétère dans les couloirs du Palais du peuple, où la loyauté envers le projet de révision devient, semble-t-il, le seul critère de survie politique.

Sur la fragilité de sa position, Forum des As se montre tout aussi incisif : « Pour s'être opposé à la révision constitutionnelle, Modeste Bahati désormais sur une chaise éjectable ». Pour ce quotidien, Bahati Lukwebo a franchi une « ligne rouge » que la machine politique de l'USN ne pouvait tolérer. Forum des As note que si Bahati tombe, cela enverra un signal clair à tous les autres poids lourds de la majorité : le projet de révision n'est pas négociable.

Le Phare complète ce tableau avec une analyse imagée : « USN : Bahati, un pied dedans, un pied dehors ! ». Le journal indépendant souligne que cette motion de défiance est une manœuvre pour « nettoyer » l'Union Sacrée de ses éléments réticents. Malgré les pressions, selon la source,  l'autorité morale de l'AFDC-A semble vouloir assumer sa position jusqu'au bout, transformant cette crise en un bras de fer personnel avec l'exécutif.

Pour sa part, Congo Nouveau voit derrière cette démarche de révision constitutionnelle une manœuvre de Félix Tshisekedi pour s'éterniser au pouvoir. L’hebdomadaire soutient que la polémique autour de Bahati Lukwebo n'est que l'arbre qui cache la forêt. Le véritable débat concerne le devenir de la démocratie congolaise. Le journal estime que Félix Tshisekedi est désormais à la croisée des chemins et que sa décision finale sur cette révision constitutionnelle déterminera sa place dans l'histoire : soit comme le bâtisseur de la stabilité, soit comme celui qui a succombé à la tentation du pouvoir à vie. « Le miroir de l'histoire » sera sans complaisance vis-à-vis des choix que le Chef de l’État posera dans les prochains mois, avertit l'analyste.

radiookapi.net/CC



À l’occasion de la Journée internationale des femmes célébrée ce 8 mars, le Secrétaire général des Nations unies, António Guterres, tire la sonnette d’alarme :
« À l’échelle mondiale, les femmes ne détiennent que 64 % des droits légaux dont bénéficient les hommes »

Une statistique choc, révélée dans son message officiel, qui met en lumière l’ampleur des discriminations encore inscrites dans les législations de nombreux États.
Le thème retenu cette année – droits, action et justice pour toutes les femmes et les filles – rappelle l’urgence d’agir pour combler ces inégalités systémiques.

Des discriminations légales qui influencent toute la vie des femmes

António Guterres souligne que dans de nombreux pays, la loi continue de limiter profondément les droits fondamentaux des femmes :

  • impossibilité de posséder des biens ou d’hériter au même titre que les hommes,
  • interdiction de travailler ou de voyager sans l’autorisation du conjoint,
  • restrictions dans le droit de divorcer,
  • absence de reconnaissance du viol conjugal, encore non criminalisé dans plus de 40 États,
  • obstacles à l’accès à l’éducation,
  • impossibilité pour certaines femmes de transmettre leur nationalité à leurs enfants.

Même dans les pays où des protections existent, les femmes peinent à accéder à la justice, en raison de discriminations persistantes ou d’une faible application des lois.

Les droits des femmes menacés par de nouvelles dynamiques

Si certaines inégalités juridiques datent de plusieurs siècles, le Secrétaire général de l’ONU observe également une nouvelle tendance inquiétante :

  • montée de l’autoritarisme,
  • instabilité politique croissante,
  • volonté renouvelée de renforcer des structures patriarcales.

Ces dynamiques fragilisent des acquis obtenus de longue lutte, notamment en matière de droits sexuels et reproductifs, de protection au travail ou d’égalité économique.

Appel à l’unité pour défendre les droits et la dignité des femmes

António Guterres appelle la communauté internationale à se mobiliser collectivement pour atteindre les objectifs du Programme d’action Beijing+30 et des Objectifs de développement durable (ODD) :

« En luttant contre les lois et pratiques discriminatoires – et en défendant les progrès déjà accomplis – nous pouvons garantir la dignité, les opportunités et la liberté que toutes les femmes méritent ».

