Sous un soleil généreux, la cour du Centre d'études pour l'action sociale (CEPAS) s’est transformée, samedi 3 octobre, en un espace littéraire inédit. Des livres disposés aux quatre coins, une petite musique flotte dans l’air, et plus de 300 jeunes et passionnés de lecture déambulent avec enthousiasme. Papyrus : le restaurant des lecteurs fait, à l’occasion, sa première apparition avec un grand public.

Dès leur arrivée au CEPAS, les participants reçoivent un papier à 16 cases pour un jeu de réseautage. Ils doivent trouver des personnes correspondant à des profils variés : un (e) photographe, un (e) slameur (se), quelqu’un d'habile en langues nationales, ou qui peut se remémorer un conte congolais entendu dans l’enfance, etc. Le tableau de mots mêlés à découvrir les attend également à l’entrée de la cour.

Puis, place aux ateliers. Deux grands moments ont marqué la journée : le restaurant du livre d’un côté, et le pique-nique du livre de l’autre. Dans le premier, les échanges ont tourné autour de l’ouvrage Influence et Manipulation de Robert Cialdini. Les débats ont porté sur la liberté des choix, ou encore le poids de l’expertise face aux tendances. Le second atelier a mis en avant le livre lui-même, avec notamment l’intervention de Nick Elebe, auteur de Pétales dorés, qui a partagé son expérience sur les droits d’auteur et les bases de la littérature congolaise.

Rachel Mulowayi, initiatrice de Papyrus: le restaurant des lecteurs, arborait un tablier sur sa blouse, symbole de son rôle de « serveuse de livres ». Elle explique : « La particularité de cette activité, c’était de créer un espace où l’on met en avant les auteurs, mais aussi les lecteurs eux-mêmes, ceux qui découvrent et manipulent les ouvrages. » À ses côtés, des jeunes comme Christelle Mavinga, Bénédicte Mbuku ou encore Gemima Kalambayi ont contribué à donner vie à cette grande première du projet.

La diversité des participants a surpris agréablement les organisateurs. « La lecture, ce n’est pas que pour les jeunes. Nous avons eu des étudiants, des travailleurs, des pasteurs, des prêtres, des éducateurs… C’est une bonne nouvelle pour nous », souligne Rachel, lauréate 2025 d’Éloquence 360.

Au-delà des ateliers, la journée a été animée par les prestations des slameurs et un jeu des énigmes à résoudre, permettant aux gagnants de repartir avec des livres.

Rachel se dit comblée : « beaucoup de personnes sont intéressées. On pensait que la lecture ennuyait, qu’elle était réservée aux ‘intelligents’. Mais le nombre de participants prouve le contraire. Nous avons besoin de ce genre d’activité. »

Son ambition est claire : faire du Papyrus non pas un simple événement ponctuel, mais un véritable club régulier, « comme un restaurant où les jeunes n’ont pas besoin d’attendre quatre ou cinq mois, mais peuvent venir chaque week-end, ou même deux fois la semaine ».

Le papyrus : restaurant des lecteurs est un club de lecture créé depuis plus d'un an, afin de valoriser la culture littéraire congolaise en particulier, mais aussi tout autre type de genre littéraire. Et le 3 octobre dernier, au CEPAS, les visages rayonnants et les échanges passionnés ont montré que la lecture, loin d’être une contrainte, peut devenir une fête.

Japhet Toko



Le Service géologique national du Congo (SGNC), en sa qualité de maître d’œuvre technique, a procédé, ce lundi 5 octobre, au lancement officiel du projet relatif à la cartographie géophysique et géologique de la RDC. Entièrement financé par l’État congolais via le Fonds minier pour les générations futures (FOMIN), ce projet sera notamment exécuté par Xcalibur, prestataire spécialisé dans la cartographie géophysique.

Ledit projet vise à améliorer la connaissance du potentiel géologique et minier de la RDC, à soutenir la planification stratégique de l’exploration et à consolider la souveraineté de l’État sur ses données géoscientifiques.

Dans son mot, le directeur général du SGNC a sollicité que la connaissance géologique soit érigée en priorité permanente de l’État. Il estime que le Service géologique national du Congo devrait bénéficier d’un mécanisme de financement durable, prévisible et à la hauteur de sa mission régalienne.

