La participation des populations locales à la gestion du Couloir vert Kivu-Kinshasa constitue l’un des combats prioritaires de plusieurs organisations de la société civile œuvrant dans la protection de l’environnement et la défense des droits de l’homme. Cet immense espace, qui s’étend du Kivu à Kinshasa sur près de 544 270 kilomètres, a été intégré à l’agenda du gouvernement de la République démocratique du Congo depuis janvier 2025.
Au-delà d’offrir de nouvelles opportunités économiques à la RDC, ce couloir porte d’autres ambitions majeures, notamment la protection des écosystèmes et le soutien à une économie verte. Un paradigme vers lequel se sont rangées la plupart des nations du monde.
Quelle place pour les populations locales ?
La question de la place des populations dans la gestion du Couloir vert est centrale dans toutes les réflexions. Elle constitue la principale doléance de diverses organisations de la société civile qui, pour en assurer l’effectivité, viennent de signer un accord avec la Fondation Virunga, à laquelle la gestion du Couloir vert a été confiée par l’Institut congolais pour la conservation de la nature (ICCN).
Cet accord conclu entre ce consortium d’organisations de la société civile et la Fondation Virunga a abouti à la création du Comité indépendant de la société civile (CISV), dont le principal objectif sera de veiller à ce que « le Couloir vert devienne une aire protégée à vocation communautaire », conformément au décret n°25/01 portant création du Couloir vert et à sa charte.
En clair, le CISV veillera à ce que les communautés locales participent pleinement aux décisions qui les concernent dans le cadre de la gestion du Couloir vert, exercent leurs droits, donnent ou refusent leur consentement lorsque celui-ci est requis, accèdent à des mécanismes de recours et bénéficient directement des opportunités économiques.
Le CISV, pour quel statut ?
À en croire le communiqué de lancement, le Comité indépendant de la société civile pour la gouvernance participative du Couloir vert n’est ni un organe de gestion ni un organe de représentation. Il ne saurait non plus se substituer aux communautés locales.
Il s’agit, d’après son acte créateur, d’un espace autonome qui contribue à la gouvernance du Couloir vert, avec un accent particulier sur l’effectivité de la participation, des droits, du consentement, de la recevabilité et des bénéfices pour les communautés.
Cette initiative, qui bénéficie depuis 2024 de l’adhésion de plusieurs organisations, réunit à ce jour la Schmidt Family Foundation, Actions pour la promotion et protection des peuples et espèces menacés, Advocates for Community Alternatives, l’Alliance nationale d’appui et de promotion des aires et territoires du patrimoine autochtone et communautaire en République démocratique du Congo, la Coalition des organisations de la société civile pour le suivi des réformes et de l’action publique, Congo Green Solution, Rainforest Foundation UK et l’Université de Mons.
Gratis Makabi
Le Rassemblement des Journalistes pour l'Émergence du Congo (RAJEC) dénonce de graves atteintes à la liberté de la presse enregistrées ces dernières heures et exige des actions urgentes de la part des autorités politico-administratives et sécuritaires.
Dans un communiqué consulté par Opinion-Info.cd ce lundi 06 octobre 2026, le RAJEC alerte sur l'escalade de la répression visant notamment Virginie Manganga, Gauthier Sey et Danny Nguba.
« Notre consœur Virginie Manganga, placée en détention à la prison centrale de Makala après son enlèvement; notre confrère Gauthier Sey, admis en urgence à la Clinique Ngaliema à la suite d'un enlèvement qualifié de criminel; et notre confrère Danny Nguba, porté disparu », indique l'organisation.
Le RAJEC condamne avec la plus grande fermeté ces actes, qu'il considère comme une attaque frontale contre la liberté de la presse, la liberté d'expression et la démocratie, pourtant garanties par la Constitution.
« L'enlèvement d'une journaliste, l'hospitalisation en urgence d'un autre et la disparition d'un troisième en l'espace de quelques semaines ne sont plus de simples incidents isolés. Il s'agit d'une situation extrêmement préoccupante et du prix inacceptable payé par les professionnels des médias dans un pays qui se doit de garantir une presse libre et indépendante », ajoute le communiqué.