Il conclut sur un message fort :

« Quand nous ne sommes pas égaux devant la loi, nous ne sommes pas égaux. Il est temps de faire de la justice une réalité pour les femmes et les filles, partout dans le monde ».

radiookapi.net/CC



La République démocratique du Congo a fait des progrès significatifs dans la promotion de l’égalité entre les femmes et les hommes, notamment grâce à la Constitution et à la loi n°15/013 de 2015 sur les droits de la femme et la parité. Malgré ces avancées, les femmes restent confrontées à des défis importants dans la participation politique, la sécurité et l’inclusion économique. 

C'est dans ce contexte qu'en marge de la Journée internationale des droits des femmes, le ministère du Genre, en collaboration avec la Fondation Friedrich Ebert, a organisé le vendredi 6 mars, un atelier de validation du décret d’application de cette loi, en vue de renforcer la gouvernance inclusive, favoriser le réseautage entre femmes de tous horizons et valoriser le leadership féminin, avec pour résultat la signature d’un protocole d’accord structurant et institutionnalisant l’égalité des sexes en RDC. La cérémonie s'est déroulée en présence de l'ambassadeur de la République fédérale d'Allemagne en RDC, Ingo Herbert et des associations féminines congolaises.

"C'est avec responsabilité et confiance que le ministère du Genre a pris la décision de conclure avec la Fondation Friedrich Ebert cette convention de partenariat que je place sous le credo de l'action pour une gouvernance inclusive qui va s'en suivre", a déclaré la ministre Chantal Ombae. 

Pour elle, "ce changement de paradigme signifie passer de la représentation symbolique à la participation décisionnelle des femmes; c'est passer du discours politique à la mécanisation structurelle de la parité; c'est faire de la rencontre entre la volonté politique que je représente et la force du terrain qu'incarne la société civile ". 

La ministre Chantal Ombae a remercié les représentants des organisations de la société civile sectorielles "pour le chemin tracé à côté du gouvernement. Aujourd'hui, avec le soutien de la Fondation, nous jetons les bases de mécanismes concrets. Nous ne sommes plus dans les promesses, nous sommes dans la construction et la matérialisation de nos énergies pour un partenariat fort et durable. Nous bâtissons ensemble les outils qui renforceront la gouvernance et l'efficacité des actions du ministère du Genre, Famille et Enfant et accélérons l'atteinte de l'ODD 5".

À l'en croire, "Ce partenariat signé va se greffer aux efforts du gouvernement de la République pour bâtir une société plus juste, plus égalitaire qui portera davantage la voix de la femme et de l'enfant non pas comme une option mais comme une exigence pour le progrès".

Et de souhaiter :

"Que ce partenariat soit le point de départ d'une nouvelle ère dans la conduite de politique nationale de mon ministère". 

Au cours de cette même cérémonie,  la ministre a procédé à l'inauguration du siège de la Fondation Friedrich Ebert (FES).

De son côté, le représentant résident de cette Fondation, Constantin Grund, a indiqué les objectifs poursuivis derrière cette maison inaugurée.

"En inaugurant cette maison la veille de la célébration de la Journée internationale des droits de la femme, nous envoyons aussi un message symbolique : les espaces de dialogue et de coopération doivent être des espaces ouverts à toutes et à tous — et particulièrement aux femmes, dont la voix est indispensable dans la construction de nos sociétés", a-t-il déclaré.

Avant de souhaiter: "que cette maison devienne un lieu de rencontres, de débats et d’inspiration; qu’elle contribue à renforcer les partenariats qui nous rassemblent; et qu’elle soit un espace où les idées pour plus de justice, plus d’égalité et plus de démocratie puissent grandir". 

Bienvenu Ipan 



Des réactions fusent de partout après la prise de position de Modeste Bahati Lukwebo sur le débat autour de la révision/changement de la constitution. Le parti présidentiel, l'Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) dit maintenir sa position dans ce débat. Son secrétaire général, Augustin Kabuya Tshilumba, l’a réaffirmé ce samedi 07 mars lors d’une matinée politique organisée au siège national à Limete, à Kinshasa.

Devant les cadres et militants du parti, Augustin Kabuya a soutenu que cette réflexion ne date pas d’aujourd’hui au sein de l’UDPS.