« Financer le SGNC n’est pas financer une structure administrative. C’est financer l’intelligence minière de la République. C’est doter l’État de la capacité de savoir, de planifier, de négocier et de protéger son patrimoine naturel, et de prendre des décisions souveraines au service du développement », a-t-il déclaré.

Pour Louis-Watum Kabamba, ministre des Mines et représentant du président de la République, cette campagne constitue une étape importante dans l’amélioration de la connaissance du territoire national.

« La campagne que nous lançons aujourd’hui constitue donc une étape concrète dans la bonne direction », a-t-il ajouté.

Au-delà de l’aspect technique, le ministre a insisté sur la portée stratégique de cette opération, notamment pour une meilleure connaissance du patrimoine minéral de la RDC.

« Elle engage notre capacité à mieux connaître notre territoire, à mieux maîtriser notre patrimoine minéral et à transformer cette connaissance en perspective de développement pour notre peuple et en héritage pour les générations futures », a-t-il souligné.

Le projet de cartographie géophysique aéroportée et géologique s’inscrit ainsi dans une démarche visant à disposer de données plus précises sur le sous-sol congolais. Ces informations doivent notamment contribuer à améliorer la connaissance du potentiel minier et à orienter les futures actions dans le secteur.

Les données collectées contribueront notamment à l’identification de nouvelles cibles d’exploration, à la valorisation responsable des ressources minérales et à la constitution d’une base de données géologiques nationale au service de l’État, des décideurs et des investisseurs responsables.

Grevisse Tekilazaya



Les Léopards espoirs de la République démocratique du Congo (RDC) affrontent les Mourabitounes espoirs de la Mauritanie, ce mardi 6 octobre 2026 au stade TP Mazembe de Lubumbashi, à l’occasion de la manche retour du premier tour des éliminatoires de la CAN U23, prévue l’année prochaine en Égypte. Le coup d’envoi sera donné à 14h00, heure de Kinshasa.

Battus (1-0) à Nouakchott, les Fauves congolais sont dans l’obligation de renverser la vapeur pour se qualifier au prochain tour, où ils devraient affronter les Super Eagles du Nigeria.

À noter que l’équipe nationale U23 de la RDC compte plusieurs joueurs talentueux, parmi lesquels le capitaine Jules Ahoka, Faveurdi Bongeli, Ibrahim Matobo, Tony Talasi, Manitu Messy, Daniel Tshilanda, Steve Binene et Frédéric Efuele.

Gratis Makabi



La participation des populations locales à la gestion du Couloir vert Kivu-Kinshasa constitue l’un des combats prioritaires de plusieurs organisations de la société civile œuvrant dans la protection de l’environnement et la défense des droits de l’homme. Cet immense espace, qui s’étend du Kivu à Kinshasa sur près de 544 270 kilomètres, a été intégré à l’agenda du gouvernement de la République démocratique du Congo depuis janvier 2025.

Au-delà d’offrir de nouvelles opportunités économiques à la RDC, ce couloir porte d’autres ambitions majeures, notamment la protection des écosystèmes et le soutien à une économie verte. Un paradigme vers lequel se sont rangées la plupart des nations du monde.

Quelle place pour les populations locales ?

La question de la place des populations dans la gestion du Couloir vert est centrale dans toutes les réflexions. Elle constitue la principale doléance de diverses organisations de la société civile qui, pour en assurer l’effectivité, viennent de signer un accord avec la Fondation Virunga, à laquelle la gestion du Couloir vert a été confiée par l’Institut congolais pour la conservation de la nature (ICCN).

Cet accord conclu entre ce consortium d’organisations de la société civile et la Fondation Virunga a abouti à la création du Comité indépendant de la société civile (CISV), dont le principal objectif sera de veiller à ce que « le Couloir vert devienne une aire protégée à vocation communautaire », conformément au décret n°25/01 portant création du Couloir vert et à sa charte.

En clair, le CISV veillera à ce que les communautés locales participent pleinement aux décisions qui les concernent dans le cadre de la gestion du Couloir vert, exercent leurs droits, donnent ou refusent leur consentement lorsque celui-ci est requis, accèdent à des mécanismes de recours et bénéficient directement des opportunités économiques.

Le CISV, pour quel statut ?