Face à cette situation, le RAJEC:
- exige la libération immédiate et sans condition de Virginie Manganga, victime d'une détention qu'il juge arbitraire;
- demande que toute la lumière soit faite sur l'enlèvement de Gauthier Sey, promoteur de Netic News, et que les auteurs répondent de leurs actes;
- exige des autorités compétentes qu'elles engagent sans délai les recherches nécessaires pour retrouver Danny Nguba et garantir son intégrité physique;
- appelle le Président de la République, garant du bon fonctionnement des institutions et défenseur engagé de la liberté de la presse, ainsi que le Ministre de la Justice, à s'impliquer personnellement pour mettre fin à cette dérive répressive.
Le RAJEC indique qu'il tient les autorités politico-administratives et sécuritaires pour responsables de la sécurité de ces trois journalistes.
Il appelle, en outre, l'ensemble de la profession, l'UNPC, les organisations de défense des droits de l'homme, la société civile ainsi que les partenaires internationaux à se mobiliser pour défendre la liberté de la presse, aujourd'hui gravement menacée.
Gratis Makabi
Le combat pour la protection du patrimoine des Anciens Combattants entend désormais s’appuyer davantage sur la justice. C’est dans ce cadre que le ministre délégué aux Anciens Combattants, Eliezer Ntambwe, a été reçu par le président du Conseil supérieur de la magistrature (CSM) et président de la Cour constitutionnelle, Dieudonné Kamuleta.
Au cours de cette rencontre, Eliezer Ntambwe a plaidé pour un accompagnement accru de la justice dans les dossiers liés notamment aux présumées spoliations.
Parmi les dossiers évoqués figure celui d’une parcelle située dans la commune de N’djili, à Kinshasa. Selon le ministre, ce bien des Anciens Combattants fait l’objet d’un différend impliquant une personne se présentant comme l’épouse d’un haut magistrat.
Plus grave, Eliezer Ntambwe a également affirmé que des personnes ayant exécuté les instructions de l’autorité dans ce dossier avaient été arrêtées. Une situation qui, selon lui, justifie davantage la nécessité d’une collaboration avec les instances judiciaires.
« C’est ainsi que nous sommes venus demander l’accompagnement du président de la Cour constitutionnelle, qui est également le président du Conseil supérieur de la magistrature », a-t-il expliqué.
Au terme de l’audience, le ministre s’est félicité de l’accueil réservé à sa démarche, affirmant que le président du CSM avait, sur-le-champ, fait avancer le dossier de N’djili à la suite d’un coup de fil.
« Nous avons trouvé un avis très favorable et, d’ailleurs, le dossier de N’djili, qui était bloqué, venait d’être débloqué à travers juste un coup de fil », a-t-il déclaré.
Cette audience s’inscrit dans le cadre de la mission confiée au ministère délégué aux Anciens Combattants par le Conseil des ministres, visant notamment à identifier, récupérer, sécuriser et valoriser les biens appartenant à cette catégorie de citoyens.
« Le Conseil des ministres, présidé par Son Excellence Monsieur le Président de la République, nous avait confié le mandat d’identifier, de récupérer, de sécuriser et de valoriser les biens des Anciens Combattants », a expliqué Eliezer Ntambwe au terme de son entretien avec le président du CSM.
Le ministre a souligné que la mise en œuvre de ce mandat expose son administration à des situations nécessitant l’intervention et l’accompagnement des institutions judiciaires, particulièrement dans les dossiers présumés de spoliation.
ODN
Alors que le procès opposant le ministère public à la chroniqueuse Virginie Manganga s’est ouvert devant les instances judiciaires, le collectif d’avocats de l’artiste musicien Fally Ipupa, composé de maîtres Dorothée Madiya Mwamba, Alfred Dibandi Nzondomyo et Paquis Nganini Atabakutuba, a échangé mercredi 30 septembre avec la presse à Kinshasa, afin de préciser sa démarche dans ce dossier impliquant également Colette Mutuza. Cette dernière était l’invitée d’un live sur la plateforme TikTok animé par Virginie Manganga au cours duquel elle a évoqué, selon ses propres déclarations, un supposé lien avec l’artiste Fally Ipupa. Elle a également réclamé d’importantes sommes d’argent, en menaçant de publier des images intimes de la star de la rumba congolaise.
Selon les éléments présentés par la défense, l’affaire est née de publications et d’interventions sur les réseaux sociaux concernant la vie privée de l’artiste. Les avocats affirment avoir engagé des démarches judiciaires en RDC, en France et en Australie. Maître Dorothée Madiya Mwamba a d’abord tenu à clarifier le rôle des avocats dans la procédure. Elle assure que le collectif ne prétend pas déterminer lui-même la culpabilité des personnes visées.