« Depuis 2024, toutes les structures de l’UDPS ont déjà discuté de cette question, notamment lors des États généraux des fédérations de l’intérieur et de l’extérieur. Pour nous, ce débat est déjà dépassé. Nous avons toujours estimé que cette Constitution devait être changée », a-t-il déclaré.

Le secrétaire général du parti présidentiel a également rappelé que cette position s’inscrit dans la continuité de la vision du fondateur du parti, Étienne Tshisekedi wa Mulumba.

« Notre père idéologique avait déjà prévenu que cette Constitution représentait un danger pour la République. Il avait même dit que le jour où l’UDPS accédait au pouvoir, cette Constitution serait changée », a-t-il affirmé.

L’UDPS évoque un débat ancien

Dans son intervention, Augustin Kabuya s’est interrogé sur les critiques formulées contre une éventuelle révision constitutionnelle. Il a rappelé que plusieurs dirigeants congolais ont déjà modifié la Constitution ou les textes fondamentaux par le passé. Il a notamment cité Mobutu Sese Seko, qui aurait modifié la Constitution à plusieurs reprises, ainsi que Laurent-Désiré Kabila et Joseph Kabila, dont certaines réformes institutionnelles ont marqué la vie politique du pays.

« Au nom de quels principes peut-on aujourd’hui menacer le régime de l’UDPS pour ne pas toucher à la Constitution ? », s’est-il interrogé.

Le secrétaire général de l’UDPS a assuré que le parti entend poursuivre sa réflexion sur la réforme constitutionnelle, tout en appelant au calme.

« Je vous assure : soyez calmes, nous allons toucher à la Constitution. Cela ne sert à rien de s’attaquer aux personnes. Nous allons garder notre cap vers cet objectif», a-t-il déclaré.

Selon lui, cette réflexion pourrait s’appuyer sur certains travaux issus de la Conférence nationale souveraine de 1992, souvent citée comme référence dans les débats institutionnels en RDC.

Augustin Kabuya a également évoqué une ancienne rencontre entre l’abbé Donatien Nshole et Étienne Tshisekedi pour illustrer les critiques formulées à l’époque contre l’actuelle Constitution.

“Même Nshole et son groupe étaient contre cette Constitution. Il était venu voir Papa Étienne pour lui dire que cette Constitution était un danger pour la République et que les Congolais ne l'acceptent pas”, dit-il à l'occasion de cette matinée politique. 

Cette sortie de Augustin Kabuya intervient dans un contexte politique marqué par la prise de position du deuxième vice-président du Sénat de la République démocratique du Congo, Modeste Bahati Lukwebo, qui s’était opposé à toute initiative visant à soutenir l’idée d’une révision ou d’une modification de la Constitution au sein de l’Union sacrée de la nation. 

Dans une communication rendue publique samedi 7 mars, la rapporteure du Sénat, Néfertiti Ngudianza, a précisé que les propos tenus par Modeste Bahati Lukwebo lors de son point de presse du 4 mars ont été exprimés à titre personnel et n’engagent pas l’institution sénatoriale. Le Bureau du Sénat a insisté sur le fait que ces déclarations ne reflètent en aucune manière la position officielle de l’institution. 

Il a également appelé les sénateurs à faire preuve de responsabilité et de retenue dans leurs prises de parole publiques, dans un contexte national marqué notamment par les défis sécuritaires auxquels fait face la République démocratique du Congo. Une pétition est d'ailleurs initiée contre lui par l'un de ses collègues, le Sénateur Danny Kabongo de l'UDPS. 

José Mukendi



Ce vendredi 6 mars, l’Institut de recherche sur la politique, la gouvernance et la violence (Ebuteli) a servi de cadre au vernissage du livre "Pour l’amour de ma mère et de ma patrie" de Wassy Kambale. Organisée dans une atmosphère intimiste, la rencontre a réuni des proches de l’auteur, des journalistes ainsi que des amateurs de littérature, venus découvrir ce premier roman. 

À travers cet ouvrage, Wassy Kambale propose une plongée dans les trajectoires humaines brisées par la guerre, en mettant l’accent non pas sur les statistiques, mais sur les histoires et les destins individuels. 