À en croire le communiqué de lancement, le Comité indépendant de la société civile pour la gouvernance participative du Couloir vert n’est ni un organe de gestion ni un organe de représentation. Il ne saurait non plus se substituer aux communautés locales.

Il s’agit, d’après son acte créateur, d’un espace autonome qui contribue à la gouvernance du Couloir vert, avec un accent particulier sur l’effectivité de la participation, des droits, du consentement, de la recevabilité et des bénéfices pour les communautés.

Cette initiative, qui bénéficie depuis 2024 de l’adhésion de plusieurs organisations, réunit à ce jour la Schmidt Family Foundation, Actions pour la promotion et protection des peuples et espèces menacés, Advocates for Community Alternatives, l’Alliance nationale d’appui et de promotion des aires et territoires du patrimoine autochtone et communautaire en République démocratique du Congo, la Coalition des organisations de la société civile pour le suivi des réformes et de l’action publique, Congo Green Solution, Rainforest Foundation UK et l’Université de Mons.

Gratis Makabi



Le Rassemblement des Journalistes pour l'Émergence du Congo (RAJEC) dénonce de graves atteintes à la liberté de la presse enregistrées ces dernières heures et exige des actions urgentes de la part des autorités politico-administratives et sécuritaires.

Dans un communiqué consulté par Opinion-Info.cd ce lundi 06 octobre 2026, le RAJEC alerte sur l'escalade de la répression visant notamment Virginie Manganga, Gauthier Sey et Danny Nguba.

« Notre consœur Virginie Manganga, placée en détention à la prison centrale de Makala après son enlèvement; notre confrère Gauthier Sey, admis en urgence à la Clinique Ngaliema à la suite d'un enlèvement qualifié de criminel; et notre confrère Danny Nguba, porté disparu », indique l'organisation.

Le RAJEC condamne avec la plus grande fermeté ces actes, qu'il considère comme une attaque frontale contre la liberté de la presse, la liberté d'expression et la démocratie, pourtant garanties par la Constitution.

« L'enlèvement d'une journaliste, l'hospitalisation en urgence d'un autre et la disparition d'un troisième en l'espace de quelques semaines ne sont plus de simples incidents isolés. Il s'agit d'une situation extrêmement préoccupante et du prix inacceptable payé par les professionnels des médias dans un pays qui se doit de garantir une presse libre et indépendante », ajoute le communiqué.

Face à cette situation, le RAJEC:

- exige la libération immédiate et sans condition de Virginie Manganga, victime d'une détention qu'il juge arbitraire;

- demande que toute la lumière soit faite sur l'enlèvement de Gauthier Sey, promoteur de Netic News, et que les auteurs répondent de leurs actes;

- exige des autorités compétentes qu'elles engagent sans délai les recherches nécessaires pour retrouver Danny Nguba et garantir son intégrité physique;

- appelle le Président de la République, garant du bon fonctionnement des institutions et défenseur engagé de la liberté de la presse, ainsi que le Ministre de la Justice, à s'impliquer personnellement pour mettre fin à cette dérive répressive.

Le RAJEC indique qu'il tient les autorités politico-administratives et sécuritaires pour responsables de la sécurité de ces trois journalistes.

Il appelle, en outre, l'ensemble de la profession, l'UNPC, les organisations de défense des droits de l'homme, la société civile ainsi que les partenaires internationaux à se mobiliser pour défendre la liberté de la presse, aujourd'hui gravement menacée.

Gratis Makabi



Le combat pour la protection du patrimoine des Anciens Combattants entend désormais s’appuyer davantage sur la justice. C’est dans ce cadre que le ministre délégué aux Anciens Combattants, Eliezer Ntambwe, a été reçu par le président du Conseil supérieur de la magistrature (CSM) et président de la Cour constitutionnelle, Dieudonné Kamuleta.

Au cours de cette rencontre, Eliezer Ntambwe a plaidé pour un accompagnement accru de la justice dans les dossiers liés notamment aux présumées spoliations.

Parmi les dossiers évoqués figure celui d’une parcelle située dans la commune de N’djili, à Kinshasa. Selon le ministre, ce bien des Anciens Combattants fait l’objet d’un différend impliquant une personne se présentant comme l’épouse d’un haut magistrat.