« Porter plainte ne signifie pas ordonner l’arrestation de quelqu’un. Les avocats peuvent saisir la justice et exposer les faits qu’ils estiment constitutifs d’infractions, mais c’est ensuite aux autorités judiciaires compétentes d’apprécier les faits, de mener les investigations et de prendre les mesures prévues par la loi. Notre rôle d’avocats n’est pas de condamner publiquement une personne. Il appartient à la justice de qualifier juridiquement les faits », a déclaré Maître Dorothée Madiya.
La défense de Fally Ipupa affirme qu’un live TikTok organisé le 24 août avait notamment donné la parole à Colette Mutuza, qui aurait formulé différentes allégations concernant l’artiste. Selon Dorothée Madiya, un élément sonore à caractère sexuel, présenté comme attribué à Fally Ipupa, aurait également été diffusé au cours de ce livestream et relayé sur les réseaux sociaux. La défense précise que la véracité, l’origine et la qualification juridique de ces éléments relèvent désormais de l’examen des autorités compétentes.
« Sans en vérifier l’authenticité, elle a également commenté et relayé certains de ces éléments sur son compte TikTok personnel, dans le but de jeter le discrédit sur la personne de mon client. Nous invitons aussi chacun à faire preuve de mesure dans la reproduction ou les commentaires d’éléments présentés comme concernant la vie privée de notre client. Lorsqu’un contenu circule sur les réseaux sociaux, sa seule diffusion ne permet pas nécessairement d’en établir l’origine, l’authenticité, le contexte ou les conditions dans lesquelles il a été obtenu. C’est pourquoi nous appelons chacun à privilégier les faits vérifiables, les informations judiciaires établies et les sources identifiables, plutôt que la reprise ou l’amplification de contenus dont la portée ou l’authenticité ne sont pas établies », a déclaré Dorothée Madiya.
Fally Ipupa a constitué un consortium d’avocats intervenant notamment à Kinshasa, Paris et Melbourne afin de traiter les différents volets du dossier. Maître Madiya affirme que des autorités australiennes ont été saisies concernant les faits impliquant Colette Mutuza. La défense affirme également que des procédures sont en cours en France, notamment à Nanterre.
« En ce qui concerne les poursuites contre Mme Colette Mutuza, nous avons obtenu, depuis le 24 septembre 2026, une ordonnance d’injonction du tribunal de première instance de Victoria, qui lui sera notifiée dans les jours à venir. Une plainte a notamment été déposée auprès de la police de Victoria aux fins de poursuites pénales. Une plainte a également été déposée auprès de la police de Nanterre. Le procureur de Nanterre a été saisi », a-t-elle indiqué dans son exposé.
Ces éléments sont présentés par les avocats de Fally Ipupa et demeurent soumis à l’examen des autorités judiciaires concernées. Au-delà des procédures, le collectif a placé la protection de la vie privée au cœur de son argumentaire. Maître Dorothée Madiya s’est notamment référée à l’article 31 de la Constitution congolaise, qui garantit le respect de la vie privée. Pour l’avocate, le statut de personnalité publique de Fally Ipupa ne signifie pas que son intimité peut être librement exposée.
« Tout le monde a droit à une vie privée. Cette protection n’est pas réservée aux personnes anonymes. Elle est un droit attaché à la personne humaine. La célébrité ne supprime pas les droits fondamentaux. Monsieur Fally Ipupa est une personnalité publique. Il assume cette dimension publique. Il exerce un métier qui l’expose naturellement au regard du public, mais la notoriété ne signifie pas que l’on renonce à son droit à la vie privée, à sa dignité ou à la protection que la loi accorde à tous », a soutenu Maître Dorothée Madiya.
Le collectif affirme ne pas vouloir remettre en cause la liberté de la presse. Il appelle toutefois les journalistes et créateurs de contenu à distinguer les faits établis des accusations ou informations non vérifiées. Maître Madiya résume ainsi le rôle qu’elle attend des médias :
« La liberté de la presse et la liberté d’expression sont des principes fondamentaux, mais elles ne constituent pas un droit à l’immunité permettant de diffuser n’importe quelle accusation ou de porter atteinte aux droits d’autrui. Informer, c’est vérifier. Informer, c’est contextualiser. Informer, c’est distinguer les faits établis des affirmations d’une partie », a-t-elle fait remarquer dans son intervention.
Elle insiste également sur la différence entre rendre compte d’une procédure judiciaire et reproduire des éléments relevant de la vie privée. La défense de Fally Ipupa appelle par ailleurs à la prudence dans la diffusion de contenus sur les plateformes numériques.