Selon l’auteur, la genèse du livre repose sur un constat simple. Dans les récits médiatiques et politiques consacrés aux violences dans l’Est du pays, « on parle beaucoup de stratégies, de territoires ou de ressources, mais très peu des prénoms, des vies et des destins fauchés par la guerre », dit-il. 

Ce roman se veut ainsi le fruit d’un long processus d’écoute et de témoignages recueillis au fil des rencontres.

« C'est l'accumulation des histoires que j'ai entendues, de ces regards que j'ai croisés. C'est la voix d'un jeune ancien enfant soldat qui m'a dit un jour : "On m’a tout pris, même le droit de pleurer" », confie Wassy Kambale. 

Cette parole, dit-il, a contribué à nourrir l’écriture du livre et à orienter sa démarche vers une exploration du visage humain de la violence.

La promesse d’enfant au cœur du récit

Le roman raconte l’histoire de Mutu, un adolescent de 14 ans dont la vie bascule après l’humiliation de sa mère. Animé par le désir de restaurer sa dignité et de défendre sa patrie, le jeune garçon s’engage dans un groupe armé. Ce choix, motivé au départ par l’amour filial et un sentiment de patriotisme, l’entraîne progressivement dans un engrenage de violence.

Au fil du récit, Mutu abandonne son identité et adopte le nom de guerre "Lucifer". L’ouvrage décrit ainsi la transformation psychologique d’un enfant confronté à la brutalité du conflit, pris dans une spirale faite à la fois de blessures personnelles, de pressions collectives et de décisions tragiques.

À travers ce personnage, l’auteur explore la manière dont des idéaux perçus comme nobles – l’amour familial ou le patriotisme – peuvent être instrumentalisés et conduire à la destruction. Le titre du roman, "Pour l’amour de ma mère et de ma patrie", prend alors une dimension paradoxale : il renvoie à la promesse d’un enfant qui, croyant agir pour protéger ce qu’il aime, finit par participer à la destruction de son propre village.

« Ce titre est donc une question posée au lecteur : qu'est-ce que l'amour, qu'est-ce que la patrie, si ces mots peuvent nous mener à commettre le pire ? », interroge l’auteur. 

Une réflexion sur la masculinité

Au-delà de la narration, l’ouvrage propose également une réflexion sur la construction de la masculinité dans un contexte de guerre. Dans les rangs du groupe armé, Mutu apprend que devenir un homme signifie dominer, inspirer la peur et savoir tuer.

Mais le roman remet progressivement en question cette conception. Le personnage découvre, dans la douleur la plus extrême, une autre définition de la masculinité, fondée non pas sur la destruction mais sur la protection de la vie.

Cette prise de conscience atteint son apogée lorsque Mutu devient père. Face à son fils, Pascal, l’ancien combattant comprend que la véritable force réside dans la capacité à protéger et à transmettre, plutôt qu’à détruire.

« La véritable masculinité, ce n'est pas la capacité à détruire une vie, mais la capacité à en protéger une. Ses mains, qui n'ont connu que la gâchette et la machette, tremblent en tenant cette vie minuscule. Et à cet instant, il réalise qu'être un homme, ce n'est pas de porter un fusil. C'est de porter un enfant », explique l’auteur. 

Et d’ajouter :

« Être un homme, ce n'est pas la force de prendre, c'est le courage de donner. Ce n'est pas le pouvoir de faire taire, c'est la responsabilité de donner une voix. C'est choisir la construction quand tout autour de vous pousse à la destruction. C’est cela, pour moi : la vraie masculinité est créatrice, pas prédatrice ». 

Pour l’auteur, cette transformation constitue le cœur moral du récit.

Mais si le roman décrit la descente aux enfers d’un enfant soldat, il s’attache également à explorer la possibilité d’un chemin inverse. L’histoire de Mutu ne s’arrête pas à la violence : elle s’oriente aussi vers une reconstruction personnelle.

« C'est aussi l'histoire d'une rédemption possible. Un jeune qui découvre que les mots, l’art et l’amour peuvent reconstruire ce que la guerre a détruit », indique Wassy Kambale. 

Dans cette perspective, l’art et la parole occupent une place centrale. L’auteur évoque notamment l’importance des espaces d’expression artistique, tels que les ateliers de slam ou d’écriture, qui permettent aux anciens combattants de transformer leurs traumatismes en récits et d’entamer un processus de reconstruction identitaire.