Plus grave, Eliezer Ntambwe a également affirmé que des personnes ayant exécuté les instructions de l’autorité dans ce dossier avaient été arrêtées. Une situation qui, selon lui, justifie davantage la nécessité d’une collaboration avec les instances judiciaires.

« C’est ainsi que nous sommes venus demander l’accompagnement du président de la Cour constitutionnelle, qui est également le président du Conseil supérieur de la magistrature », a-t-il expliqué.

Au terme de l’audience, le ministre s’est félicité de l’accueil réservé à sa démarche, affirmant que le président du CSM avait, sur-le-champ, fait avancer le dossier de N’djili à la suite d’un coup de fil.

« Nous avons trouvé un avis très favorable et, d’ailleurs, le dossier de N’djili, qui était bloqué, venait d’être débloqué à travers juste un coup de fil », a-t-il déclaré.

Cette audience s’inscrit dans le cadre de la mission confiée au ministère délégué aux Anciens Combattants par le Conseil des ministres, visant notamment à identifier, récupérer, sécuriser et valoriser les biens appartenant à cette catégorie de citoyens.

« Le Conseil des ministres, présidé par Son Excellence Monsieur le Président de la République, nous avait confié le mandat d’identifier, de récupérer, de sécuriser et de valoriser les biens des Anciens Combattants », a expliqué Eliezer Ntambwe au terme de son entretien avec le président du CSM.

Le ministre a souligné que la mise en œuvre de ce mandat expose son administration à des situations nécessitant l’intervention et l’accompagnement des institutions judiciaires, particulièrement dans les dossiers présumés de spoliation.

ODN



La Fédération congolaise de football association (FECOFA) a publié mardi 29 septembre la liste de 23 joueuses retenues pour la campagne des éliminatoires du tournoi olympique de football féminin de Los Angeles 2028.

Les Léopards dames affronteront la Côte d’Ivoire en double confrontation. Le match aller est prévu vendredi 9 octobre à 15h30 au stade TP Mazembe de Kamalondo, à Lubumbashi. Le retour se jouera mardi 13 octobre à Abidjan, au stade Félix-Houphouët-Boigny.

23 joueuses convoquées

Gardiennes

  • R. Khonde – TP Mazembe (RDC)
  • E. Nyota – FC Lupopo (RDC)
  • I. Akello – Ituri FC (RDC)

Défenseures

  • A. Kapinga – Zesco United (Zambie)
  • Emma Prevost – Guingamp (France)
  • E. Kambilo – M’sichana (RDC)
  • D. Ngalula – Jura Dolois FC (France)
  • Y. Obonga – Nchanga Rangers (Zambie)
  • B. Kubiena – Shanghai (Chine)

Milieux

  • G. Mfwamba – Pingguo Beinong (Chine)
  • S. Yasongamo – Antalya (Turquie)
  • M. Kasaj – TP Mazembe (RDC)
  • E. Siluvangi – OGC Nice (France)
  • E. Buabadi – FC Nantes (France)
  • F. Pambani – TP Mazembe (RDC)
  • R. Bulala – Sarcelles (France)

Attaquantes

  • G. Mabomba – AJ Auxerre (France)
  • E. Dikisha – Preah Khan Reach (Cambodge)
  • A. Soulac – FC Metz (France)
  • F. Kalombo – Hilal Temara (Maroc)
  • W. Makasi – TP Mazembe (RDC)
  • F. Mawete – Dux Logroño (Espagne)
  • O. Massombo – Napoli (Italie)

Une double confrontation en octobre

Cette affiche constitue l’entrée en lice de la RDC dans les éliminatoires africaines du tournoi olympique féminin de Los Angeles 2028. La compétition se dispute en cinq tours à élimination directe, avec deux places attribuées à l’Afrique pour le tournoi olympique.

Après le match aller à Lubumbashi, les Congolaises se déplaceront à Abidjan pour la manche retour, quatre jours plus tard.

radiookapi.net/CC

 
 
 


Alors que le procès opposant le ministère public à la chroniqueuse Virginie Manganga s’est ouvert devant les instances judiciaires, le collectif d’avocats de l’artiste musicien Fally Ipupa, composé de maîtres Dorothée Madiya Mwamba, Alfred Dibandi Nzondomyo et Paquis Nganini Atabakutuba, a échangé mercredi 30 septembre avec la presse à Kinshasa, afin de préciser sa démarche dans ce dossier impliquant également Colette Mutuza. Cette dernière était l’invitée d’un live sur la plateforme TikTok animé par Virginie Manganga au cours duquel elle a évoqué, selon ses propres déclarations, un supposé lien avec l’artiste Fally Ipupa. Elle a également réclamé d’importantes sommes d’argent, en menaçant de publier des images intimes de la star de la rumba congolaise.