« Il existe donc une différence fondamentale entre rapporter qu’une procédure judiciaire existe et reproduire ou amplifier des éléments privés dont la publication n’est pas nécessaire à l’information du public. Les réseaux sociaux ne sont pas un tribunal », a indiqué Maître Dorothée Madiya.
Pour Maître Dorothée Madiya, la circulation massive d’un contenu sur les réseaux sociaux ne suffit pas à établir son authenticité ou sa légalité. Elle invoque également le code du numérique et les dispositions relatives à la protection des données personnelles, à la dignité humaine et à la vie privée.
« Le fait qu’une information circule déjà sur les réseaux sociaux ne signifie pas qu’elle devient automatiquement licite à reproduire. La viralité n’est pas une source de légalité. Le numérique ne crée pas une zone de non-droit. L’Internet n’efface pas le droit. Les réseaux sociaux ne suspendent pas la Constitution », a martelé Dorothée Madiya.
Face aux interrogations suscitées par cette affaire, le collectif assure ne pas chercher à faire disparaître le dossier de l’espace public. Les avocats disent accepter que les médias parlent des plaintes, des juridictions saisies et de l’évolution de la procédure, tout en demandant que les contenus privés dont l’origine ou l’authenticité ne sont pas établies ne soient pas amplifiés. Le collectif affirme enfin vouloir laisser les autorités judiciaires déterminer les faits et leurs éventuelles qualifications.
« Nous ne demandons pas aux journalistes de se taire. Nous ne demandons à personne de prendre parti pour notre client. Ce n’est pas notre démarche. Nous demandons simplement à toute personne, à tout professionnel des médias, d’être objectif et de faire son travail dans le respect des lois de la République. Nous ne demandons aucun privilège pour notre client, M. Fally Ipupa. Nous demandons l’application d’un droit qui appartient à chacun : le droit à la vie privée », a insisté Maître Dorothée Madiya.
La défense conclut en appelant à laisser les procédures engagées en RDC, en France et en Australie suivre leur cours.
« Notre client a choisi de ne pas alimenter publiquement cette affaire et de laisser désormais ses conseils et les autorités compétentes faire leur travail. Nous demandons l’application d’un droit qui appartient à chacun : le droit à la vie privée. Un droit qui appartient à l’artiste comme aux citoyens anonymes. Un droit qui ne disparaît pas même lorsque la personne est célèbre. Et un droit que les réseaux sociaux ne peuvent pas abolir. La justice est désormais saisie. Nous lui faisons confiance et nous invitons chacun à laisser le droit suivre son cours », a indiqué Dorothée Madiya
Bien avant la sortie de la défense de Fally Ipupa, le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) avait demandé la libération immédiate et sans condition de la journaliste congolaise Virginie Manganga, arrêtée après avoir interviewé une femme affirmant avoir eu une liaison avec le musicien Fally Ipupa. Le CPJ appelle également les autorités de la RDC à dépénaliser la diffamation. Selon sa directrice Afrique, Angela Quintal, l’arrestation de Virginie Manganga, survenue avec celle d’un autre journaliste en l’espace d’une semaine, témoigne d’une pression croissante exercée sur les médias en RDC
Clément MUAMBA
L’Association Congolaise des Femmes Journalistes de la Presse Écrite (ACOFEPE) a exprimé sa solidarité envers la journaliste Virginie Manganga, actuellement détenue à la prison centrale de Makala, à Kinshasa, dans le cadre de la procédure judiciaire qui l’oppose à l’artiste congolais Fally Ipupa pour diffamation.
Dans une déclaration rendue publique jeudi 1er octobre, l’ACOFEPE dit apporter à la journaliste un soutien moral et psychologique, tout en appelant au respect de sa dignité et de ses droits dans le cadre de la procédure en cours.
Au-delà de l’aspect judiciaire de l’affaire, l’association estime que la situation de Virginie Manganga rappelle la nécessité de préserver la dignité des femmes confrontées à des situations de vulnérabilité. Elle considère également que les souffrances auxquelles sont exposées les femmes et les enfants en République démocratique du Congo doivent constituer une préoccupation majeure pour les pouvoirs publics, la société civile et les organisations professionnelles.
L’ACOFEPE appelle ainsi la corporation journalistique, les organisations professionnelles des médias, les associations de défense des droits des femmes ainsi que toutes les personnes attachées à la justice et à l’humanisme à manifester leur solidarité envers Virginie Manganga, dans le respect de la loi et des droits de toutes les parties.