À travers ce roman, l’auteur porte également un plaidoyer plus large sur la prévention de l’enrôlement des jeunes dans les groupes armés. Selon lui, la première bataille consiste à s’attaquer aux causes profondes qui poussent les adolescents à prendre les armes.

« La prévention est la plus grande bataille que nous puissions mener en ce moment. Comment préserver les jeunes ? Je crois que c’est en tuant dans l'œuf les raisons qui les poussent à prendre les armes », explique-t-il. 

Parmi celles-ci figurent notamment l’humiliation sociale, l’injustice, l’absence de perspectives économiques ou encore le sentiment d’abandon par les institutions.

Dans ce contexte, l’auteur estime que pour protéger nos jeunes, il faut leur offrir une alternative crédible à la guerre.

« Cette alternative, c'est l'éducation, c'est la culture, c'est le travail. C'est un État de droit qui fonctionne, où un jeune n'a pas besoin d'une arme pour se sentir en sécurité ou pour nourrir sa famille », déclare l’auteur. 

Pour les jeunes ayant déjà rejoint des groupes armés, le retour à la vie civile représente souvent un processus complexe. L’auteur insiste sur la nécessité d’un accompagnement psychologique pour aider ces anciens combattants à se détacher de la logique de guerre.

« Pour ceux qui ont déjà traversé, la transition est un chemin de croix. Mon livre le montre : on ne quitte pas un groupe armé comme on démissionne d'un travail. Les fantômes vous poursuivent », dit-il. 

Ce processus passe, selon lui, par un « désarmement psychologique », qui consiste à travailler sur les traumatismes et les mécanismes de violence intériorisés.

« Avant de leur enlever le fusil, il faut leur enlever la guerre de la tête. C'est ce que j'essaie de montrer à travers les ateliers de slam. L'art-thérapie, la parole, sont des outils incroyablement puissants. Ils permettent de donner une forme à l'horreur, de transformer un traumatisme en un récit, et un cri de douleur en une œuvre d'art », confie l’auteur. 

Et de poursuivre : « C'est un processus de reconstruction identitaire. Le jeune doit cesser de se voir comme "Lucifer" pour redevenir "Mutu" ». 

La deuxième étape, selon l’auteur, c'est la réintégration communautaire. La communauté doit être prête à pardonner, non pas à oublier, mais à pardonner. 

« La réintégration dépend également de l’attitude des communautés. L’accueil et le pardon, même difficiles, jouent un rôle crucial pour éviter que ces jeunes ne replongent dans les cycles de violence », déclare Wassy. 

Il conclut : « C'est un processus difficile, qui demande des médiateurs, des dialogues. Si la communauté rejette l'enfant qui revient, elle le renvoie directement dans les bras d'un autre chef de guerre. Il faut donc travailler sur les deux fronts : soigner l'enfant et préparer la communauté à l'accueillir ». 

Ce roman tente de replacer l’humain au centre du récit des conflits congolais. À travers le parcours fictif de Mutu, l’auteur rappelle qu’aucun enfant n’est destiné à devenir soldat et que chaque trajectoire de violence est le produit de circonstances sociales, politiques et humaines.

James Mutuba 

 



Le 8 mars de chaque année, le monde célèbre la Journée internationale des droits des femmes. En marge de cette commémoration, l’édition 2026, placée sous le thème mondial "Droits. Justice. Action. Pour toutes les femmes et les filles ", la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO) a insisté sur la nécessité de garantir pleinement les droits des femmes et des filles, dans un contexte marqué par les conflits, les violences et les inégalités persistantes.

Dans un communiqué, le Représentant spécial adjoint de la MONUSCO, également Coordonnateur résident et Coordonnateur des opérations humanitaires, Bruno Lemarquis, souligne que ce thème rappelle avec force que l’égalité constitue à la fois un droit inaliénable et un fondement indispensable à toute paix durable.

En République démocratique du Congo, le Gouvernement et ses partenaires, dont le système des Nations Unies, ont choisi de célébrer cette journée autour du thème national : " Droits garantis : autonomisation durable pour toutes les femmes et les filles ".