Selon les éléments présentés par la défense, l’affaire est née de publications et d’interventions sur les réseaux sociaux concernant la vie privée de l’artiste. Les avocats affirment avoir engagé des démarches judiciaires en RDC, en France et en Australie. Maître Dorothée Madiya Mwamba a d’abord tenu à clarifier le rôle des avocats dans la procédure. Elle assure que le collectif ne prétend pas déterminer lui-même la culpabilité des personnes visées.

« Porter plainte ne signifie pas ordonner l’arrestation de quelqu’un. Les avocats peuvent saisir la justice et exposer les faits qu’ils estiment constitutifs d’infractions, mais c’est ensuite aux autorités judiciaires compétentes d’apprécier les faits, de mener les investigations et de prendre les mesures prévues par la loi. Notre rôle d’avocats n’est pas de condamner publiquement une personne. Il appartient à la justice de qualifier juridiquement les faits », a déclaré Maître Dorothée Madiya.

La défense de Fally Ipupa affirme qu’un live TikTok organisé le 24 août avait notamment donné la parole à Colette Mutuza, qui aurait formulé différentes allégations concernant l’artiste. Selon Dorothée Madiya, un élément sonore à caractère sexuel, présenté comme attribué à Fally Ipupa, aurait également été diffusé au cours de ce livestream et relayé sur les réseaux sociaux. La défense précise que la véracité, l’origine et la qualification juridique de ces éléments relèvent désormais de l’examen des autorités compétentes.

« Sans en vérifier l’authenticité, elle a également commenté et relayé certains de ces éléments sur son compte TikTok personnel, dans le but de jeter le discrédit sur la personne de mon client. Nous invitons aussi chacun à faire preuve de mesure dans la reproduction ou les commentaires d’éléments présentés comme concernant la vie privée de notre client. Lorsqu’un contenu circule sur les réseaux sociaux, sa seule diffusion ne permet pas nécessairement d’en établir l’origine, l’authenticité, le contexte ou les conditions dans lesquelles il a été obtenu. C’est pourquoi nous appelons chacun à privilégier les faits vérifiables, les informations judiciaires établies et les sources identifiables, plutôt que la reprise ou l’amplification de contenus dont la portée ou l’authenticité ne sont pas établies », a déclaré Dorothée Madiya.  

Fally Ipupa a constitué un consortium d’avocats intervenant notamment à Kinshasa, Paris et Melbourne afin de traiter les différents volets du dossier. Maître Madiya affirme que des autorités australiennes ont été saisies concernant les faits impliquant Colette Mutuza. La défense affirme également que des procédures sont en cours en France, notamment à Nanterre.

« En ce qui concerne les poursuites contre Mme Colette Mutuza, nous avons obtenu, depuis le 24 septembre 2026, une ordonnance d’injonction du tribunal de première instance de Victoria, qui lui sera notifiée dans les jours à venir. Une plainte a notamment été déposée auprès de la police de Victoria aux fins de poursuites pénales. Une plainte a également été déposée auprès de la police de Nanterre. Le procureur de Nanterre a été saisi », a-t-elle indiqué dans son exposé.

Ces éléments sont présentés par les avocats de Fally Ipupa et demeurent soumis à l’examen des autorités judiciaires concernées. Au-delà des procédures, le collectif a placé la protection de la vie privée au cœur de son argumentaire. Maître Dorothée Madiya s’est notamment référée à l’article 31 de la Constitution congolaise, qui garantit le respect de la vie privée. Pour l’avocate, le statut de personnalité publique de Fally Ipupa ne signifie pas que son intimité peut être librement exposée.