L’association sollicite également l’appui et l’accompagnement de l’Association des Femmes Avocates Congolaises, afin que celle-ci puisse, dans le cadre de ses missions, apporter son expertise et contribuer à la défense des droits de la journaliste.
Sur le plan judiciaire, l’ACOFEPE insiste sur le principe de la présomption d’innocence. Elle précise que sa démarche ne vise ni à se substituer à la justice ni à préjuger de l’issue de la procédure opposant Virginie Manganga à Fally Ipupa.
L’organisation affirme plutôt vouloir placer au centre de son intervention la dimension humaine de cette affaire, tout en réaffirmant son attachement à la liberté de la presse, à la protection des journalistes, à la dignité des femmes et au respect des droits fondamentaux.
Elle invite enfin les différentes parties concernées à privilégier, dans le respect de la loi, les voies permettant de préserver la dignité humaine et les droits de chacun.
L’ACOFEPE assure qu’elle restera attentive à l’évolution de cette affaire et souhaite que les droits de toutes les parties soient pleinement garantis et respectés dans le cadre de la procédure judiciaire.
Serge Mavungu
Lors d’un échange avec Migue Niema, Celeo Scram a été interrogé sur la fortune des artistes musiciens congolais, notamment autour de la question de savoir quel artiste de la RDC pourrait avoir plus d’argent que la star nigériane Davido.
Face à cette question, Celeo Scram a lui-même soulevé la comparaison en demandant : « Est-ce que Davido a plus d’argent que moi ? » Une réponse qui intervient alors que le chroniqueur cherchait à connaître, selon lui, l’artiste musicien congolais disposant de la plus grande fortune.
La déclaration de Celeo Scram a rapidement attiré l’attention, notamment en raison de la comparaison directe avec Davido, l’une des figures majeures de la musique africaine.
Un an après le lancement du Gouvernement Suminwa II, la ministre de la Culture, Arts et Patrimoine, Yolande Elebe Ma Ndembo, met en avant plusieurs chantiers destinés à mieux structurer le secteur culturel congolais et à renforcer sa présence sur la scène internationale.
De la politique culturelle nationale à la sauvegarde du patrimoine, en passant par les arts plastiques, le cinéma et la diplomatie culturelle, Yolande Elebe entend inscrire la culture dans une logique à la fois identitaire, économique et internationale.
L’une des principales avancées mises en avant par Yolande Elebe est l’adoption de la première Politique culturelle nationale de la RDC.
Ce document doit servir de cadre de référence pour l’organisation et le développement du secteur. Il ouvre notamment la voie à la mise en œuvre du Statut de l’artiste, présenté comme l’un des chantiers importants de cette réforme.
Parallèlement, le ministère poursuit l’identification des artistes à travers le pays. Cette opération doit permettre de mieux cerner le paysage culturel congolais et de disposer de données utiles à l’élaboration des politiques publiques.
Elle doit également accompagner la planification des infrastructures culturelles, notamment les Maisons de la culture envisagées dans les différentes provinces.
Kuba, cinéma et mémoire de la rumba
La protection du patrimoine constitue un autre volet du bilan présenté par Yolande Elebe.
Le ministère a notamment adopté un arrêté consacré à la protection du tissu Kuba, considéré comme l’un des éléments emblématiques du patrimoine culturel congolais.
Dans le domaine cinématographique, la création du Centre national du cinéma doit contribuer à structurer une industrie encore appelée à renforcer ses capacités de production et de diffusion.
Le ministère mise également sur les lieux de mémoire. L’ouverture du Musée de la Rumba congolaise, installé dans l’ancienne résidence de Papa Wemba, s’inscrit dans cette démarche.
Le site doit progressivement accueillir des objets, documents et archives confiés par des artistes. L’objectif est de préserver et de transmettre la mémoire d’un patrimoine musical dont la rumba congolaise fait partie, depuis son inscription, du patrimoine culturel immatériel de l’humanité.
La culture comme outil d’influence
Au-delà des frontières nationales, Yolande Elebe fait de la diplomatie culturelle un axe important de son action.
La RDC a notamment présenté sa nouvelle politique culturelle à l’occasion de Mondiacult Afrique. Le ministère poursuit également les démarches autour du Centre international des civilisations bantoues, le CICIBA.
La présence congolaise dans les grands rendez-vous artistiques internationaux constitue un autre volet de cette stratégie.