Pour le responsable onusien, ce thème national s’inscrit dans le contexte que traverse actuellement la République démocratique du Congo.

" Ce choix résonne profondément dans un pays où, depuis des décennies, les femmes et les filles paient le plus lourd tribut et portent le poids des conflits, des violences, des déplacements forcés et des inégalités structurelles ", peut-on lire dans ce document.

Dans ce même message, Bruno Lemarquis souligne que les droits des femmes doivent être respectés et ne peuvent être ni négociés ni relativisés. Il indique toutefois que de nombreuses femmes et filles continuent de faire face aux violences basées sur le genre, aux discriminations et à des obstacles persistants, notamment en matière d’accès à la justice et aux opportunités économiques, dans un contexte marqué par l’insécurité et l’impunité.

En outre, il précise que le système des Nations Unies œuvre aux côtés du Gouvernement congolais ainsi que d’autres partenaires pour soutenir les initiatives liées à la promotion des droits des femmes.

Ces actions comprennent notamment l’appui à la Commission nationale des droits de l’homme pour le suivi des cas de violences basées sur le genre, ainsi que le renforcement de la prise en charge multisectorielle des survivantes, incluant l’accès aux soins, à la justice et au soutien psychosocial.

La Mission des Nations Unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo soutient également les cliniques juridiques et les audiences foraines, qui contribuent au traitement judiciaire de certains cas de violences sexuelles. Dans le domaine de la prévention, des formations sont organisées à l’intention des officiers de police judiciaire, des enseignants et des leaders communautaires afin de sensibiliser à la lutte contre les violences basées sur le genre.

Par ailleurs, l’autonomisation économique des femmes figure parmi les axes d’intervention. Selon ce document, plus de 100 000 femmes ont bénéficié de formations en techniques agricoles améliorées. En outre, plus de 10 000 Associations Villageoises d’Épargne et de Crédit permettent à des femmes d’accéder à des mécanismes d’épargne et de financement.

Le système des Nations Unies affirme également accompagner la mise en œuvre de la stratégie nationale pour l’autonomisation économique des femmes dans le secteur agricole.

Notons qu’à l’occasion de cette Journée internationale des droits des femmes, les Nations Unies disent renouveler leur engagement dans la promotion des droits des femmes et appellent à la poursuite des efforts en faveur des droits des femmes et des filles en République démocratique du Congo.

Gloria Kisenda 



La République démocratique du Congo a rendu un hommage appuyé au Révérend Jesse Jackson, saluant son engagement en faveur de la paix et de la résolution des conflits dans le pays. Cet hommage a été exprimé par le Président Félix Tshisekedi lors des obsèques organisées samedi à Chicago, aux États-Unis.

Dans son intervention, le chef de l’État congolais a souligné la reconnaissance de la RDC pour les efforts déployés par le leader afro-américain dans la recherche de solutions pacifiques aux crises politiques et sécuritaires ayant marqué l’histoire récente du pays. Selon lui, l’action du Révérend Jackson a laissé une empreinte durable dans la mémoire collective congolaise.

Félix Tshisekedi a notamment rappelé que Jesse Jackson s’était impliqué dans plusieurs initiatives visant à encourager le dialogue et la stabilité en RDC. Son engagement remonte à la période où il occupait les fonctions d’envoyé spécial pour l’Afrique sous la présidence de Bill Clinton.

À cette époque, a indiqué le président congolais, l’homme de foi n’avait pas hésité à se rendre en RDC à des moments jugés déterminants pour accompagner les efforts de transition démocratique. Ses visites avaient pour objectif de favoriser les discussions entre les différentes parties et de promouvoir une solution pacifique aux tensions politiques.

Le président Tshisekedi a également mis en avant le rôle joué par Jesse Jackson dans les initiatives de médiation visant à apaiser les conflits. L’activiste s’était particulièrement préoccupé de la situation humanitaire, notamment celle des réfugiés et des personnes déplacées internes.

Une attention particulière avait été accordée aux populations affectées par l’insécurité persistante dans l’Est de la RDC, une région durement marquée par des années de guerre. Selon le chef de l’État, cet engagement humanitaire témoigne de la solidarité et de la sensibilité de Jesse Jackson envers les populations congolaises.

Gloire Balolage 

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Ali Kalonga

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