« Tout le monde a droit à une vie privée. Cette protection n’est pas réservée aux personnes anonymes. Elle est un droit attaché à la personne humaine. La célébrité ne supprime pas les droits fondamentaux. Monsieur Fally Ipupa est une personnalité publique. Il assume cette dimension publique. Il exerce un métier qui l’expose naturellement au regard du public, mais la notoriété ne signifie pas que l’on renonce à son droit à la vie privée, à sa dignité ou à la protection que la loi accorde à tous », a soutenu Maître Dorothée Madiya. 

Le collectif affirme ne pas vouloir remettre en cause la liberté de la presse. Il appelle toutefois les journalistes et créateurs de contenu à distinguer les faits établis des accusations ou informations non vérifiées. Maître Madiya résume ainsi le rôle qu’elle attend des médias :

« La liberté de la presse et la liberté d’expression sont des principes fondamentaux, mais elles ne constituent pas un droit à l’immunité permettant de diffuser n’importe quelle accusation ou de porter atteinte aux droits d’autrui. Informer, c’est vérifier. Informer, c’est contextualiser. Informer, c’est distinguer les faits établis des affirmations d’une partie », a-t-elle fait remarquer dans son intervention. 

Elle insiste également sur la différence entre rendre compte d’une procédure judiciaire et reproduire des éléments relevant de la vie privée. La défense de Fally Ipupa appelle par ailleurs à la prudence dans la diffusion de contenus sur les plateformes numériques.

« Il existe donc une différence fondamentale entre rapporter qu’une procédure judiciaire existe et reproduire ou amplifier des éléments privés dont la publication n’est pas nécessaire à l’information du public. Les réseaux sociaux ne sont pas un tribunal », a indiqué Maître Dorothée Madiya.

Pour Maître Dorothée Madiya, la circulation massive d’un contenu sur les réseaux sociaux ne suffit pas à établir son authenticité ou sa légalité. Elle invoque également le code du numérique et les dispositions relatives à la protection des données personnelles, à la dignité humaine et à la vie privée.

« Le fait qu’une information circule déjà sur les réseaux sociaux ne signifie pas qu’elle devient automatiquement licite à reproduire. La viralité n’est pas une source de légalité. Le numérique ne crée pas une zone de non-droit. L’Internet n’efface pas le droit. Les réseaux sociaux ne suspendent pas la Constitution », a martelé Dorothée Madiya. 

Face aux interrogations suscitées par cette affaire, le collectif assure ne pas chercher à faire disparaître le dossier de l’espace public. Les avocats disent accepter que les médias parlent des plaintes, des juridictions saisies et de l’évolution de la procédure, tout en demandant que les contenus privés dont l’origine ou l’authenticité ne sont pas établies ne soient pas amplifiés. Le collectif affirme enfin vouloir laisser les autorités judiciaires déterminer les faits et leurs éventuelles qualifications.

« Nous ne demandons pas aux journalistes de se taire. Nous ne demandons à personne de prendre parti pour notre client. Ce n’est pas notre démarche. Nous demandons simplement à toute personne, à tout professionnel des médias, d’être objectif et de faire son travail dans le respect des lois de la République. Nous ne demandons aucun privilège pour notre client, M. Fally Ipupa. Nous demandons l’application d’un droit qui appartient à chacun : le droit à la vie privée », a insisté Maître Dorothée Madiya.

La défense conclut en appelant à laisser les procédures engagées en RDC, en France et en Australie suivre leur cours.

« Notre client a choisi de ne pas alimenter publiquement cette affaire et de laisser désormais ses conseils et les autorités compétentes faire leur travail. Nous demandons l’application d’un droit qui appartient à chacun : le droit à la vie privée. Un droit qui appartient à l’artiste comme aux citoyens anonymes. Un droit qui ne disparaît pas même lorsque la personne est célèbre. Et un droit que les réseaux sociaux ne peuvent pas abolir. La justice est désormais saisie. Nous lui faisons confiance et nous invitons chacun à laisser le droit suivre son cours », a indiqué Dorothée Madiya

Bien avant la sortie de la défense de Fally Ipupa, le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) avait demandé la libération immédiate et sans condition de la journaliste congolaise Virginie Manganga, arrêtée après avoir interviewé une femme affirmant avoir eu une liaison avec le musicien Fally Ipupa. Le CPJ appelle également les autorités de la RDC à dépénaliser la diffamation. Selon sa directrice Afrique, Angela Quintal, l’arrestation de Virginie Manganga, survenue avec celle d’un autre journaliste en l’espace d’une semaine, témoigne d’une pression croissante exercée sur les médias en RDC

Clément MUAMBA



Le ministre d’État en charge de la Justice et Garde des sceaux a reçu, mercredi 30 septembre 2026 à Kinshasa, une délégation judiciaire belge conduite par Paul Van Santvliet, juge d’instruction, et Liesbet Masschelein, magistrate fédérale. Cette séance de travail était consacrée au renforcement de la coopération judiciaire entre la République démocratique du Congo et la Belgique, notamment dans l’exécution des commissions rogatoires internationales.