La RDC participe ainsi à la Biennale de Venise avec un pavillon consacré aux artistes plasticiens congolais. Le pays a également été choisi comme invité d’honneur de la Biennale de Dakar.
Pour Yolande Elebe, ces rendez-vous offrent aux artistes congolais des espaces supplémentaires de visibilité et contribuent à renforcer la présence de la création congolaise sur les scènes internationales.
Sport et culture, deux vitrines du pays
La stratégie de rayonnement défendue par Yolande Elebe s’appuie également sur une collaboration avec le ministère des Sports et Loisirs.
L’idée est de rapprocher les performances sportives et les expressions culturelles afin de mieux porter l’image de la RDC à l’extérieur.
Les distinctions honorifiques annoncées en faveur de plusieurs grandes figures de la musique, des arts et du sport participent de cette démarche. Ces personnalités sont appelées à jouer un rôle d’ambassadeurs du savoir-faire et du talent congolais.
Cette articulation entre sport et culture vise également à renforcer le sentiment d’appartenance nationale et à accroître l’attractivité de la RDC.
Transformer la création en activité économique
Pour Yolande Elebe, le développement culturel ne peut cependant pas se limiter à la visibilité des artistes.
Le département de la Culture veut également faire des industries culturelles et créatives un secteur capable de produire des emplois, d’attirer des investissements et de générer des revenus.
Cette orientation passe notamment par la professionnalisation des acteurs culturels, leur formalisation et un meilleur accès aux marchés.
Le ministère travaille par ailleurs sur une réforme de la législation relative aux droits d’auteur. L’objectif affiché est d’adapter le cadre juridique aux transformations liées au numérique et de le rapprocher des standards internationaux.
Une nouvelle place pour la culture congolaise
Après une première année de travail au sein du Gouvernement Suminwa II, Yolande Elebe présente ainsi une action articulée autour de plusieurs priorités : donner un cadre au secteur culturel, protéger le patrimoine, accompagner les artistes, développer les industries créatives et renforcer la présence de la RDC dans les grands rendez-vous internationaux.
À travers cette orientation, la ministre de la Culture, Arts et Patrimoine veut faire de la culture à la fois un marqueur de l’identité congolaise, un instrument de représentation du pays à l’étranger et un secteur susceptible de contribuer davantage à l’économie nationale.
Serge Mavungu
Au lendemain du crash d'un avion petit porteur à Kenge, les langues se délient. Pointée du doigt par l'opinion, la Régie des Voies Aériennes (RVA) se défend. Son Président du Conseil d'administration a confié à la rédaction d'Opinion-Info.cd les difficultés auxquelles fait face l'entreprise, confrontée à des puissances financières qui spolient les sites destinés à accueillir les aéroports et aérodromes de la République démocratique du Congo.
Selon lui, un arrêté du gouverneur de Kwango a entériné la désaffectation, voire la délocalisation, de l'aérodrome de Kenge, après que la RVA s'est heurtée à des complications pour récupérer son site.
« Il y a deux ans, j'ai signé un document pour que nos experts aillent inspecter le nouvel emplacement proposé par le gouverneur. Malheureusement, après des études minutieuses, il s'est avéré que ce terrain n'était pas convenable », a-t-il indiqué.
Pour le PCA de la RVA, l'existence d'une piste opérationnelle aurait pu éviter ce drame.
« Nous avons recueilli des témoignages selon lesquels l'appareil a effectué plusieurs tours dans le ciel de Kenge. On peut penser qu'il cherchait un lieu pour un atterrissage d'urgence, même si l'avion a pu aussi être endommagé », explique Tryphon Kin-Kiey Mulumba.
Évoquant la liste des aéroports spoliés, le PCA de la RVA cite notamment les aéroports et aérodromes de Kikwit, Bandundu-Ville, Bunia, Kolwezi, Lubumbashi, Ndolo, voire l'aéroport international de N'djili.
« À notre arrivée, plusieurs études ont été menées pour remettre de l'ordre. Malheureusement, ces puissants nous ont montré de quoi ils étaient capables. La RVA n'a pas de police pour aller arrêter tous ces spoliateurs des biens de l'État », a-t-il déploré.
Vendredi, aux alentours de 14h, un appareil petit porteur de la compagnie TRACEP/CONGO Aviation s'est écrasé à Kenge, causant la mort de plusieurs officiers de l'armée et de hauts responsables de la justice militaire, dont l'Auditeur général et le Premier président de la Haute cour militaire.
Edmond Izuba