Les échanges ont porté sur les mécanismes d’entraide judiciaire ainsi que sur la lutte contre la criminalité transnationale, la corruption et les flux financiers illicites. Le ministre a réaffirmé la disponibilité de la RDC à approfondir cette coopération, tout en insistant sur le respect de la souveraineté nationale, de la législation congolaise et du secret de l’instruction.

En l’absence d’un accord spécifique entre les deux pays sur certains mécanismes de coopération, le ministre de la Justice a indiqué que Kinshasa privilégie « la courtoisie et la réciprocité judiciaires ». Cette approche doit permettre de faciliter la collaboration entre les autorités judiciaires des deux États dans le traitement des dossiers nécessitant une entraide internationale.

Le ministre a également évoqué le projet de loi portant lutte contre la corruption, présenté lundi à l’Assemblée nationale et déclaré recevable. Il a, dans le même temps, souligné la nécessité de renforcer les capacités des acteurs judiciaires congolais afin d’améliorer l’efficacité et la modernisation du système judiciaire.

Kinshasa et Bruxelles entendent ainsi poursuivre leur collaboration dans le domaine judiciaire, avec un accent particulier sur l’entraide internationale et la lutte contre les infractions à dimension transnationale.

Don Benjamin Makolo



L’Association Congolaise des Femmes Journalistes de la Presse Écrite (ACOFEPE) a exprimé sa solidarité envers la journaliste Virginie Manganga, actuellement détenue à la prison centrale de Makala, à Kinshasa, dans le cadre de la procédure judiciaire qui l’oppose à l’artiste congolais Fally Ipupa pour diffamation.

Dans une déclaration rendue publique jeudi 1er octobre, l’ACOFEPE dit apporter à la journaliste un soutien moral et psychologique, tout en appelant au respect de sa dignité et de ses droits dans le cadre de la procédure en cours.

Au-delà de l’aspect judiciaire de l’affaire, l’association estime que la situation de Virginie Manganga rappelle la nécessité de préserver la dignité des femmes confrontées à des situations de vulnérabilité. Elle considère également que les souffrances auxquelles sont exposées les femmes et les enfants en République démocratique du Congo doivent constituer une préoccupation majeure pour les pouvoirs publics, la société civile et les organisations professionnelles.

L’ACOFEPE appelle ainsi la corporation journalistique, les organisations professionnelles des médias, les associations de défense des droits des femmes ainsi que toutes les personnes attachées à la justice et à l’humanisme à manifester leur solidarité envers Virginie Manganga, dans le respect de la loi et des droits de toutes les parties.

L’association sollicite également l’appui et l’accompagnement de l’Association des Femmes Avocates Congolaises, afin que celle-ci puisse, dans le cadre de ses missions, apporter son expertise et contribuer à la défense des droits de la journaliste.

Sur le plan judiciaire, l’ACOFEPE insiste sur le principe de la présomption d’innocence. Elle précise que sa démarche ne vise ni à se substituer à la justice ni à préjuger de l’issue de la procédure opposant Virginie Manganga à Fally Ipupa.

L’organisation affirme plutôt vouloir placer au centre de son intervention la dimension humaine de cette affaire, tout en réaffirmant son attachement à la liberté de la presse, à la protection des journalistes, à la dignité des femmes et au respect des droits fondamentaux.

Elle invite enfin les différentes parties concernées à privilégier, dans le respect de la loi, les voies permettant de préserver la dignité humaine et les droits de chacun.

L’ACOFEPE assure qu’elle restera attentive à l’évolution de cette affaire et souhaite que les droits de toutes les parties soient pleinement garantis et respectés dans le cadre de la procédure judiciaire.

Serge Mavungu

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